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Le tourisme en Afrique : quelles sont les réalités touristiques dans les pays en voie de développement ?

Franklin ADEJUWON - Président de la Commission Tourisme du Nigéria

 

 

PRÉAMBULE

L’optimisme est normalement une disposition qui nous laisse entrevoir la vision la plus encourageante, mais la réalité reflète véritablement l’état des choses telles qu’elles sont et la vérité à laquelle nous sommes confrontés. « Si vous plongez une grenouille dans de l’eau bouillante, elle bondit. Si vous la mettez dans de l’eau froide et la réchauffez, la grenouille meurt à petit feu ». Je ne suis pas sûr de la véracité de cette anecdote mais je souhaite illustrer que le monde est déjà en train de perdre sa liberté à petit feu tout simplement à cause de la bigoterie et du fanatisme. « Aujourd’hui, le monde bouge et nous ignorons quand il sera de nouveau normal », le Secrétaire du Commonwealth, le 28 septembre 2001.

Bien que les « Sommets du Tourisme » soient confrontés à la question de la dynamique du tourisme et des aspirations humaines, la réalité soulève la question suivante : dans quelle mesure le monde peut-il être optimiste malgré les tendances actuelles et l’atteinte à la liberté de mouvement ? En l’an 2000, selon les sources de l’Organisation Mondiale du Tourisme, près de 50 millions de voyages internationaux supplémentaires ont été effectués avec les États-Unis, lesquels ont reçu autant d’arrivées. Le nombre total des arrivées pour l’année 2000 a été estimé à 698 millions de visiteurs par l’Organisation Mondiale du Tourisme. Dans l’ensemble, le tourisme mondial s’est accru d’environ 7,4 %, ce qui représente une croissance sans précédent, en près d’une décennie et presque deux fois la croissance en 1999.

La paix et l’essor à l’échelle mondiale ont donné une impulsion au développement touristique international en même temps que l’espoir d’un tourisme florissant au cours du millénaire.

Au cours des deux derniers mois, le tourisme mondial a été vicieusement confronté au simple mot « terrorisme » et cela a non seulement handicapé le mouvement des personnes, mais a quasiment paralysé tous les secteurs des services touristiques tels que les compagnies aériennes, les hôtels, etc., aussi bien que l’emploi de main d’oeuvre.

Actuellement et conséquemment, le monde est non seulement confronté à la réalité d’aujourd’hui, mais à la paix et la sécurité des voyages dans le monde qui devrait, pendant un certain temps, raviver la confiance nécessaire dans le tourisme et le secteur hôtelier.

 

INTRODUCTION

Le concept général du tourisme réside dans le fait qu’il s’agit d’une industrie multidimensionnelle dont les atouts sont multiples. Ses avantages vont du soutien à la croissance physique, sociale et politique des nations jusqu’à la croissance économique, ce qui explique essentiellement pourquoi la plupart des pays dans le monde adoptent aujourd’hui une stratégie de développement touristique. Mis à part cela, il existe d’autres avantages qui sont plutôt subjectifs que complémentaires, comme la mise en valeur de l’entente entre les peuples, la promotion des relations internationales et enfin, un soutien motivé à la mondialisation du tourisme par le biais d’interactions et de connaissances touristiques.

Les principes du tourisme tels qu’ils sont énoncés ci-dessous et par l’Organisation Mondiale du Tourisme dans le code de l’éthique pour le tourisme soutiennent l’opinion précitée :

  • un acteur dans l’entente et le respect mutuel entre les peuples et les sociétés ;
  • un véhicule de la réalisation industrielle et collective ;
  • un facteur de développement physique et économique durable ;
  • une activité avantageuse pour les pays et les communautés d’accueil ;
  • le droit de la classe ouvrière et des entrepreneurs dans l’industrie de tourisme ;
  • un soutien à l’opinion ci-dessus.

Facteurs influençant le développement touristique dans les pays en voie de développement

Pour aborder le développement touristique dans les pays en voie de développement, nous devons prendre en compte quelques facteurs bien spécifiques, tels que :

  • la propension des pays en voie de développement en faveur du développement touristique ;
  • les tendances économiques et facteurs historiques ;
  • la proximité du marché et du couloir de captation du tourisme ;
  • la proximité des investissements internationaux.

Un pays en voie de développement est un pays qui n’aspire pas à niveau de puissance mondiale per se. C’est un pays dont l’économie se développe, mais dont le développement général n’est pas encore mature. Ce n’est ni un pays industrialisé potentiel ni un pays de fabrication classifié.

Bien que le mot ou la catégorie « sous-développé » ait été rejeté par les principes généraux des Nations Unies, il est évident que des pays tels que les pays africains avec des conditions relativement appauvries et un niveau de développement quasiment inexistant, se trouvent dans la même catégorie que les pays fortement développés d’Asie et d’Amérique du Sud.

La catégorisation des pays en voie de développement d’un point de vue croissance et développement touristique diffère aux niveaux respectifs de développement. Alors que certains pays classifiés par les Nations Unies comme pays en voie de développement font déjà des progrès divers dans des domaines comme les technologies de pointe, les infrastructures, les sources d’énergie nucléaire, et le tourisme (par exemple, l’Inde, le Brésil et plusieurs pays sud-américains), d’autres pays également identifiés comme pays en voie de développement (en particulier en Afrique) sortent tout juste la tête de l’eau pour découvrir une civilisation ou sont encore tapis dans l’obscurité. Cette inégalité apparente dans le monde contemporain prédétermine également le développement touristique dans les pays en voie de développement.

La propension en faveur du développement touristique d’un pays donné – en particulier d’un pays en voie de développement – est très significative et relative au développement touristique. Les pays bénéficiant d’avantages relatifs dans les produits touristiques tels que l’évolution historique et culturelle et l’impact géopolitique, sont susceptibles de connaître un développement touristique naturel. Par exemple, citons l’Égypte au passé historique très riche, le Brésil extrêmement populaire grâce à son événement culturel annuel, l’Arabie Saoudite mémorable pour son tourisme religieux, etc.

Indépendamment de la disponibilité des produits touristiques, le développement touristique dans la plupart des pays en voie de développement, est lié aux tendances économiques. Le tourisme absorbe du capital autant qu’il est un multiplicateur économique participant largement à la rentrée de devises étrangères et à la circulation de la monnaie locale. En majorité, les pays en voie de développement sont inondés de problèmes comme le manque d’infrastructure de base, d’éducation, d’établissement de santé, etc. De ce fait, ils doivent impérativement donner un ordre à leurs priorités. Si le tourisme n’apporte pas la fameuse réponse à une question nationale pressante, il ne sera probablement pas favorisé dans le programme de développement. A titre d’exemple, citons le Nigeria qui est bien doté d’une grande variété de produits touristiques mais dont le développement touristique n’a jusqu’ici pas pesé dans la balance, en raison de son classement par rapport à d’autres priorités de la nation. Il existe, cependant, quelques circonstances exceptionnelles pour lesquelles le secteur touristique de certains pays pauvres s’est accru malgré les priorités économiques.

Le développement de ces pays a été influencé par leurs colonisateurs qui ont découvert et développé leurs potentiels touristiques afin d’assouvir leurs intérêts dans les loisirs plutôt que pour des raisons économiques. De tels développements ont été hérités dès l’indépendance de ces pays. Dans cette catégorie, l’on trouve la plupart des pays d’Afrique de l’Est qui sont aujourd’hui non seulement confrontés aux problèmes de gestion mais à celui du maintien de la discipline et de la subsistance de l’image laissée par leurs colonisateurs.

L’avantage relatif nous amène également à souligner que certains pays en voie de développement sont tellement favorablement placés sur le marché de captation touristique et dans le couloir du tourisme que leur développement touristique a été influencé davantage par leur positionnement stratégique que par leur propension à développer le tourisme.

Citons par exemple les pays méditerranéens comme Malte et les Caraïbes. Sans compter qu’en se trouvant dans le couloir du tourisme, certains de ces pays sont très proches des « moneybags » qui représentent la majeure partie de leurs infrastructures de base et de leur développement touristique, comme dans les Îles Vierges Britanniques, les Maldives, Malte.

De ce qui précède, on peut admettre que les réalités du tourisme dans les pays en développement sont complexes et bien que certains pays tirent parti de leur proximité par rapport à la civilisation et à l’influence européenne et américaine, les pays africains sont virtuellement à la traîne dans le développement touristique en raison de leur éloignement par rapport aux opportunités précitées.

L’Organisation Mondiale du Tourisme favorise cependant une tendance à la hausse du tourisme dans les pays en voie de développement au cours du millénium, notamment en Afrique, « grâce en particulier au progrès économique notable » aussi bien qu’aux évolutions politiques dans certains pays africains qui adoptent paix et stabilité (Tableau 3).

Croissance du Produit Intérieur Brut (pourcentage de variation annuelle)

Pays développés

Groupes Régionaux
1998
1999
2000

Afrique

3.4
3.1
5

Asie

3.7
5.3
5

Moyen Orient et Europe

3.2
1.8
3

Hémisphère Ouest (Amérique)

2.2
0.1
3
Source : Fond Monétaire International, World Economic Outlook 82

Réalités du tourisme dans les pays en développement sur le continent africain

La situation africaine

Par le passé, l’Afrique a été décrite comme un continent obscur, peut-être en raison de son emplacement géographique qui l’a rendue pendant longtemps inaccessible au reste du monde. George H.T. Kimble a déclaré que « la chose la plus obscure à propos de l’Afrique a toujours été notre ignorance à son égard ».

L’Afrique a aussi été décrite comme le « cimetière de l’homme blanc » en raison de la maladie à laquelle elle l’expose : la malaria. Mais l’Afrique n’était pas aussi éloignée de l’Europe et de l’Amérique que de l’Australie et de la Nouvelle Zélande et la malaria n’était pas présente uniquement sur le continent. À vrai dire, le positionnement géographique naturel du continent et la différence des peuples a créé l’ambivalence d’un continent que Hugh Finley and Co caractérisent de « beauté désolée de la terre » dans leur publication « Discover the rhythms of Africa ».

Cependant, l’inconnu et l’ignorance à l’égard de l’Afrique ont motivé de nombreuses aventures aboutissant à plusieurs explorations menées par Magellan, les frères Lander, Mungo Park et bien d’autres. Ces explorations peuvent être considérées comme les premières incursions touristiques en Afrique. Plus tard, les découvertes historiques et archéologiques ont ouvert l’Afrique tout d’abord comme terre de soleil et ensuite comme source de nos origines humaines tel que l’indiquent les découvertes archéologiques.

L’Afrique est également connue comme étant le berceau de la civilisation tel que le suggère l’histoire des Égyptiens.

Un continent dont les caractéristiques géographiques et géomorphologiques sont vastes et uniques, s’étendant de plusieurs ceintures végétales comme la plus vaste zone aride du Sahara au monde en passant par l’épaisse forêt tropicale, le palétuvier, la végétation des montagnes jusqu’aux splendides formations géomorphologiques qui ont fait de l’Afrique un conglomérat des caractéristiques géographiques naturelles mondiales. L’unique flore, caractérisée par le « Baobab », l’acajou et l’Iroko ; le désert du Kalahari dans le sud, le Transvaal dans le sud, les Monts du Kenya (5199 m) et le Kilimandjaro (5895 m), le lac Victoria et les chutes de Victoria, la faune, etc, témoignent tous de la conviction que l’Afrique est un musée géographique dont la faune et la flore n’ont d’égal dans d’autres continents.

L’Afrique est connue comme ayant la faune la plus diversifiée au monde, d’où la popularité des safaris qui représentent aujourd’hui l’un des segments les plus appréciés du tourisme. A noter que le tourisme de safari est né en Afrique c'est-à-dire au Kenya. C’est un mot Swahili inventé par des touristes qui exploraient la faune en Afrique de l’Est, et qui est devenu aujourd’hui un mot reconnu dans différents dictionnaires du monde.

Politiquement, l’Afrique ne peut prétendre à une reconnaissance quelconque sur la scène politique internationale car elle ne possède pas d’énergie nucléaire pour constituer une menace à la paix mondiale et n’est pas suffisamment industrialisée pour avoir un impact de taille sur l’économie mondiale. Bien que certains pays africains comme le Nigeria et le Gabon fassent partie des pays producteurs de pétrole, la subsistance de ces pays dépend encore de l’économie et de la volonté politique des pays avancés qui achètent le pétrole brut auprès d’eux.

Croissance touristique en Afrique

La croissance touristique en Afrique a été globalement lente. Alors que dans certaines circonstances, son développement a été constaté dans certaines régions grâce à une influence et à un investissement européens (par exemple en Afrique du Nord, certaines régions d’Afrique de l’Est et d’Afrique du Sud), certains autres pays ont été négligés ou ont participé à des activités touristiques très fragiles. Indépendamment de leur positionnement géographique, les pays dont le secteur touristique est fortement développé font partie des destinations touristiques traditionnelles et bénéficient de circonstances historiques.

Tableau 4 : Destinations sélectionnées en Afrique

Destination du Touriste
Motivation du Touriste
Produits Potentiels

Egypte

Histoire
Religions

Lieu de naissance de la plus grande civilisation du monde
Exploration des pyramides
Musées égyptiens et trésors des pharaons
Temples de Luxor et Karnals
Vie marine de la Mer Rouge
Le Mont sinaï où Moïse reçut les 10 Commandements

Maroc

Géographie
Proximité de l' Europe
Tradition historique

Diversité géographique avec 4 chaînes de montagne : le Rif, le Moyen Atlas, le Haut Atlas et l'Anti Atlas
Centa and Meliua, enclaves espagnoles
La Méditerranée

Tunisie

Histoire
Exploration
Méditerranée

Carthage, Dougs et Bulla Regia
El-Hadef
Ksour
Trekkings à dos de chameaux dans le désert près de Douz
Départ des expéditions trans-sahariennes en automobile

Ghana

Histoire - Esclavage
Faune et flore

Découverte de la route des esclaves
Observation des animaux
Eco-tourism

Nigeria

Histoire
Culture
Géographie
Politique
Economie

Route des esclaves de Badagry
Tombe de Usmanda-Fodio
Chutes de Bussa
Parc de Mungo
Les plus grandes concentrations de la race noire
La vie sauvage dans les forêts des parcs nationaux
Ecologie
Polerisation de culture
Affaires

Kenya

Géographie
Ecologie - Faune et flore
Plages

Mont Kenya
Berceau du safari, tourisme et vie sauvage
Mombassa
Réserves des parcs nationaux

Tanzanie

Géographie
Ecologie

Kilimanjaro, plus haute montagne d'Afrique
Parcs Nationaux
Cratère du Ngorongo
Mt Mem

Afrique du Sud

Histoire
Vie sauvage
Géographie – climat
Economie

Ville historique de Cape Town
Vignobles
Montagne du Drakensberg
Zoulous
Parcs Nationaux

Problèmes fondamentaux inhibant le développement touristique en Afrique

  • manque d’infrastructures de base ;
  • insécurité de la vie et de la propriété ;.5
  • positionnement géographique ;
  • problèmes économiques ;
  • concurrence sur le marché ;
  • image.

Le tourisme est un secteur sensible qui peut prospérer et s’épanouir uniquement dans des régions dont l’atmosphère est acceptable et facilitante, et où les infrastructures de base sont en place et fonctionnent. Le manque d’infrastructures de base telles que des routes praticables, l’électricité, l’approvisionnement en eau et l’hébergement confortable des touristes, est toujours très prédominant dans de nombreux pays africains. Bien que quelques-unes de ces infrastructures soient disponibles, elles sont mal gérées.

L’insécurité de la vie et de la propriété émanant de la pauvreté et entraînant le vol armé et la vague d’hooliganisme et de menaces destinées non seulement aux visiteurs, mais aux investisseurs étrangers qui auraient souhaité investir dans le tourisme, dans certaines régions africaines. Il en est de même de l’instabilité politique qui provoque souvent des changements dans les politiques gouvernementales. A titre d’exemple, citons le Zimbabwe où les récents changements dans les politiques du gouvernement handicapent d’ores et déjà l’économie entière, y compris le tourisme du pays.

Le positionnement géographique de l’Afrique, notamment le sud du Sahara, ne peut être considéré comme élément des causes expliquant le faible développement du tourisme international sur le continent. Bien que le monde entier rétrécisse de plus en plus pour ne devenir qu’un village mondial, il est en effet difficile de placer l’Afrique dans ce contexte en raison de son incompatibilité avec d’autres continents. La politique est devenue la maladie endémique du malentendu à l’intérieur du continent, et jusqu’à récemment – dès lors que le continent a commencé à céder à la direction démocratique dans plusieurs pays–, l’Afrique était quasiment une chaise musicale politique pour plusieurs régimes militaires violents et non progressifs.

Jusqu’ici, la concurrence sur le marché entre les pays accueillant des touristes, notamment l’Europe et l’Amérique, était un obstacle pour l’Afrique qui a très peu à offrir, comparé aux luxes développés de l’Europe. La situation est devenue d’autant plus critique, ces dernières années, dans la mesure où les déformations de l’image des destinations touristiques africaines comme le Kenya et l’Afrique du Sud compliquent la tâche des tour operators à vendre l’Afrique. L’Afrique est également confrontée au fléau du V.I.H. qui effraie suffisamment les touristes internationaux.

L’accessibilité au transport des pays générateurs de tourisme vers l’Afrique pose toujours un grand problème à la croissance du tourisme international. L’Afrique n’est ni accessible par route, ni par voie ferrée, et le seul moyen de transport est le transport aérien. Cependant, ce tourisme aérien ne peut faire concurrence à d’autres régions qui proposent des conditions et des forfaits plus avantageux aux touristes. Par exemple, un billet d’avion Londres-New York est bien moins cher qu’un Lagos-Londres, deux destinations à distances égales. Lorsque les prix, le confort, la sécurité et les forfaits sont impliqués, les touristes opteront toujours pour des destinations présentant des avantages optimums, sauf dans des cas spéciaux.

Tableau - Les tarifs les plus avantageux (Excursion)

Lagos – Londres

$1157

=N=131.898

Londres – New-York

$525

=N=59.850

Malgré les problèmes précités, l’analyse de l’Organisation Mondiale du Tourisme montre une tendance à la hausse dans les arrivées de touristes internationaux depuis 1970, « l’Afrique faisant mieux que le monde en tant que continent. »

Tableau 5 : Arrivées de touristes internationaux, 1980-1998 : l’Afrique et le monde.

-
Afrique
Afrique
le monde
Part de l'Afrique
Part de l'Afrique
Année
Arrivées (million)
Moyenne annuelle
Taux de croissance (%)
Arrivées (million)
Moyenne annuelle
Taux de croissance (%)
(% du monde) Arrivées
1980
7,3
11,8 (1970-1980)
285,9
5,6 (1970-1980)
2,6
1990
15,0
7,4 (1980-1990)
457,2
4,8 (1980-1990)
3,3
1995
20,2
6,1 (1990-1995)
565,4
4,3 (1990-1995)
3,6
1998
24,9
7,4 (1995-1998)
636,6
4,0 (1995-1998)
3,9
Source : Organisation Mondiale du Tourisme (OMT) (Données telles que présentes dans la base de données de l’OMT, juillet 2000)

Cette croissance ne peut pas être attribuée à la totalité du continent africain, mais à des destinations touristiques spécifiques telles que l’Afrique du Sud qui est influencée par le démantèlement de l’apartheid en 1998 et les efforts de Nelson Mandela visant à relancer l’Afrique du Sud dans la famille des nations. Cette croissance africaine a été également stimulée par la nouvelle politique et la relance du tourisme au Ghana sous Jerry Rawlings ; le développement de nouvelles stratégies promotionnelles sur la côte méditerranéenne de l’Afrique du Nord notamment au Maroc ; l’image renforcée de l’Afrique de l’Est en particulier en Ouganda et au Kenya, et la mise en place d’une direction démocratique au Nigeria. Tout cela explique la tendance à la hausse dans des arrivées de touristes en Afrique.

D’une façon générale, les performances dans cinq sous-régions c'est-à-dire Afrique du Nord, Afrique Centrale, Afrique Occidentale, Afrique de l’Est, Afrique du Sud, ont jusqu’ici été motivées davantage par des raisons politiques plutôt qu’économiques, et cela est illustré par le tableau 6 :

Tableau 6 : Tableau des Prévisions de l'OMT

Arrivées (000) Taux de croissance(%) p.a

-

Année de référence

1995

Prévisions

2000 2010 2020

Général

1995-2020

2000-2010 2010-2020

Total
Afrique
du Nord
de l’Ouest
Centrale
de l’Est
Pays méditerranéens
Autre Afrique

Amériques
du Nord
Caraïbes
Centrale
du Sud
Autre Amériques

Asie de l’Est/Pacifique
du Nord-Est
du Sud-Est
Australasie
Autre Est - Asie/Pacifique

Europe
du Nord
de l’Ouest
Centrale/ de l’Est
Pays méditerranéens
Méditerranéens de l’Est
Autre Europe

Moyen Orient

Asie du Sud

Non spécifié

20 155
8 551
1 132
819
151
2 552
3 318
579

649
532
4
0
45
68

472
185
55
92
140

6 644
1 304
3 992
172
899
37
240

796

63

2 980

27'381--46'996--77,316
13'211--24'294--41'258
1'397---2'051---3'014
958--1'283--1'717
178----226----287
3'931--7'375--12'638
6'050--12'183--21'776
697--1'176--1'826

794--1 416--2 284
640--1'129--1'767
5-----8-----12
0-----0-----0
63---126---242
87---153---262

519--1'254--2'481
209---502---990
55---176---379
127---304---632
127---271---480

7'982--12'694--19'621
1'611--2'750--4'357
4'717--7'157--10'457
254---700---1'731
1'045--1'479--2'078
51----98----178
303---1'510---820

1'002--1'646--2'699

89---190---351

3'782--5'503--8'621

5,5
6,5
4,0
3,0
2,6
6,6
7,8
4,7

5,2
4,9
5,1
5,1
7,0
5,5

6,9
6,9
8,0
8,0
5,1

4,4
4,9
3,9
9,7
3,4
6,5
5,0

5,0

7,9

4,3

5,1------------
5,4------------
3,9------- 3,9
3,0 --------3,0
2,4------- 2,4
6,5------- 5,5
6,0-----------
5,4 -------4,5

4,9-----------
5,8------- 4,6
5,0-----------
5,0 -------5,0
7,2------- 6,8
5,8-------5,5

7,1-----------
7,0----------
8,0----------
7,6----------
5,9---------

4,5---------
5,5------4,7
3,9---------
10,7-------9,5
3,5-----3,5
6,2---------
4,9----- -----

5,1----- -5,1

6,3----- ----

3,8----- 4,6


Intrarégional
Long parcours


11'531

8'624


16'994--29'797--49'879

10'387---17'199---27'436


6,0

4,7


5,8------5,3

5,2------4,8

Source : Organisation Mondiale du Tourisme (OMT)

Concept du tourisme en Afrique

Si nous considérons le flux de touristes internationaux vers l’Afrique, il est indispensable d’examiner le développement touristique au sein de la région. Cela évoque le problème du Tourisme intrarégional.

Contrairement à l’Europe où le flux touristique entre les Européens est particulièrement intensif, le mouvement touristique en masse entre les Africains à l’intérieur des Etats africains est totalement non existant et ce phénomène s’explique de plusieurs façons :

  • Compréhension insuffisante du tourisme
  • Délinquance financière des Africains
  • Frontière et barrières linguistiques
  • Politique de tourisme intrarégional menée par l’Organisation de l’Unité africaine insuffisante
  • Problèmes de transport

L’Africain moyen n’est pas naturellement intéressé par le tourisme. A ses yeux, le tourisme est un étranger. Cela explique l’insuffisance du développement touristique national constatée dans la région. L’Africain moyen considère son temps libre comme un moment où il faut rattraper le temps perdu ou remplir un devoir familial, par exemple, travailler à la ferme, faire avancer le développement de sa construction ou s’engager dans d’autres activités économiquement profitables et susceptibles d’améliorer le bien-être de sa famille à long terme. Lorsque les Africains voyagent, leurs séjours sont rarement motivés par le tourisme sauf pour certains événements comme le pèlerinage à Jérusalem ou à la Mecque. Dans ce cas, pour un Africain, il s’agit d’un voyage pieux et non de tourisme religieux.

Par ailleurs, les Africains voyagent soit pour rendre visite à leurs proches ou à leurs amis, soit pour des raisons professionnelles. Toutefois, les loisirs – surtout en période de fêtes – et le tourisme de week-end sont en train de gagner du terrain dans certaines régions d’Afrique où les jeunes, en particulier, participent à des activités de loisirs comme le théâtre, la plage, les parcs à thème, les concerts, etc.

Au total, le frein de la participation individuelle au tourisme en Afrique reste très important en raison de la délinquance financière générale et des ressources financières des individus. Le revenu moyen par habitant dans de nombreux pays africains avoisine 80 € et cela ne suffit pas pour faire face aux lourds problèmes auxquels la famille africaine est confrontée.

Le strict nécessaire doit d’abord être approvisionné avant tout. Si nous la comparons à d’autres pays développés et en développement, l’économie africaine, d’un point de vue valeur des monnaies respectives par rapport au dollar américain, est faible et cela a également une incidence sur le pouvoir d’achat. Tous ces facteurs regroupés créent un frein supplémentaire au développement du tourisme intrarégional.

Tableau 7 : Prévisions économiques mondiales monnaie nationale unités par habitant brut

Prévisions économiques mondiales, Monnaie nationale, Unités, W136NGDPRPC, ITALIE, Par habitant Brut
Prévisions économiques mondiales, Monnaie nationale, Unités, W343NGDPRPC, Jamaïque, Par habitant Brut
Prévisions économiques mondiales, Monnaie nationale, Unités, W664NGDPRPC, Kenya, Par habitant Brut
Prévisions économiques mondiales, Monnaie nationale, Unités, W676NGDPRPC, Malawi, Par habitant Brut
Prévisions économiques mondiales, Monnaie nationale, Unités, W181NGDPRPC, Malte, Par habitant Brut
Prévisions économiques mondiales, Monnaie nationale, Unités, W273NGDPRPC, Mexique, Par habitant Brut
Prévisions économiques mondiales, Monnaie nationale, Unités, W686NGDPRPC, Maroc, Par habitant Brut
Prévisions économiques mondiales, Monnaie nationale, Unités, W692NGDPRPC, Niger, Par habitant Brut
Prévisions économiques mondiales, Monnaie nationale, Unités, W694NGDPRPC, Nigeria, Par habitant Brut
Prévisions économiques mondiales, Monnaie nationale, Unités, W199NGDPRPC, Afrique du S., Par habitant Brut
Prévisions économiques mondiales, Monnaie nationale, Unités, W184NGDPRPC, Espagne, Par habitant Brut
Prévisions économiques mondiales, Monnaie nationale, Unités, W2732NGDPRPC, Soudan, Par habitant Brut
Prévisions économiques mondiales, Monnaie nationale, Unités, W144NGDPRPC, Suède, Par habitant Brut
Prévisions économiques mondiales, Monnaie nationale, Unités, W744NGDPRPC, Tunisie, Par habitant Brut
Prévisions économiques mondiales, Monnaie nationale, Unités, W746NGDPRPC, Ouganda, Par habitant Brut
Prévisions économiques mondiales, Monnaie nationale, Unités, W112NGDPRPC, RU, Par habitant Brut
Prévisions économiques mondiales, Monnaie nationale, Unités, W754NGDPRPC, Zambie, Par habitant Brut
Prévisions économiques mondiales, Monnaie nationale, Unités, W698NGDPRPC, Zimbabwe, Par habitant Brut
Prévisions économiques mondiales, Monnaie nationale, Unités, W612NGDPRPC, Algérie, Par habitant Brut
Prévisions économiques mondiales, Monnaie nationale, Unités, W638NGDPRPC, Bénin, Par habitant Brut
Prévisions économiques mondiales, Monnaie nationale, Unités, W522NGDPRPC, Cambodge, Par habitant Brut
Prévisions économiques mondiales, Monnaie nationale, Unités, W622NGDPRPC, Cameroun, Par habitant Brut
Prévisions économiques mondiales, Monnaie nationale, Unités, W636NGDPRPC, Rép. Dém. du Congo Par habitant Brut
Prévisions économiques mondiales, Monnaie nationale, Unités, W686NGDPRPC, Guinée équat., Par habitant Brut
Prévisions économiques mondiales, Monnaie nationale, Unités, W643NGDPRPC, Erythrée, Par habitant Brut
Prévisions économiques mondiales, Monnaie nationale, Unités, W652NGDPRPC, Ghana, Par habitant Brut

Source :- F.M.I.

Les barrières frontalières et linguistiques n’ont en outre pas favorisé le développement des déplacements touristiques à l’intérieur de l’Afrique. L’Afrique a été colonisée par différents « maîtres » que ce soit anglais, italiens, français ou portugais. Chacun d’eux possédait ses traditions, sa culture et ses lois coloniales. Chaque colonisateur gardait son territoire et ses frontières très jalousement et les stigmates de ces barrières linguistiques, juridiques et traditionnelles ont été laissés, hérités et transférés dès l’indépendance de la plupart des pays africains. Jusqu’il y a une vingtaine d’années, lorsque les Africains ont commencé à se rassembler sous l’égide de l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA) et de formations sous-régionales comme la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) qui aujourd’hui commencent à alléger les barrières frontalières, monétaires et commerciales, chaque pays africain vivait et survivait indépendamment de chacun.

Le tourisme est la manifestation du mouvement d’un endroit à un autre. Le transport offre la possibilité d’effectuer la plupart de ces déplacements. En d’autres termes, le transport fait partie intégrante du tourisme et représente un convoyeur touristique vers des destinations touristiques différentes. Logiquement, plus une destination est accessible, plus elle est susceptible d’attirer des touristes. Ce n’est pas seulement la distance qui est importante dans le tourisme, mais aussi le confort et les dépenses encourues par le voyage vers les destinations. Le transport est un frein majeur au développement intrarégional en Afrique. L’Afrique est totalement démunie en matière de réseau entre les pays que ce soit routier, ferroviaire ou aérien. Très peu de pays, uniquement au niveau sous-régional, sont reliés entre eux par des routes, qui ne peuvent être comparées aux autoroutes ou nationales européennes. Sauf pour les quelques touristes qui sont intéressés par les expéditions ou aventures.

Actuellement, il n’existe aucun réseau ferroviaire interrégional en Afrique et en fait, les voies ferrées héritées de la colonisation dans certains pays servaient tout juste de « roues de secours » rendues nécessaires pour l’évacuation des marchandises de points centraux vers le littoral, pour les expéditions à l’étranger. Dans la mesure où les voies ferrées n’étaient pas créées pour le déplacement des personnes, leur développement et les technologies associées étaient soumis à des restrictions. Par exemple, jusqu’à ce jour, le Nigeria exploite encore une jauge ferroviaire de 2,6 pieds qui est incompatible au réseau ferroviaire moderne.

Le réseau ferroviaire pour les voyages internationaux et transnationaux est un élément de base dans la promotion du tourisme, il sert d’alternative pour la classe de touristes qui ne peut pas se permettre de voyager par avion. Bien qu’il puisse s’agir d’une forme plus rudimentaire de transport, le train est plus abordable et rend les destinations touristiques reculées plus accessibles que le transport aérien.

Transport aérien

Sauf dans la sous-région d’Afrique de l’Ouest, il s’agit en fait d’un moyen de locomotion plus facile et moins cher entre certaines régions africaines et l’Europe que le tourisme à l’intérieur de l’Afrique. L’Afrique dispose du réseau aérien le moins développé du monde entier, ce qui rend impossible les voyages intrarégionaux organisés. Par exemple, un voyage par avion de Lagos au Nigeria vers Rabat au Maroc doit transiter par l’Europe, car il n’existe aucune ligne aérienne directe. En outre, les compagnies aériennes n’ont pas su développer un hub aérien hors d’Afrique qui puisse stimuler un réseau aérien et ainsi une ligne directe avec l’Europe. En attendant, chaque compagnie aérienne assure un transport d’un point A en Europe vers un point B en Afrique.

En ce qui concerne les tarifs, les billets d’avion Nord-Sud et vice-versa en Afrique sont inabordables et ne peuvent être comparés aux tarifs pratiqués dans d’autres régions du monde. Il est pratiquement deux fois plus cher de voyager par avion à l’intérieur de l’Afrique qu’entre l’Afrique et l’Europe.

Tableau 8 : Tarif billet d’avion IATA

Lagos – Rabat

$3189

=N=363,546

BA.

Lagos – Londres

$1157

=N=131,898

BA.

Lagos – Johannesburg

$3260

=N=371,640

BA.

$628 (S.Africa. Airways)

Lagos – Le Caire

$2680

=N=305,520

BA.

$710 (Egypt Air)

Lagos – Nairobi

$2957

=N=337,098

BA.

$721(Kenya Airways)

Pour faciliter le tourisme interrégional et intrarégional en Afrique, le transport aérien doit complémenter les stratégies et promotions touristiques du continent. A cette fin, il est indispensable de :

  • promouvoir la coopération par les compagnies aériennes africaines d’abord entre elles puis avec les gouvernements, et ce afin de renforcer les interventions continentales et intercontinentales ;
  • reconnaître l’importance de la réduction des tarifs intercontinentaux vers l’Afrique pour promouvoir le tourisme depuis les destinations étrangères ;
  • renforcer les lignes horizontales entre l’Afrique en ouvrant de nouveaux itinéraires aériens et en augmentant les fréquences actuelles pour faciliter la commercialisation des produits touristiques africains sur les réseaux aériens à l’intérieur du continent ;
  • améliorer les installations et les locaux aéroportuaires pour répondre aux exigences techniques de tous les avions, et aux normes de sécurité pour l’atterrissage et le décollage.

Le développement de tourisme intra-régional repose largement non pas sur les Pays individuels, mais sur la coopération et la collaboration entre ces derniers sous l’égide de l’Organisation de l’Unité Africaine qui a, jusqu’à présent, échoué dans sa mission de fournir les moyens de mise en oeuvre d’une coopération dans le tourisme. Nombreux sont les problèmes précités qui peuvent être résolus au niveau de l’OUA. Ces problèmes sont les suivants :

  • Echanger des informations sur la disponibilité des locaux touristiques entre les pays et encourager les programmes d’échanges à tous les niveaux.
  • Eviter une hostilité frontalière entre les pays et des procédures d’immigration strictes.
  • Adopter la philosophie d’une famille et l’exprimer par des engagements constants entre les pays, par exemple, des foires, des événements sportifs et des conférences.
  • Promouvoir la coopération interrégionale entre les agences de sécurité.
  • Lancer des tarifs de transport aérien promotionnels et établir des forfaits d’excursion entre les destinations régionales.
  • L’Organisation de l’Unité Africaine et les organisations sous-régionales doivent lancer une politique de développement du tourisme intra-régional ciblant particulièrement les jeunes et le secteur dynamique de l’économie.
  • Développer et favoriser la coopération entre les pays africains par la formulation de campagnes promotionnelles communes, en particulier pour les pays dont les ressources touristiques sont plus limitées ou qui sont reculés, des pays à forte génération touristique.
  • Motiver les réunions entre professionnels du tourisme des pays voisins pour examiner les possibilités d’action commune et la suppression des contraintes comme véhicule de promotion de l’intégration du tourisme au niveau sous-régional.
  • Encourager et mettre sur pied des programmes destinés à familiariser les nationaux de chaque pays avec le patrimoine culturel et historique qu’ils partagent avec les pays voisins.

 

PROGRESSIONS A VENIR :

Selon la recherche menée par l’Organisation Mondiale du Tourisme dans le cadre de son programme « Africa-Tourism 2001 Vision », l’Afrique a réalisé des progrès, certes graduels mais constants, dans le tourisme international et intrarégional ces dernières années. Les raisons suivantes expliquent les changements positifs :

  • Changements dans les politiques gouvernementales qui aujourd’hui prennent en considération le tourisme dans les programmes de développement de chaque pays.
  • Diversification des produits touristiques du tourisme côtier et de safari au tourisme spécialisé comme la Culture, les Sports, l’éco-tourisme, le tourisme de conférence et d’affaires.
  • Lancement de la commercialisation électronique des destinations permettant de faciliter la recherche d’informations sur certaines destinations africaines.
  • Amélioration de la sécurité et des processus frontaliers dans plusieurs pays.
  • Evolution d’une bonne stratégie de développement de l’image grâce à des programmes durables d’éducation et de sensibilisation des valeurs touristiques.
  • Lancement de mesures spéciales de sécurité dans certains pays (comme Kenya Tourist Police Force).
  • Accélération du personnel formé dans les locaux touristiques.
  • Moins de frictions politiques et stabilité comme l’élimination de l’apartheid en Afrique du Sud, le problème politique résolu en Namibie, l’entente politique au Libéria, le remplacement du régime militaire par la direction démocratique au Nigeria, la stabilité au Ghana, etc.
  • Développement d’installations touristiques améliorées telles que l’hébergement touristique et l’amélioration des locaux touristiques généraux.
  • Intensification des activités promotionnelles par différentes organisations nationales de tourisme.

Selon une étude de l’Organisation Mondiale du Tourisme, l’Afrique a, de façon constante, fait mieux que le reste du monde en tant que continent et en termes de taux de croissance dans les arrivées de touristes internationaux par degré de hausse en pourcentage, d’année en année. Par exemple, l’Afrique a vu sa part augmenter de 1,5 % en 1970 à 3,9 % en 1998 avec un nombre total d’arrivées atteignant 24,9 millions en 1998, ce qui représente plus de trois fois le niveau de 1980. Ce chiffre devrait augmenter fortement pour atteindre 77,3 millions en 2020, ce qui indiquera un taux de croissance annuelle de 5,5 % de 1995 à 2020. La prévision de la croissance internationale pour la même période était de 4,1% par l’OMT, ce qui suggère que le développement touristique africain aurait dépassé la croissance générale du tourisme international. Le tableau 9 illustre les efforts réalisés par les pays sélectionnés pour renforcer le secteur du tourisme alors que les tableaux 10 et 11 représentent les prévisions de l’OMT pour les arrivées des touristes en Afrique.

Tableau 9 : Stratégies de destinations sélectionnées en Afrique

Pays
Analyse des stratégies de promotion du tourisme
Angola

Un Ministère indépendant des Hôtels et du Tourisme a été mis en place pour se concentrer directement sur l’hôtellerie. L’Angola relance son tourisme.

Botswana

Développement des installations touristiques existantes, ex : développement de nouveaux sites et lancement de nouveaux aspects du tourisme autres que la flore et la faune, ex : sports aquatiques et chasse.

République centrafricaine

Plan principal de développement touristique en place et stratégies à long terme mises sur pied.

Djibouti

Un plan stratégique pour le tourisme a été élaboré pour prendre en compte la protection et l’amélioration sur l’environnement comme condition d’un développement touristique durable.
Réorganisation générale du secteur par l’élaboration de lois et de réglementations appropriées ainsi qu’une politique de commercialisation, des mesures incitatives visant à renforcer un climat d’investissement favorable, la participation des populations locales et du secteur privé au développement touristique.

Ghana

Le Ghana a mis en place un programme de développement touristique intégré en 1996, qui a ouvert la voie vers un produit touristique élargi dont le but est de renforcer le tourisme national et intra-régional ainsi que le tourisme de long parcours en fonction des intérêts particuliers comme les ressources naturelles, historiques et culturelles du pays. Le Ghana a capitalisé sur le tourisme de British Airways pour les futurs fruits de 1999, et par-dessus tout a mis l’accent sur la qualité et la durabilité du développement touristique.

Kenya

Ouganda

Seychelles

Ces trois pays sont entrés dans un couloir de tourisme dynamique pour se voir promouvoir collectivement comme destination régionale. Tout en capitalisant sur son tourisme de Safari, le Kenya diversifie son tourisme en stations thermales, tourisme de conférence ainsi que des croisières sur le lac Victoria ; un climat favorable a été instauré pour les investisseurs privés capables de rapatrier leurs bénéfices à leur guise.
L’Ouganda renforce son potentiel en Avitourisme (observation des oiseaux) et son tourisme de montagne, culturel et aquatique.
Les Seychelles ont pour objectif de devenir une destination cinq étoiles avec un produit cinq étoiles. Les Seychelles sont à présent une destination de vacances et de repos après le Kenya et l’Ouganda.

Afrique du Sud

La réduction des tarifs aériens et le développement de nouveaux forfaits ainsi que la mise en oeuvre d’un éventail de stratégies touristiques – notamment des normes de sécurité pour les touristes, un investissement des secteurs publics-privés et des programmes de formation.

Nigeria

Orientation nationale en faveur du développement touristique national, mesure volontaire pour la diversification de l’économie en faveur du tourisme, solide budget du tourisme en place, établissement de National Tourism Machinery.

Tableau 10 : Arrivées de touristes internationaux
Tableau des Prévisions de l'OMT

Tableau 11

L’avenir de l’Afrique dans le secteur du tourisme

Il existe actuellement une demande générale pour de nouvelles destinations et de nouveaux produits sur le marché mondial du tourisme. Les destinations actuelles en Europe et en Amérique sont de plus en plus saturées, trop visitées et sous-développées.

Certaines de ces destinations ne sont plus en vogue pour les touristes sauf pour les nouveaux arrivants.

Si l’on prend en compte ces facteurs, l’Afrique semblerait être la destination de demain si les collectivités locales africaines se concentraient sur une planification, un développement et une commercialisation efficaces des destinations touristiques africaines.

Les prévisions Tourism 2020 Vision de l’Organisation Mondiale du Tourisme indiquent que les arrivées internationales devraient dépasser 1,56 milliards d’ici à 2020 (Tableau 12). Les prévisions de l’OMT placent l’Afrique en quatrième position dans l’ordre des régions d’accueil après l’Europe (717 millions de touristes), l’Asie de l’Est/Pacifique (397 millions et les Amériques (282 millions). Le Moyen Orient et l’Asie du Sud viennent après l’Afrique.

La région d’Afrique devrait recevoir 77,3 millions de touristes d’ici à l’an 2020 selon l’OMT. La région a accueilli 20,2 millions de touristes en 1995, soit une croissance annuelle de 5,5 % de 1995 à 2020, qui dépasse la moyenne mondiale de 4 %. Si elle respectait les prévisions de l’OMT ci-dessus, la part de l’Afrique dans les arrivées internationales serait passée de 3,6 % en 1995 à 5 % en 2020.

Tableau 13 : Tableau des Prévisions de l'OMT

 

Remarques :

a) Intrarégional inclut les arrivées pour lesquelles le pays d’origine n’est pas indiqué.

b) Long parcours est défini comme étant tous les long trajets à l’exception du tourisme intrarégional

Sur la base régionale africaine, l’Organisation Mondiale du Tourisme prévoit un changement dans la part de marché du tourisme international futur, en raison de l’émergence de nouvelles destinations. La sous-région d’Afrique du Nord qui est actuellement la plus visitée avec 7,3 millions de visiteurs en 1995 et 8,7 millions en 1998 sera la troisième destination la moins prisée d’Afrique de 1995 à 2020, alors que les arrivées dans la sous-région d’Afrique australe devraient atteindre le taux de croissance le plus rapide avec près de la moitié de toutes les arrivées en Afrique d’ici à l’année 2020.

La sous-région d’Afrique de l’Est devrait conserver sa troisième position avec 17 millions de touristes prévus en 2020, alors que les performances dans les sous-régions d’Afrique centrale et de l’Ouest pour la même période devraient diminuer avec seulement 600 000 et 4,6 millions respectivement. Voir le tableau 14.

Tableau 14 :

L’Afrique se développera pour atteindre une maturité complète dans la première moitié du millénaire en raison des changements de gouvernement et de gouvernance envisagés. Des gouvernements ultra dynamiques émergeront et seront capables de collaborer dans plusieurs domaines de progrès économique, y compris le tourisme. Le revenu par habitant de plusieurs nations africaines augmentera de façon considérable, et ce simple fait devrait stimuler une relance du tourisme intrarégional.

Conclusion

L’Afrique devrait être la principale destination touristique du millénaire. Il s’agit d’une position qui ne pourra être atteinte que si le secteur du tourisme africain se développe dans le droit chemin et est capable de faire face à une concurrence sévère sur le marché mondial du tourisme. Le développement touristique dépend dans une large mesure des dimensions macroéconomiques (Peter Keller, AIEST XXIII), et la réalité veut que les dimensions comme les motivations du marché, l’accès aux ressources, le capital humain et la R&D, l’éventail et la qualité de produits, la taille et non le travail des entreprises et le système de mesures incitatives de l’état (Peter Keller, AIEST XXIII) soient d’abord réalisées à un niveau raisonnable. La réalisation de ces dimensions macroéconomiques dépend de la stabilité politique, de la sécurité de l’investissement, de la vie et de la propriété, et par-dessus tout, de la politique de tourisme émanant des gouvernements individuels.

 

Références bibliographiques

1. African Regional Conference on Tourism and Economic Development – Banjul Oct. 1978.

  • déclaration de Robert Lonatin : Secrétaire général à l’OMT
  • déclaration du Professeur A. Adedji : Secrétaire de direction E.C.A.
  • conclusion sur le Tourisme intrarégional

2. African and Oriental holiday : publié par Travel International

3. Africa on a Shoestring : Hugh Finlay & Co

4. Développement touristique et concurrence mondiale : 51ème Congres AIEST 2001

  • déclaration du Professeur Peter Keller

5. A short History of the World : H.G. Wells

6. Tourism Highlights 2000 : publication de l’OMT

7. Africa – Tourism 2020 Vision : OMT

8. Whole World Handbook : publié par International Educational Exchange- Marjerie Adoff Coffen

9. The making of Contemporary Africa : Bill Frend

10. In Quest of Livingstone : - C. Wilson & Tishing Irwin

11. Africa by Road : Bob Swain & Paula Suyder.

12. The Slave Route –W.T.O/UNESCO Project : - Franklin .J. Adejuwon

13. Economic Growth & Sustainable Development of Tourism : - F.J. Adejuwon

14. Tourism Development in Nigeria in the third millennium : - F.J. Adejuwon

15. The Travails of Tourism Development in Africa, Constraints & Potentials : - F.J. Adejuwon

 

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