|
|
|
L’innovation et le développement durable :
La situation initiale : au service du développement durable La notion complexe du développement durable exige une interprétation spécifique pour chaque secteur d’activités. Les Sommets du tourisme de Chamonix-Mont-Blanc l’ont traduite pour le tourisme. Ils ont acquis une grande notoriété internationale avec leur cycle de conférences sur le développement durable du tourisme qui a duré de 1999 à 2004.
Les thèmes des conférences annuelles témoignent du caractère profond de l’analyse du développement durable. Les Sommets du tourisme ont couvert les aspects écologiques, économiques, sociaux et culturels du phénomène ; ce qu’aucune autre institution touristique n’a fait. Les discussions des Sommets qui ont eu lieu sous le toit inspirant du Mont-Blanc ont porté sur les problèmes essentiels liés au développement durable du tourisme. De nouveaux concepts ont été développés et discutés moyennant l’analyse de cas pratiques. Les Sommets ont abouti à l’élaboration d’un modèle de développement durable nouveau. Une publication synthétique des résultats des Sommets est prévue par le Comité scientifique, notamment au bénéfice des partenaires des Sommets. Le nouvel objectif : à la recherche de solutions novatrices L’Association des Sommets du tourisme Chamonix-Mont-Blanc dont font partie les décideurs les plus compétents en matière de tourisme de la plus grande station de l’arc alpin souhaiterait lancer un nouveau cycle de conférences d’une durée de trois ans. L’objectif de ce cycle a été fixé après une réunion avec les autorités de la Région Rhône-Alpes et du Département de Haute-Savoie qui s’est tenue au mois de novembre 2004. Ces grands sponsors des Sommets ont exprimé la volonté de réorienter le cycle de conférences. Ils souhaitent que l’Association mette en valeur les connaissances acquises pour trouver de nouvelles solutions aux grands problèmes touristiques pratiques que rencontrent les destinations aujourd’hui.Cette nouvelle approche nécessite tout d’abord une identification des problèmes. Elle oblige ensuite à se faire des idées sur l’innovation dans le domaine du tourisme. Les grands problèmes des destinations traditionnelles L’internationalisation croissante du tourisme a dévoilé les faiblesses des structures touristiques des destinations traditionnelles. Les nouveaux concurrents provenant des pays émergeants qui sont entrés dans le marché en grand nombre disposent de certains avantages compétitifs. Ils disposent de ressources naturelles et culturelles non encore trop connues et qui valent le déplacement pour des visiteurs avides de voir du neuf. Leurs conditions cadres économiques, tel que le niveau de prix et l’abondance en main d’œuvre sont favorables à une croissance rapide et massive du tourisme. La nouvelle concurrence à l’ère de la mondialisation oblige les destinations traditionnelles à adapter constamment leur offre aux exigences d’une clientèle de plus en plus critique. Il y a un souci permanent d’améliorer l’attrait de la destination afin que celle-ci ne tombe pas dans l’oubli. Il ne faut pas oublier que la concurrence touristique se joue avant tout au niveau de la destination et seulement en second lieu entre différents prestataires de services. L’hôte choisit d’abord le lieu de son séjour et seulement après un service tel que celui de l’hébergement. Or, on constate de plus en plus dans les pays développés une concentration des flux sur les meilleurs sites aux dépens des stations moyennes. Le tourisme des pays développés a été marqué très longtemps par l’industrialisation et la standardisation de la prestation de services pour maîtriser les flux croissants des visiteurs. Contrairement à certains nouveaux pays concurrents, notamment en Asie, on a quelque peu négligé l’accueil. L’hébergement a été popularisé. Le manque de personnel et l’élasticité de la demande au prix a favorisé de plus en plus le « self service » touristique dans toute la chaîne de service. Les destinations traditionnelles ont encore peu profité de la mondialisation. Le nombre de visiteurs provenant de marchés lointains est faible dans tous les pays développés. L’offre est avant tout axée sur des avantages de proximité qui garantissaient longtemps un taux d’occupation satisfaisant des facilités touristiques. L’accès facile des sites est un atout important pour une destination. La proximité des marchés émetteurs importants favorise la construction de résidences secondaires et l’excursionnisme ce qui suscite des externalités négatives. L’innovation comme atout des pays développés Les nouveaux concurrents sont capables d’offrir des prestations de service touristiques de haute qualité à des prix favorables. Ils ont l’avantage d’un parc d’équipements neuf. Ils travaillent souvent avec les organisateurs de voyage et offrent des produits standardisés de bonne qualité. Les destinations traditionnelles ne disposent pas de tels avantages. Elles ont l’avantage d’offrir un large spectre de services différents qui séduisent les visiteurs individuels qui sont leurs clients. Le prix final du paquet de services que les touristes individuels consomment est pourtant toujours élevé. Une partie des équipements est surannée et ne correspond plus au besoin de la clientèle moderne.
L’innovation est un moyen de survie pour les destinations traditionnelles dans les pays développés. Le haut niveau de développement est un atout qu’il faut utiliser pour être constamment en avance sur la concurrence. Cela exige des innovations au niveau des produits, des procédures, du marketing et de l’organisation. Elles peuvent créer un surplus pour les visiteurs et augmenter la productivité. L’innovation est en général l’œuvre de pionniers indépendants qui découvre de nouvelles opportunités économiques profitables, développent et mettent sur le marché des produits novateurs. Ces innovateurs indépendants sont souvent imités par les concurrents. Cette imitation créative a longtemps contribué à diffuser les innovations touristiques. C’est un courant constant d’idées nouvelles produites par des employés et des institutions bien formés et créatifs qui est aujourd’hui à la base de l’innovation touristique. Le nouveau cycle de conférences doit permettre d’analyser les grandes tendances lourdes dans les domaines à problème retenu. Il donne la possibilité de présenter une multitude d’innovations du monde entier. La trilogie thématique proposée Les thèmes suivants sont proposés et expliqués pour la période allant de 2005 à 2007 :
L’hébergement est la branche motrice du tourisme. Les innovations dans le système d’hébergement sont nécessaires pour augmenter le taux d’occupation et pour rendre encore plus productives les prestations de service. S’agissant d’investissements lourds, il est important de connaître les grandes tendances lourdes du marché. Le problème de la concurrence de substitution entre les différentes formes d’hébergement et la meilleure utilisation des capacités de la para-hôtellerie sont nécessaires pour augmenter le rendement et investir dans le renouvellement. La création d’une atmosphère par une architecture de loisir et d’une expérience inoubliable par la mise en scène des services deviennent toujours plus importantes dans ce secteur essentiel pour la survie de la destination. Sujets de travail :
La mobilité et le transport sont un élément essentiel du processus touristique. Les innovations de transport de base telles que le chemin de fer, la voiture automobile et l’avion à réaction ont fortement influencé le développement touristique. Elles ont permis de développer successivement des centres touristiques, des activités de niches dans l’espace et la mise en valeur touristique du monde entier. Le progrès technique a rendu le voyage plus rapide et meilleur marché permettant des voyages de longue distance. Les nouvelles relations entre les agglomérations et les régions périphériques influencent la distribution des flux. Il devient de plus en plus difficile de maintenir ou d’améliorer le réseau de transport public dans les régions de villégiature qui doivent maîtriser un excursionnisme en pleine croissance. La station touristique se prête pourtant particulièrement bien à des innovations de transport dans ce secteur essentiel pour la survie de la destination. Sujets de travail :
Contrairement à ce que pensent beaucoup d’experts en tourisme, il n’y a pas seulement une concurrence entre prestataires de service ou entreprises. L’hôte choisit d’abord une destination. Il se décide seulement après sur les services qu’il veut acheter. Il y a donc une concurrence entre destinations qui s’accentue. Les attractions sont les ressources touristiques. Leur importance décide de la valeur et de la taille des destinations. Il y a une concentration sur les meilleurs sites dans le contexte d’une internationalisation croissante du tourisme. Les innovations de produit sont déterminées par le site. Gérer une destination comme une entreprise n’est pas possible. Les destinations qui améliorent les biens publics d’une façon novatrice peuvent obtenir des avantages compétitifs. Sujets de travail :
Prof. Peter Keller |