|
|
Retour
liste Orateurs
Retour
liste Interventions
Intégration du paramètre local dans les produits touristiques : quelle est limportance de larchitecture ? Prof. Dr. Klaus WEIERMAIR - Directeur de l' Institut de l'Economie de Service et du tourisme de l' Université d' Innsbruck, Autriche
I - Introduction
Le thème essentiel de ce congrès soulève des questions relatives à la durabilité de la culture et du tourisme locaux. Commençons donc par faire quelques observations sur les cultures durables.
Une culture vivante et pure (et seule la construction de cette culture a du sens en opposition à la construction dun musée ou dune culture morte) peut être menacée et disparaître complètement à cause dune série de forces militaires et/ou socio-économiques. Lexemple le plus vraisemblable de lhistoire est celui la guerre militaire ou économique qui a entraîné des changements de civilisations et de cultures, de Babylone à Rome, des Babyloniens aux Romains. De nombreuses civilisations et/ou cultures sont mortes suite à leur décadence et à leur ruine. Citons par exemple le cas des Mayas dAmérique ou des Romains en Europe. Les armes utilisées aujourdhui pour la conquête et la domination culturelles ne sont plus des tanks ou des plans de guerre mais plutôt des produits et des modes de vie très recherchés au niveau international et gagnés grâce aux guerres « Cola » ou « Burger ».
Daprès de nombreuses critiques traditionnelles du tourisme, ce dernier, en particulier le tourisme de masse, semble avoir joué un rôle similaire de menace pour la survie des cultures locales véritables et authentiques car il met en danger à la fois la durabilité culturelle et le tourisme durable.
En accusant le tourisme de principal et unique coupable de la destruction de la culture locale et des valeurs culturelles à cause de lexploitation commerciale qui en est faite et qui transforme la culture en produits de consommation (Thomas Morus Akademie 1998), les critiques orthodoxes nont pas compris la nature dynamique et endémique des valeurs culturelles et nont pas su déchiffrer linfluence et limportance relatives du tourisme en tant que force du changement culturel. En ignorant complètement les facteurs socio-économiques du changement culturel, en se centrant sur les conséquences et aspects négatifs et uniquement sur la culture des régions accueillant le tourisme, en considérant la culture de la région daccueil comme statique et uniforme par nature, une ligue politiquement vigoureuse mais analytiquement nulle de défense de lidentité et/ou des valeurs alpines a développé un concept de durabilité normatif ou dogmatique qui, à cause des changements intervenus dans le monde réel sest finalement avéré éphémère. Il convient donc de définir brièvement ce que lon entend par culture et tourisme durables.
Le développement durable en général et les développements durables du tourisme en particulier considèrent principalement la notion de conservation des ressources afin que les générations ne subissent pas de pertes de revenus et de dégradation de leur bien-être suite à la destruction, au déclin ou à un abus des ressources culturelles, naturelles et sociales non renouvelables. Le tourisme qui est basé sur ces ressources et lutte contre elles ne peut pas survivre sil détruit sa propre source de compétitivité. Pour maintenir une compétitivité sur le long terme, les lieux de destination sont donc obligés de conserver ces ressources qui constituent les facteurs clés dune réussite durable. Pour toutes ces raisons, la durabilité de léconomie ou de la compétitivité inclut toutes les autres formes de durabilité : écologique, sociale ou culturelle.
Quest-ce donc quune culture ou un système de valeurs culturelles durable ? Une culture ou un système de valeurs culturelles est durable si les générations successives sont libres de décider de ces valeurs culturelles pour lesquelles, en tant que peuples, elles ressentent la plus grande affinité et qui leur offrent lidentité culturelle la plus abordable. Cette définition de la culture durable ninclut pas la possibilité de changement des valeurs culturelles comme cest le cas avec la définition précédente qui laisse la place à un éventuel changement dutilisation des ressources. Deux domaines touristiques essentiels permettent de créer des rencontres multiculturelles avec une possibilité de motivations, de chocs culturels et/ou deffets négatifs sur la durabilité culturelle. Le premier implique une culture de la vie quotidienne de lhôte qui est liée, à travers la culture du service, à la culture du tourisme et du loisir des activités touristiques spécifiques et finalement à la culture de la région dorigine selon le schéma suivant :
Le deuxième domaine important pour linteraction culturelle concerne la perception, lévaluation et la satisfaction des biens et services culturels tels que les musées, les galeries, les festivals, les événements, etc. La rencontre culturelle avec les biens, les services et les événements culturels a également sa place dans les différents systèmes de valeurs culturelles qui peuvent être représentés de la façon suivante :
Après avoir délimité la relation de cause à effet entre les systèmes de valeurs culturelles dans la région dorigine et dans la région daccueil, il est désormais possible de se concentrer sur la rencontre culturelle à la fois en termes de culture quotidienne et en termes de production et de consommation de biens, services et événements culturels spécifiques, ce que nous développerons dans la section II ci-après.
II - Importance relative des aspects culturels dans la rencontre touristique : quelles possibilités pour les chocs culturels ou la durabilité culturelle ?
La première question est de savoir combien de sujets culturels liés au tourisme peuvent être obtenus suite à lobservation des tendances touristiques associées aux biens, services et/ou événements culturels (préférences culturelles explicites).
A en juger par les résultats obtenus suite aux différentes enquêtes européennes et nord-américaines menées sur les voyages et concernant les trois segments suivants :
- les touristes dont la motivation est purement culturelle,
- les touristes intéressés par la culture en général et
- les touristes qui considèrent la culture comme une activité de remplacement (une solution en cas de mauvais temps par exemple),
le premier segment de touristes, qui voyage pour des raisons culturelles, représente une très petite part du marché, inférieure à 5-8 %, alors que les deux autres segments de touristes, ceux qui affichent un intérêt culturel général et ceux qui ne portent pas dintérêt particulier pour la culture constituent les deux autres segments importants, chacun représentant environ 45-47 % du marché (Richards 1997).
Ceci nous permet tout dabord de penser que la rencontre culturelle sur le lieu de destination entre des touristes dont lintérêt culturel est variable implique dans la vie de tous les jours une culture plus explicite et des biens, des services et/ou des événements culturels utilisés davantage comme une étape, comme une toile de fond au service dautres activités touristiques plus importantes.
Même si apparemment les touristes utilisent des sites culturels à des fins de vacances polyvalentes uniquement, ceci ne signifie pas que ces sites, le patrimoine touristique et/ou les événements nont pas connu de croissance importante de popularité comme le prouve la forte fréquentation de certains sites culturels tels que lAlhambra de Grenade, la Piazza San Marco de Venise ou encore lAcropole dAthènes. LOMC a estimé que dans les années 90 le taux de croissance moyen du tourisme culturel était de 10-15 % par rapport à la croissance de 4-5 % de lindustrie du tourisme dans son ensemble (OMC 1996). Les données semblent donc indiquer que les biens, les services et/ou les événements culturels ont connu une popularité croissante qui leur permet denrichir lexpérience touristique. Les biens et services culturels en tant quéléments dun ensemble touristique ou culturel plus important doivent cependant jouer un rôle différent de celui de la culture ou des biens culturels comme unique source de motivation et/ou paramètre de décision ou comme source de satisfaction essentielle dans le choix de la destination et le processus dévaluation de cette dernière. Ceci permet également de souligner le changement dans le paradigme concernant le rôle et limportance de la culture dans le tourisme en général ou le tourisme de culture. En ce qui concerne la demande, le changement a été long à venir et il est le résultat des mutations du comportement du consommateur qui sont les suivantes (population locale et touristes) :
* Une acceptation et une consommation dautres cultures qui entraînent des changements des cultures de la vie quotidienne et un mélange de caractéristiques et/ou de dimensions culturelles sous la forme dune acculturation à de nouvelles façons de vivre le quotidien.
* Une acceptation des nouvelles technologies de linformation et de la communication dans de nombreux domaines de notre vie, notamment la présentation et linterprétation de la culture sous ses différentes formes dexpression.
* La tendance mondiale nest plus basée sur la solidarité mais plutôt sur lindividualisme et le comportement individualiste dindividus désireux dexercer un plus grand contrôle sur les décisions les concernant. Il existe effectivement un désir latent dassumer pleinement la responsabilité de toutes les décisions relatives aux voyages y compris dans la chaîne de laptitude touristique.
* La combinaison des forces de lexpérience accumulée dans le domaine des voyages et du vieillissement fait que le public voyageur actuel est davantage centré sur la qualité et est devenu plus « astucieux » dans ce domaine. Il souhaite profiter doptions et/ou de combinaisons de biens et de services anciens et nouveaux, traditionnels et modernes, actifs et passifs, authentiques et dérivés, notamment en ce qui concerne les biens et/ou les rencontres culturels.
* Des breaks plus fréquents et plus divers pour rompre le quotidien semblent caractériser les tendances des Allemands en matière de voyages, ces derniers étant parmi les plus nombreux dEurope à voyager (F.U.R. 2000). Un séjour moyen plus réduit signifie que lintensité des voyages doit augmenter et que les sites culturels doivent être visités plus rapidement et/ou plus efficacement.
* De la même façon et souvent avec le même visiteur, on assiste à une préférence contrastée pour une consommation intensive en termes de temps et des expériences plus lentes souvent associées à des activités liées la santé (« le bien-être »).
* Les forces combinées de lindividualisme croissant, des expériences intensifiées de vacances et de voyages accumulés sur le territoire national ou à létranger et une saturation culturelle créent (pour une grande majorité des voyageurs actuels) une envie de profiter de vacances et/ou de voyages personnalisés et personnellement perçus comme « authentiques ».
Quant au modèle de motivation et de comportements stylisés des touristes alpins daujourdhui en particulier en ce qui concerne la question de la rencontre culturelle, de lacculturation et/ou de la tolérance culturelle versus le potentiel de chocs culturels, soulignons les faits suivants :
Le public voyageur de plus en plus âgé, plus expérimenté et centré sur la qualité recherche des expériences de voyage personnalisées et uniques quil souhaite percevoir comme authentiques tout en conservant son confort habituel, certaines facilités et le choix dune vie quotidienne à laquelle il sest habitué.
Les plus jeunes se distinguent uniquement en ce qui concerne lalternance dactivités actives et passives, la culture et les valeurs modernes et traditionnelles et la recherche dexpériences nouvelles opposées aux vieilles habitudes. Leur comportement est également différent en ce qui concerne la facilité avec laquelle ils utilisent et souhaitent profiter des technologies dinformation modernes lors des différentes phases du processus de consommation touristique, de la réservation par Internet à la présentation multimédia et à linterprétation du patrimoine en passant par la consommation du service après-vente électronique.
En ce qui concerne la demande des touristes et leur perception de lenvironnement construit autour des sites de vacances (architecture et patrimoine) pour la consommation quotidienne et/ou à des fins principalement touristiques, on peut constater les phénomènes suivants :
Sur la base du principe bien connu de dissonance cognitive (Festiger 1978), la population locale et les touristes recherchent un ordre et une cohérence entre les biens fonctionnels et esthétiques de larchitecture et du design local et les activités touristiques et non-touristiques essentielles recherchées :
* La plupart des amoureux de la nature (écotouristes dâge variable) apprécient certainement lintégration harmonieuse de larchitecture au paysage
* Les voyageurs intéressés et/ou motivés par la culture rechercheront probablement une cohérence entre larchitecture actuelle et larchitecture ancienne car ils souhaitent comprendre lhistoire de façon animée. Linterprétation et lanimation du patrimoine et/ou des informations relatives au paysage architectural du lieu de destination requièrent et/ou nécessitent lutilisation de techniques damélioration nouvelles et d « expérience » (Pine & Gilmore, 1999).
* Les jeunes voyageurs à la recherche de distractions et de plaisir, très portés sur la « vie nocturne », voudront créer une cohérence semblable entre le désir de réaliser certaines activités touristiques comme la pratique du snowboard, la danse, le port dun certain style de vêtements, une alimentation pratique et de nouvelles formes et styles darchitecture et de design pour créer une sous-culture du « snowboard » holistique.
* Les voyageurs de cure à la recherche du bien-être sont susceptibles de soffrir une expérience holistique (cohérente) dans un contexte architectural ou un design qui, par le choix de matériaux adaptés, de couleurs, de lumière, dodeurs et de sons, offre lenvironnement idéal à ce « bien-être ».
* Pour le touriste qui passe beaucoup de temps à faire des achats (lèche-vitrines), la cohérence en termes de qualité implique des facteurs de design fonctionnels et esthétiques avec un environnement très bien agencé en termes dapprovisionnement, didentification visuelle et danimation, également appelé « actualité-spectacle ».
Larchitecture et le design (avec la nature et le paysage) sont tangibles dans un autre monde intangible des services ou des expériences (touristiques) qui sert de façon inéluctable et hésitante à réduire la qualité et à offrir une cohérence à lexpérience des touristes (Weiermair 2000). Là où les activités du tourisme impliquent en général les ressources et le savoir-faire locaux, le cadre architectural esthétiquement cohérent implique vraisemblablement lutilisation de matériaux, de formes et de structures traditionnels. Aux endroits et dans les activités où une culture plus globale prédomine, larchitecture la plus juste sera vraisemblablement moderne.
Finalement, toute restructuration architecturale allant dans le sens des changements culturels entraîne au début une dissonance cognitive menant dans le pire des cas à un rejet des nouvelles structures de larchitecture et du design. Des pièces darchitectures inhabituelles mais innovantes peuvent avec le temps être acceptées car les sens de lhomme shabituent (ils deviennent progressivement cohérents) aux nouvelles formes darchitecture, de solution despace, etc.
Les chocs culturels dans un monde globalisé sont donc moins importants entre les cultures daccueil et les cultures dorigine mais plus importantes entre les différentes générations. La distinction entre population locale et touriste est donc devenue moins significative.
Daprès ce que nous venons de constater, ce tourisme et cette culture durables appartiennent à des cultures de changement dynamique dans le temps avec un style de vie et un esprit du temps des régions et destinations (y compris de leurs touristes), une production et un amalgame à portée globale et authenticité régionale (Weiermair 1999).
Examinons maintenant comment larchitecture et le design peuvent être reconçus dans le but de préserver le passé tout en rendant le présent et le futur plus convaincants cest-à-dire plus authentiques.
III - La création dexpériences touristiques : rôle de larchitecture et du design
Pour transformer la consommation touristique de produits et de services culturels ordinaires en « expérience », il convient dutiliser les bons « déclics psychologiques » qui permettent dintensifier le caractère expérimental des activités du consommateur. En utilisant des modèles existants subconscients dassociations, de souvenirs et démotions, le concepteur dexpériences peut les mettre en valeur et les utiliser au bon endroit et au bon moment (Mikunda 1997). Pour mettre en scène les « expériences », certaines connaissances psychologiques de ces phénomènes sont nécessaires, par exemple :
- les scenarii intellectuels
- les croyances déductives
- les cartes cognitives
- les lignes de temps
- lanticipation
- la sélection de phrases et
- la lecture publicitaire
Ces connaissances permettent dévoquer les associations, les émotions ou les souvenirs susmentionnés.
Les scenarii intellectuels sont par exemple des histoires, des mythes ou des modèles de comportement appris qui sommeillent dans lesprit humain et qui peuvent être évoqués par des signaux précis. En utilisant la symbolique de lopprimé ou de David et Goliath, la série télévisée « Colombo » évoque par exemple une association avec le Colombo simple et modeste mais malin qui lutte contre le criminel méchant, riche et mal intentionné.
Les croyances déductives sont des opinions basées sur des images, des préjugés et/ou des stéréotypes pouvant être influencés. Prenons lexemple type des spectacles de requins ou de tigres à la réception de certains hôtels de Las Vegas qui créent un ensemble de symboles synonymes de danger et daventure et donnent à lhôtel une « personnalité imagée ». De plus en plus dentreprises du tourisme et du loisir essaient de créer cette personnalité imagée en utilisant une identité architecturale dentreprise (la pyramide des hôtels Luxor par exemple). Lobjectif des cartes cognitives est damener très facilement les consommateurs à des endroits où ils pourront identifier leurs besoins. Elles utilisent des points centraux et des dispositions faciles à comprendre pour intensifier lexpérience. Ces points centraux sont des carrefours où différents axes (thèmes, histoires, souvenirs, etc.) se rejoignent et ont souvent une signification psychologique comme la vénération de héros (lArc de Triomphe à Paris ou la colonne de Nelson à Trafalgar Square sont autant dexemples de points de rassemblement). La ligne de temps implique une bonne concentration du temps consacré à lexpérience dans de nombreuses petites unités restreintes et agréables qui rendent lexpérience globale plus séduisante.
Lanticipation utilise de la même façon des techniques du monde du loisir en construisant ou en évoquant des attentes et en créant une vive émotion qui est ensuite gérée et libérée par lutilisation de questions, la création de tensions et les « récits à suspense ».
La sélection de phrases offre un guide ou un principe directeur de la performance. Cest le squelette qui donne au produit sa forme et son cadre. Elle offre à lutilisateur (le consommateur) un sens de la sécurité et du familier. Elle peut elle aussi prendre forme dans larchitecture (lhôtel Luxor de Las Vegas).
Enfin, la lecture publicitaire implique un jeu avec la perception de lhomme. Le spectateur veut être dupé par ses perceptions comme le font les magiciens. Il est bercé par les illusions créées grâce à certains matériaux spécifiques, un éclairage ou une création architecturale (le monde du verre de Swarovskyen en Autriche).
Comme nous pouvons le déduire des arguments exposés ci-dessus, larchitecture et la création jouent un rôle essentiel dans lévocation des associations, des perceptions et des émotions qui, à leur tour, font partie intégrante de lexpérience du visiteur de la même façon que lidentité culturelle de la population locale.
Pour que le tourisme et la culture durent, il doit exister une cohérence entre lenvironnement construit et lenvironnement socioculturel. En dautres termes, lorsque lenvironnement socioculturel change, il devient nécessaire de régler également lenvironnement construit. Cest là toute la question du mélange de tradition et de modernité. Ce changement est également nécessaire pour rendre larchitecture « authentique » au niveau de la culture quotidienne actuellement pratiquée.
Lassociation de la tradition à la modernité est possible grâce à larchitecture autochtone (Kuz 1992) ou au mélange des formes ou des structures traditionnelles à de nouveaux matériaux et à de nouvelles créations (en utilisant par exemple le style Palladio dans les maisons modernes). Il est possible dobtenir une cohérence ou une harmonie en utilisant les ressources régionales (certains types de pierre, de bois, etc.) dans une création (architecture) nouvelle et moderne. On peut transformer de vieux bâtiments en utilisant de nouveaux matériaux et de nouvelles techniques (éclairage, couleurs, sons, etc.). Enfin, on peut construire entièrement une nouvelle structure en variant la capacité de cohérence avec lenvironnement naturel et socioculturel.
Les exemples (images) ci-après nous permettent dillustrer les réalisations et les applications mentionnées ci-dessus :
1. Design Hotel Madlein2. Romantic Hotel Liebes Rot-Flüh
3. Ötzi Village
4. Swarovsky Kristallwelten
5. Architecture
- Coherent Architecture
- Hafelekar
- Seegrube
- Gellner
- Wright
- Conversion
- Bergisel, vieux et neuf
- Zumthor, Safiental
- Gazomètre
- Reunion Roche, Unterwald
- Monuments uniques
- Le Corbusier, Ronchamp
- Lackner, Hatting
- Schuller Passion, Erl
- Mauvais exemples
- Gnaiger, Warth
- Einfamilienhaus Lochau
IV - Conclusions et perspectives
Larchitecture et la création jouent un rôle croissant de par leurs fonctions esthétiques et pratiques pour la population locale mais également pour les touristes. Les forces dévolution vers lindividualisme et une économie dexpérience et de loisir (Pine & Gilmore 1999, Wolf 1999) associées au développement de produits de tourisme et de loisir globaux à travers la mondialisation ont fortement réduit la distance et les éventuels chocs culturels entre les populations locales et les populations dorigine mais elles les ont accentués entre les jeunes générations et les plus anciennes. Au moment de décider ce qui doit être préservé et/ou transformé en structures modernes ou même ce qui doit être mis au rebut et dans quelle mesure, il convient de revenir sur la question de la durabilité culturelle. Ceci nimplique cependant pas de barrage orthodoxe à tout ce qui est vieux mais plutôt une évaluation attentive des coûts et des bénéfices pour le consommateur (utilisateur) sur le long terme. Les conservateurs et/ou les gestionnaires traditionnels du patrimoine ont souvent une vision élitiste très orthodoxe et culturelle de larchitecture ancienne ou de lenvironnement bâti existant qui ne devient souvent économiquement viable quavec dimportantes subventions du gouvernement. Nombreux sont les cas dans lesquels les responsables de la protection du patrimoine ont déclaré que tout ce qui était vieux faisait partie du patrimoine et ont rendu toute modernisation à des fins esthétiques et de rénovation impossible. Le problème semble être finalement un problème de « bon goût » et de qualité, ce qui ne peut pas être réglé ou résolu par de simples règlements et/ou lois sur lenvironnement.
Bibliographie
M. Bense (1971), Zeichen und Design. Semiotische Ästhetik, Agis, Baden-Baden
E. Cohen (1988), Authenticity and Commoditization in Tourism, in: Annals of Tourism Research, Vol. 15, pp. 371-386
K. Festiger (1978), A theory of cognitive dissonance, Stanford
Ch. Goulding (2000a), The commodification of the past, postmodern pastiche, and the search for authentic experiences at contemporary heritage attractions, in: European Journal of Marketing, Vol. 34, No. 7, pp. 835-853
Z. Kuz, W.M. Chramosta, K. Frampton, Autochthone Architketur in Tirol, New York
C. Mikunda (1997), Der verbotene Ort oder die inszenierte Verführung, Düsseldorf
G.M. Moscardo, Ph. L. Pearce (1986), Historic Theme Parks, An Australian Experience in Authenticity, in: Annals of Tourism Research, Vol. 13, pp. 467-479
K.W. Opaschowski (2000), Kathedralen des 21. Jahrhunderts, Hamburg
J.II Pine, J.H. Gilmore (1999), The Experience Economy, Harvard Business School Press, Harvard
G. Richards (Ed.) (1997), Cultural Tourism in Europe, CAB International, Wallingford
Ch. Ryan (1997), The Tourist Experience, Cassell, London
G. Schulze (1993), Die Erlebnisgesellschaft, Frankfurt am Main
Thomas Morus Akademie Bensberg (1999) Tourismus Gewinn oder Verlust von Identität? Wolfgang Isenberg: Bensberg
K. Weiermair (1998), The effect of environmental context and management on the performance characteristics of cultural events: the case of the 700 Year Tyrol Exhibition in Stams and Meran, Conference « Talk at the top : The Impact of Mega Events », Mid Sweden University, Östersund, July 1997, in: Festival Management and Event Tourism, Vol.5, No ½, pp. 85-91
K. Weiermair (1999), Touristische Attraktionen im Spannungsfeld zwischen globalem Anspruch und regionale Authenzität, Vortrag St. Gallen, à paraître
K. Weiermair (2000), Tourists' Perceptions towards and Satisfaction with Service Quality in the Cross Cultural Service Encounter: Implications for Hospitality and Tourism Management, in: Managing Service Quality, Vol. 10, No 6, pp. 397-409
K. Weiermair, M. Fuchs (2000), The Impact of Cultural Distance on Perceived Service Quality Gaps: The Case of the Alpine Tourism, in: Journal of Quality Assurance in Tourism & Hospitality, Vol. 1, No 2, pp.59-75
K. Weiermair, H. Pechlaner (2001), Management von Kulturtourismus im Spannungsfeld von Markt-und Ressourceorientierung, in: Th. Bieger, H. Pechlaner, A. Steinecke (Hrsg.): Erfolgskonzepte im Tourismus: Marken-Kultur-Neue Geschäftsmodelle, Linde-Verlag, pp. 91-123
M.J. Wolf (1999), The Entertainment Economy, Times books, New York
Voir diaporama