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Le Premier Sommet de
1999
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Le
concept
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La première conférence de 1999 est
consacrée à la dimension
écologique du développement
touristique durable. Le Tableau
3 illustre en détail le
déroulement projeté de la
conférence.
En ouverture, il conviendra de présenter
des visions des autorités responsables. Un
exposé d'ordre métaphysique
débouchera sur un événement.
Le premier jour de conférence, on entendra
des exposés sur l'état des lieux et
une analyse critique du concept du
développement durable. Dans les ateliers qui
suivront, les discussions seront consacrées
aux principaux aspects de la réflexion
critique sur le développement compatible
avec l'environnement. Deux tables rondes seront
axées sur les conséquences politiques
dans une optique mondiale et régionale. Et
la conférence s'achèvera par une
"Déclaration de Chamonix" qui s'adressera
à tous les responsables du
développement touristique durable.
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L'ouverture
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La première conférence doit se
pencher sur une série de questions
fondamentales liées au concept du
développement durable en matière
touristique. Il s'agit là, en partie, de
questions qui dépassent les
considérations quotidiennes. Elles sont
toutefois déterminantes pour appliquer le
concept du développement durable.
Au seuil du nouveau millénaire
L'ouverture de la conférence, au tournant
du millénaire et sous le symbole du
Mont-Blanc, doit thématiser le
développement durable dans une perspective
visionnaire. L'homme, avec ses besoins et ses
aspirations, doit être au centre de ces
visions. L'Organisation Mondiale du Tourisme (OMT)
prouve, dans sa vision " Tourisme 2020 " que la
demande pour le tourisme international est loin
d'être satisfaite. Il s'agira, à
l'avenir, de mettre à disposition des
conditions cadre qui permettent à la fois
l'encouragement du tourisme et la maîtrise de
ses externalités.
Il serait intéressant de voir comment la
première destination mondiale, le Pays
hôte de la conférence, envisage les
développements futurs du tourisme sous
l'aspect de la compatibilité
écologique.
Le spirituel et le magique de la
montagne
En guise d'entrée en matière, la
conférence discutera l'importance de la
nature pour le voyageur, notamment la question des
liens entre le voyageur et la nature. On peut
partir de l'idée que le vécu en
milieu naturel établit des liens entre
l'homme individuel et la création
(religere). Il sent qu'il est lui-même une
partie de la nature. Enfin, l'homme placé
devant la majesté des sites de haute
montagne pose des questions dernières. Cette
situation exceptionnelle confère une valeur
élevée à la nature comme aux
voyages et au tourisme.
L'interaction entre l'homme et la montagne
influence le développement
socio-économique. Mais l'homme crée
avec la technique de plus en plus une seconde
nature. Chamonix Mont-Blanc est un laboratoire
potentiel pour analyser et étudier ces
processus.
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La réflexion de
base
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Le défi écologique :
l'état des lieux
Une série d'exposés sera
l'occasion de rappeler les menaces
écologiques mondiales et locales et leurs
corollaires pour le développement
touristique. Il conviendra ici, autant que
possible, de projeter sur le développement
local des phénomènes globaux tels que
l'effet de serre. On doit aussi exposer à
quelles conditions la mise en valeur touristique
permet de préserver l'équilibre
écologique de l'espace alpin.
Prenant en compte les contraintes
écologiques, on abordera la question de
savoir si les nouvelles tendances dans le domaine
touristique - par exemple un nombre en hausse de
voyages plus courts ou lointains, ainsi que la mise
à contribution croissante des sites pour les
activités intensives de sports et de
détente - sont compatibles avec le
développement durable. Il faudrait y ajouter
des réflexions sur l'écobilan du
tourisme par rapport à d'autres
activités de loisirs et branches
économiques.
Le concept du développement durable :
l'analyse critique
La technique est devenue pour l'homme une
seconde nature. Le bien-être dans les pays
développés fait obstacle au retour
à la nature que prônait Rousseau. Dans
ces conditions, on se pose la question
philosophique de savoir ce que la nature
représente pour les humains. Il faut
également éclairer nos options sur le
genre de nature que nous voulons. Ces
interrogations d'ordre éthique sont
d'importance cruciale pour la vie des
générations à venir.
Depuis que l'homme s'est lancé dans le
cosmos, la planète Terre est devenue un
objet de gestion écologique. Une conviction
est apparue : on peut planifier et gérer les
cycles écologiques. Et pourtant, quels que
soient les sentiments humains d'omnipotence, le
souhait de diriger et de réaliser des
processus écologiques complexes se heurte
vite à des limites. Le délai requis
pour formuler un problème écologique,
le corriger, puis pour juger des résultats
obtenus, est souvent plus long que la
période de latence d'une crise
écologique. Il est malaisé de trouver
la relation optimale entre les coûts
croissants de l'expectative et les coûts
décroissants de l'erreur.
Plus particulièrement, les questions
relatives aux valeurs quantitatives et
quali-tatives d'une croissance écocompatible
restent sans réponse. Chaque intervention de
l'homme dans la nature génère un
potentiel modifié. L'économie
n'évolue pas par cycles. Et toute
activité économique fait
disparaître de précieuses ressources
de l'environnement naturel. On ne peut
démolir un meuble pour en refaire un arbre.
La loi de l'entropie crée à long
terme une contradiction irréductible entre
la survie économique et écologique de
l'homme. Il n'en importe pas moins, dans le
tourisme comme ailleurs, de sonder aujourd'hui les
voies pour parvenir au mieux à une
croissance et une plus-value, tout en
réduisant gaspillages et pollutions à
un minimum.
Dans quelle mesure peut-t-on mettre à
contribution l'environnement naturel et les sites
pour la croissance touristique future ? C'est une
question actuellement ouverte. Toujours plus, des
microcosmes techniques artificiels remplacent les
stations touristiques classiques. Ils font l'objet
d'une planification scientifique et d'une
production industrielle. Ces attractions
touristiques nouvelles ne dépendent plus des
espaces libres. Les ressources des paysages ne
jouent alors presque plus de rôle. En
revanche, ces machines à consommer exigent
beaucoup d'énergie.
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Le cas de l'Espace Mont
Blanc
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Un laboratoire pour le développement
durable
Depuis 1991, une " Conférence
Transfrontaliers Mont-Blanc (CTMB) " des Ministres
de l'Environnement de la France, de l'Italie et de
la Suisse a pour objectif d'établir pour la
région du Mont Blanc un concept de
valorisation active de la montagne allant de la
protection des milieux naturels et des paysages
à la promotion d'activités
socio-économiques dans le sens du
développement durable. De 1992 à
1997, un projet d'étude de
faisabilité n'a pas abouti. Des
collaborations régionales entre les trois
pays ont néanmoins permis d'obtenir certains
résultats positifs (balisage de chemins,
information, études sectorielles) ainsi
qu'une prise de conscience du problème. Or,
il faudra saisir à l'avenir les chances de
faire de l'Espace Mont-Blanc un véritable
laboratoire du développement durable.
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La gestion des
problèmes écologiques
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Ces questions fondamentales influencent la
gestion ou le management des problèmes
touristiques d'environnement. En se fondant sur
l'urgence et la portée du défi
écologique, on peut distinguer, en principe,
quatre domaines de mesures stratégiques
:
- la protection des régions
restées proches de leur état
naturel ;
- la remise en forme écologique des
centres touristiques existants ;
- la production écologiquement propre
par les prestataires touristiques ;
- la gestion des flux de visiteurs.
La nature : sauvegarder les derniers grands
espaces naturels
La progression irrésistible des
phénomènes de civilisation
réduit le nombre des régions peu ou
pas du tout exploitées.
Simultanément, la valeur économique
des derniers espaces restés naturels
s'accroît. Ce qu'il est convenu de nommer
l'écotourisme passe pour une branche de
croissance. On doit ici poser une ques-tion :
l'écotourisme est-il effectivement
écologique ? La problématique touche
au premier chef les pays en développement et
ceux qui émergent. Il s'agit toutefois aussi
de préserver les dernières zones
intouchées dans les espaces touristiques
à utilisation intensive.
Le site : recycler l'offre
touristique
La remise en forme écologique des centres
touristiques est un gros pro-blème qui doit
être résolu aux conditions de
concurrence sévères propres à
un marché mondial d'acheteurs. La plupart
des stations classiques de tourisme sont en passe
de revitaliser leurs structures. L'objectif est de
renforcer la compétitivité
internationale. Il convient dans le même
temps de maîtriser des problèmes
écologiques, notamment celui du trafic
routier et des stationnements. Cette double
tâche dépend de deux facteurs :
exploitation à un taux suffisant des
capacités installées et succès
économique.
L'industrie : imiter le cycle
écologique
La production écologiquement propre dans
les industries clés de l'offre est
déjà bien avancée.
L'hôtellerie internationale est toujours plus
capable de suivre au plus près les cycles
écologiques et de produire proprement. Le
secteur des remontées mécaniques
fonctionne généralement avec des
ressources renouvelables (énergie
hydraulique) et a résolu les
problèmes d'élimination des
déchets. Les milieux écologiques font
porter la critique sur l'enneigement technique et
l'industrialisation croissante de la gamme des
pistes offertes. L'aviation civile s'attache
à réduire la consommation de
kérosène et à combattre les
nuisances sonores. Les compagnies aériennes
les plus dynamiques souscrivent à une
gestion écologique ciblée.
L'événement : gérer les
flux de visiteurs
Les grandes manifestations touristiques posent
un problème croissant. Appliquant les
recettes du "event marketing", de nombreuses
destinations touristiques visent à obtenir
un meilleur taux d'utilisation de l'offre
existante. On ne dispose guère
d'écobilans pour de telles manifestations,
le succès économique constituant le
but premier. Mais, dans le domaine des Jeux
Olympiques et des expositions universelles
attribués selon des considérations
politiques, on note les efforts consentis pour
résoudre les problèmes
d'aménagement et de trafic liés aux
manifestations d'envergure.
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Les politiques
touristiques respectueuses de
l'environnement
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Les entreprises dépendant du tourisme et
les organisations touristiques sont aujourd'hui
conscientes de l'environnement dans de grandes
parties du monde. S'agissant de l'encouragement de
l'offre et de la demande, on tient compte des
préoccupations écologiques autant que
faire se peut.
Le monde : la mondialisation et le
développement durable du tourisme
Face à l'impact puissant des risques
écologiques à l'échelle
mondiale, la question se pose de savoir si ces
efforts ponctuels suffiront. Le tourisme
croît à un rythme exponentiel dans
diverses régions de la planète. La
Terre supporterait-elle que tous les hommes aient
un comportement touristique analogue à celui
de la popu-lation des pays occidentaux très
industrialisés ? Vu la mondialisation
croissante de la demande touristique, on doit
également s'interroger sur les conditions
cadres indispensables à un tourisme
international durable.
Il serait intéressant de savoir comment
les organisations touristiques internationales
jugent cette évolution. Sont-elles par
exemple favorables à un impôt sur les
carburants pour que le trafic aérien
internalise ses coûts écologiques ? Et
quelle est leur attitude au sujet de l'exploitation
touristique étendue aux derniers espaces
naturels encore disponibles ? De quels instruments
disposent-elles pour contribuer au
développement durable du monde ?.
La région : le développement
local et la politique de l'environnement de l'Arc
alpin
Les problèmes sont différents sur
les fronts locaux et régionaux. Le paradigme
de la compétitivité internationale
des destinations figure au premier plan dans les
régions touristiques classiques. D'où
la question : un niveau élevé de
protection écologique est-il un atout dans
la lutte concurrentielle mondiale ?
Pour appliquer le concept du
développement durable, la localité et
la région sont déterminantes. Elles
exécutent les lois et les directives des
gouvernements. La solution novatrice des
problèmes évoqués suppose que
l'on ait une marge de manuvre suffisante au
niveau local. La Convention des Alpes,
adoptée par les gouvernements centraux des
Etats, reconnaît l'importance de l'approche
décentra-lisée en fait de
décisions touristiques. Elle définit
pour l'espace alpin des normes spécifiques
de mise en valeur et de protection. Le recours
à cet instrument reste controversé
quant à sa nécessité et
à son utilité.
Des questions centrales du développement
durable dans le tourisme, comme la
régulation du trafic individuel ou la
délimitation contraignante de zones à
exploi-tation intensive et extensive, attendent
encore leur solution dans la majorité des
grands centres touristiques.
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La Déclaration
de Chamonix Mont-Blanc
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Par une Déclaration de Chamonix Mont
Blanc, les conclusions de la conférence
doivent être consignées sous forme de
recommandations en faveur du développement
durable. Les autorités de Chamonix ont la
volonté de consentir des efforts
considérables d'une conférence
à l'autre. Ainsi, la grande station de
Chamonix confirme qu'elle souhaite devenir un
véritable laboratoire du tourisme.
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