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Comment peut-on augmenter la productivité des PME au niveau de la destination et améliorer les salaires et les conditions de travail ?

François BIDAUT - Directeur des Ressources Humaines, Compagnie du Mont-Blanc, Chamonix Mont-Blanc, France

 

 

Mesdames, Messieurs, Bonjour

Pour répondre à cette question, je poserai en préambule :

une affirmation

  • Il n’y a pas de progrès social sans progrès économique

et une problématique

  • Recherchons-nous « Plus ou mieux de clients » et comment répondre à l’obligation de productivité des remontées mécaniques

1. Dans un premier scénario on pourrait imaginer que les remontées mécaniques ne sont que réceptives

La destination Chamonix est connue et reconnue. Le client est naturellement attiré par le lieu. C’est l’endroit où on skie, où on pratique l’escalade et la randonnée. C’est l’endroit où il faut aller pour coller au phénomène de mode.

Dans ce cas, la destination est plus achetée que vendue. Les TO référencent la destination parce qu’elle ne peut être absente de leurs brochures.

La destination organise sa promotion quand d’autres ne l’organisent pas pour elle (presse spécialisée – événements …).

Finalement le client organise lui-même sa transhumance ou fait appel à des agences spécialisées.

La remontée mécanique intervient peu en amont, accueille et reçoit le client sur ses installations. Les prestations sont basiques : vente d’un billet ou d’un forfait, organisation du déplacement sur le site.

2. Dans un deuxième scénario : Les remontées mécaniques sont prospectives

La destination est connue mais cela suffit de moins en moins. Le client est volatile, il zappe en permanence.

Il est exigent, attend des prestations packagées. Il demande qu’on lui simplifie la vie.

Les prestations doivent être de qualité : un excellent accueil – des informations en amont et pendant le séjour – un accompagnement – des transports adaptés – des stationnements au plus près des installations – la sécurisation des domaines…..D’autres prestations sont attendues : délivrance des billets sans délai – contrôles réduits ou en tout cas simplifiés – location de matériels …

Dans ce cas, il convient d’organiser la commercialisation et pour ce faire de connaître les marchés, de construire des produits parfaitement ciblés.

La remontée n’est plus seulement réceptive elle va chasser le client dans des cercles concentriques de plus en plus grands : bassin de proximité – région – pays – extrême orient … et organiser ses circuits de distribution.

3. Mais l’effort de prospection et de qualité a un coût

En effet, la recherche du client, l’adaptation des produits, les analyses marketing, les prestations d’accueil ont un coût qui doit trouver son financement.

Les remontées mécaniques seules ne peuvent guère s’offrir un service commercial et encore moins payer des frais de déplacement sur des salons étrangers.

Les mises en commun, la création d’organes de type Groupement d’Intérêt Economique et centrale de réservation et les rapprochements de toutes natures sont nécessaires.

L’effort est mutualisé voire organisé au sein d’une même structure.

4. Dès lors il est compréhensible que la productivité des remontées mécaniques est nécessaire

Dans toutes les entreprises le chiffre d’affaires moins les charges = le résultat.

Au-delà de cette équation classique un ratio est essentiel dans le domaine des remontées mécaniques : il s’agit de la capacité d’autofinancement.

Autrement dit les marges dégagées par l’exploitation doivent permettre de financer les investissements : investissements de développement et investissements de renouvellement.

Pour préserver les résultats trois scénarios sont possibles :

  • Une fréquentation de masse à faible marge
  • Une fréquentation réduite à forte valeur ajoutée
  • Une fréquentation « raisonnable » et des prestations élargies

Le premier scénario n’est pas sans danger sur le milieu et va à contre courant des préservations nécessaires de notre fragile environnement sans pour autant donner satisfaction à la clientèle.

Le second ne touche que quelques stations haut de gamme.

Le troisième scénario nous engage dans la voie de la qualité et de la productivité.

5. Pour parvenir à cette excellence, les remontées mécaniques ont besoin de développer des emplois qualifiés

Nous n’obtiendrons pas de productivité suffisante :

  • Sans le renforcement de certains postes pour leur donner plus de valeur ajoutée
  • Sans la suppression de postes qui n’ont plus de valeur ajoutée
  • Sans la création de postes tournés vers le client ou nécessaire pour développer les compétences de l’entreprise.
  • Sans la prise en compte des conditions d’hébergement du personnel saisonnier de la restauration notamment.

A titre d’exemple nous avons créé ou nous allons créer dans les mois à venir les postes suivants :

  • Responsable qualité : parce que nous sommes engagés dans une démarche qualité.
  • Responsable de formation : parce que le futur se prépare avec des collaborateurs formés
  • Responsable sécurité : parce que nul ne peut ignorer l’importance des risques de notre profession et les actions de formation, d’adaptation et de sensibilisation que nous devons entreprendre
  • Responsable PC logistique : parce que les circuits de diffusion de l’information depuis le sommet d’une piste jusqu’au client doivent être organisés
  • Responsable des enquêtes de satisfaction : parce que les clients constituent la première source d’information sur les conditions dans lesquelles ils ont vécu leur séjour sur nos installations

Je terminerai en disant que non seulement nous pouvons mais nous devons améliorer la productivité de nos entreprises et que pour atteindre ces objectifs économiques nous avons besoin de compétences fortes et durables.

Nous avons déjà entrepris cet effort.

Notre attention sur la sécurité est totale, la formation est stratégique pour notre entreprise, les 35 heures sont appliquées dans toutes nos remontées mécaniques et au-delà des rémunérations classiques, un intéressement aux gains de productivité réalisés collectivement vient d’être mis en place.

Oui, la productivité est possible.

Oui, les salaires et les conditions de travail peuvent être améliorées.

La fidélité de nos collaborateurs va avec la performance et la performance n’est pas obtenue sans fidélité.

 

Mesdames, Messieurs,

Je vous remercie

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