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Conclusions du cycle de conférence 1999 - 2002 Nouveaux paradigmes dans le domaine du développement durable : Quels sont les résultats du cycle de Conférence Chamonix-Mont-Blanc Genève ?
Prof. Peter KELLER - Président du Comité Scientifique des Sommets du Tourisme - Service du Tourisme, Secrétariat d'Etat à l'Economie SECO, Berne, Suisse
Introduction
Le maire de Chamonix, M. Michel Charlet, na pas lancé le cycle de conférences des Sommets du tourisme uniquement pour le plaisir de réfléchir et de débattre du concept politique le plus discuté de la dernière décennie. Le développement durable est un point permanent à lordre de jour de la plus grande station de lArc alpin. Comme toute autre station, Chamonix doit faire face aux conséquences de phénomènes naturels imprévisibles ou de problèmes endogènes de développement. Mais son rayonnement international fait que tout ce qui touche à lexploitation et à la protection de lEspace Mont-Blanc suscite un écho comme amplifié par une caisse de résonance.
Chamonix vit aussi dans lincertitude que suscitent les crises écologiques, économiques et sociales à léchelle planétaire. En sassociant à la ville internationale de Genève, les Sommets ont toujours appliqué le slogan « think global, act local ». Pourtant sans lappui personnel de Monsieur Francesco Frangialli, Secrétaire général de lOrganisation mondiale du tourisme, qui nous a fait lhonneur dêtre présent aux quatre Sommets, nous naurions pas eu les contacts internationaux nécessaires.
Cest avec gratitude que nous remercions le Secrétaire dEtat au tourisme, Monsieur Léon Bertrand, et les Présidents de la Région Rhône-Alpes et du Département de la Haute Savoie, Madame Anne-Marie Comparini et Monsieur Ernest Nycollin : sans leur soutien institutionnel et financier, les Sommets nexisteraient tout simplement pas.
Premiers Sommets du tourisme 1999 : éviter ou réduire le gaspillage et la pollution
Les Premiers Sommets ont abordé en 1999 les aspects écologiques du développement durable. On a constaté que, vue de lespace, la terre apparaît comme une petite boule bleue quon imagine être gérable comme une entreprise. Cet espoir a même incité certains à penser que lon peut diminuer lentropie et pérenniser la vie sur terre. Or le système écologique est trop complexe. On ne peut refaire dune chaise un arbre. (Tableau 1)
La planète bleue : Impossible de la gérer comme une entreprise
Il ne faut pourtant pas tomber dans le pessimisme. Mieux vaut sengager pour un développement durable à léchelle globale et locale. Même sil est très difficile dintervenir à temps et déviter des crises. Car il faut optimiser le coût des erreurs provoquées par des actions peu réfléchies et le coût dattente lié aux comportements dinertie : cest un défi énorme pour la politique, comme le montre lexemple de leffet de serre et ses répercussions sur lenneigement dune station de ski. (Tableau 2)
La loi de lentropie est impitoyable.On ne refait pas dune chaise un arbre.
Le défi de la politique denvironnement : Optimaliser lintervention politique
Réduire la pollution de latmosphère par laviation civile, pour prendre un exemple, est néanmoins nécessaire. Il faut garder à lesprit que seulement un petit pourcentage de la population mondiale peut soffrir un vol à des fins touristiques. Si les habitants de grands pays comme la Chine et lInde voyageaient comme ceux de nos pays, la nécessité de maîtriser la toxicité des avions en haute altitude deviendrait encore plus pressante. (Tableau 3)
Réduction de la pollution : Une nécessité pour maîtriser la croissance exponentielle du tourisme
Corrélation entre le trafic aérien, les flux touristiques et la pollution de latmosphère à 12000 mètres daltitudeLes Premiers Sommets ont mis donc laccent sur la maîtrise écologique de la croissance touristique, qui doit commencer par la protection préventive des grands espaces naturels encore existants. Lapplication du principe du « pollueur payeur », déjà très répandu dans lindustrie touristique, permet dharmoniser le cycle écologique et le cycle économique. Finalement, il est possible de recycler lenvironnement des stations touristiques existantes et de mieux gérer les flux des visiteurs. (Tableau 4)
Lharmonisation des cycles économiques et écologiques : Les quatre principes de protection
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2e Sommets du tourisme 2000 : contribuer à une croissance qualitative soutenue
En 2000, les 2es Sommets du tourisme ont mis en évidence les objectifs contradictoires de la croissance touristique et de la protection de lenvironnement. Il en est ressorti que ni une croissance trop poussée ni une croissance trop faible ne vont dans le sens du postulat du développement durable. On a plaidé pour une croissance qualitative définie par laugmentation du bien-être par habitant ou de la qualité de vie des résidents. (Tableau 5)
La nécessité dune croissance qualitative : Augmenter la valeur ajoutée et la qualité de la vie
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Or cet objectif est difficile à atteindre dans le contexte hyperconcurrentiel dun marché touristique mondial fortement libéralisé. Dans un tel contexte, la propension à dépenser des visiteurs est limitée. Il est impossible de garantir à long terme les revenus nécessaires à la survie des entreprises si le nombre de visiteurs stagne. La nécessité de rester compétitif au niveau des prix met en cause la capacité des entreprises duvrer dans le sens dune croissance qualitative.
Pourtant, le tourisme est considéré comme un secteur en pleine croissance. On a constaté que cette appréciation est en général basée sur des chiffres agrégés au niveau national et international, qui reflètent lextension du marché mondial. Mais le mythe de la croissance cache quelque peu la réalité touristique quotidienne. Au vrai, lâpre concurrence à léchelle mondiale produit des gagnants et des perdants. On a rappelé que la demande touristique est volatile, exposée quelle est à toute une série de facteurs exogènes perturbateurs. On a identifié une consolidation de la croissance dans les régions touristiques traditionnelles.
Lessor de léconomie dexpérience : Une nouvelle chance pour le tourisme de destination
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Pourtant, le potentiel touristique reste intact dans les pays développés. Grâce à laugmentation de la productivité induite par la haute technologie, lindustrie produit toujours plus avec moins de main-duvre, ce qui permet aux ménages de dépenser toujours plus pour satisfaire leur bien-être immatériel. Le tourisme fait partie de la nouvelle économie événementielle de lexpérience vécue, qui est en passe de simposer comme le 4e secteur de léconomie. (Tableau 6)
La croissance soutenue : Facteurs clé de succès
Nous avons développé aux 2es Sommets un modèle de croissance qui met laccent sur la création de mécanismes dinnovation, sur de nouvelles formes dorganisation pour accéder aux marchés du capital et de lemploi, sur de lindustrialisation des structures fragmentées et artisanales et sur le développement de nouveaux produits de haute qualité pour des marchés traditionnels, ainsi que sur la diversification du risque par louverture de nouveaux marchés. (Tableau 7)
3e Sommets 2001 : Augmenter le bien-être dans le monde et la qualité de vie des résidents
Les 3es Sommets du tourisme, en 2001, ont constaté que la protection de lenvironnement et une croissance soutenue ne sont pas une fin en soi. Ces objectifs nont un sens que sils sont mis au service dun tourisme humain et de la qualité de vie des personnes vivant dans les régions touristiques.
Le Code mondial déthique du tourisme de lOrganisation mondiale du tourisme, qui a été discuté lors du débat inaugural, propose une nouvelle déontologie en vue dun développement durable du tourisme. Il invite les acteurs du tourisme à respecter dans le sens dune éthique de la responsabilité certaines règles propres à humaniser les dynamiques touristiques. Le débat a montré que ce nouvel instrument nest pas moralisateur. Obéissant au principe de la subsidiarité, il incite, mais ne dicte pas.
Le tourisme en tant que moteur de développement : La réussite des pays émergeants et en voie de développement
Ces nouvelles normes sont importantes car les jeux ne sont pas faits dans le domaine du tourisme. Contre toute attente, de nombreux pays en voie de développement ont su tirer profit du tourisme international. Ils ont réussi souvent avec laide de la communauté internationale à développer et à commercialiser des attractions encore peu connues tout en offrant des produits intéressants du point de vue de la qualité et du prix. (Tableau 8)
Ce sont les pays émergents qui connaissent la croissance la plus rapide et la plus forte. Les pays pauvres ne sont pas hors jeu sils disposent dun certain niveau de développement pour pouvoir sadapter aux exigences de confort et qualité du tourisme international : les pays pauvres ont également leur chance de développement.
La dynamique touristique profite aussi aux régions et aux stations touristiques traditionnelles des pays développés. Pourtant, les sites touristiques ne sont souvent plus attrayants pour les jeunes résidents. Selon la situation géographique, ils peuvent souffrir de l« effet daspiration » des grands centres, qui tendent à monopoliser les facteurs de production ressources humaines et capital. Les sites touristiques deviennent les arrières-pays des agglomérations.
Lexode touristique : Améliorer lattractivité des sites touristiques pour les résidents
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Il faut donc rajeunir et diversifier les structures économiques des sites pour faire face à ce que lon pourrait appeler l« exode touristique ». Les prestataires sont obligés daméliorer leur productivité, de rationaliser et de faire des profits pour pouvoir assurer des emplois intéressants aux résidents et être compétitifs sur les marchés. (Tableau 9)
4e Sommets du tourisme 2002 : Vivre dans le village planétaire et produire des rêves touristiques
Les 4es Sommets du tourisme ont montré que le phénomène touristique ne peut être dissocié de son contexte culturel. A lère de la mondialisation, le tourisme est reconnu comme une des formes culturelles qui permet datténuer le choc culturel entre visiteurs et résidents. Le site touristique peut être considéré aujourdhui comme un véritable laboratoire multiculturel qui absorbe les atouts culturels venant de lextérieur, renforce lidentité locale et contribue par là même à la diversité culturelle du monde. La devise retenue pour les 4es Sommets, due à lécrivain mexicain Octavio Paz, garde toute son importance : « Toute culture naît du mélange, de la rencontre, des chocs. A linverse, cest de lisolement que meurent les civilisations ». (Tableau 10)
Dialogue interculturel : Identité locale aux multiples atouts
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Nous avons en outre constaté que les richesses culturelles sont un potentiel certain pour un tourisme humain qui attire les visiteurs par les différences culturelles existantes. Du point de vue économique, il ne suffit pas de posséder des ressources culturelles. Il faut les revaloriser. Nous avons discuté sur la façon de créer du rêve pour attirer les visiteurs par limagination, le dessin, la promotion et la mise en scène de produits qui intègrent le génie local. Le tourisme est une fabrique à rêve, comme le montre la ville de Chamonix illuminée à la veille de la fête de Noël. (Tableau 11)
Les tables rondes à Chamonix-Mont-Blanc
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Les 4es Sommets du tourisme ont été le point culminant du cycle de conférences sur le développement durable dans le domaine du tourisme. Nous avons abordé les aspects immatériels, dans lesquels il faut chercher la motivation profonde des voyages. Le visiteur qui apprécie les trésors du passé et saisit les chances du monde multiculturel fait renaître une nouvelle culture touristique.
Lavenir des Sommets du tourisme
Nous avons atteint avec les 4es Sommets le stade de la maturité dans le cycle de conférences sur le développement durable du tourisme. Peut-on rajeunir le cycle de vie de cet événement annuel ? Nous le pensons ! Car il ne suffit pas danalyser tous les aspects de la durabilité touristique. Il faut réfléchir sur la façon de mettre en valeur ces principes dans un monde touristique soumis à des profonds changements structurels. (Tableau 12)
Le Comité scientifique des Sommets du tourisme vous propose de préparer lédition 2003 sur le thème « Gérer le changement : le partenariat public-privé, facteur clé de succès pour un développement durable ». Il ne faut pas oublier que le tourisme dépend fortement de biens publics tels que le paysage, les infrastructures, la stabilité sociale ou les musées. LEtat est donc un co-producteur touristique.
Les Sommets du tourisme 2003 : A la fin du cycle de vie ?
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Pourtant, à lui seul, il est incapable de valoriser ses biens sans le secteur opérationnel privé. Nous voulons donc partir à la recherche des formes optimales dinnovation et de coopération dans ce partenariat public-privé, composante indispensable à la société libérale à laquelle nous aspirons.
Le cycle de conférences : Sommets du tourisme Chamonix Mont-Blanc Genève
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