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Perspectives et limites d'une croissance touristique non productrice de déchets et de pollution : la croissance zéro est-elle réalisable ? Egon SMERAL - Economiste, Institut WIFO, Vienne, Autriche
Introduction
La demande touristique a une influence sur de nombreux biens et services ainsi que sur les ressources naturelles. Dans la plupart des cas, la satisfaction de la demande touristique et de la demande pour les activités de loisirs connexes met en jeu des facteurs environnementaux. En conséquence, la croissance quantitative de la demande touristique, les limites du potentiel des biens environnementaux, le caractère inflexible des structures de nos temps de loisirs et de travail et le système socio-économique dans son ensemble aboutissent à une pression excessive sur les biens environnementaux sollicités.
De nombreuses régions touristiques en Europe (Alpes, Méditerranée) sont déjà proches des limites de croissance quantitative au point que cela affecte l'état de leur environnement (Green, 1990 ; Mai, 1991 ; Romeril, 1989 ; Smeral, 1992 et 1994A). Cette situation est le résultat d'un sur-développement de l'offre à long terme dans certaines zones et de la forte concentration touristique dans certaines régions et à certaines saisons. La dépendance aux conditions climatiques de certaines activités extérieures spécifiques et les incidences de grands événements tels que les expositions internationales ou les Jeux Olympiques constituent d'autres facteurs qui pèsent sur l'environnement (Mai, 1995). Une autre des explications principales des dommages que le tourisme cause à l'environnement réside dans le fait que l'industrie du tourisme utilise les ressources publiques nécessaires à son développement à des prix réduits voire gratuitement car la société n'est pas encore prête à supporter l'ensemble des coûts externes des activités de loisirs. Les prix payés par le touriste sur le marché sont calculés sur la base des coûts internes ou privés engagés par les entreprises lorsqu'elles utilisent leurs propres facteurs de production pour la réalisation de leurs biens. (Smeral, 1994A et 1994C). Des distorsions apparaissent lorsque coûts privés et coûts sociaux ne sont pas identiques, comme c'est le cas avec la pollution, la surpopulation ou les dommages causés à la nature par les activités de production ou de consommation (Neher, 1990) : ces coûts externes ne sont pas supportés par les acteurs du marché, mais par d'autres consommateurs ou producteurs, le système de prix n'étant pas en mesure de coordonner les différentes influences avec l'efficacité de Pareto.
En vertu du principe ("les pollueurs doivent payer"), une manière de rectifier les insuffisances du marché résultant de La divergence entre coûts privés et coûts sociaux serait de faire payer des droits ou taxes. Dans la littérature sur le sujet, ce concept est appelé taxe Pigou. Pigou comme beaucoup d'autres économistes voyait dans l'existence d'incidences externes une raison d'intervention du gouvernement pour internaliser les coûts sociaux (Pigou, 1923).
Une tension excessive sur la demande d'une ressource naturelle sur une grande période de l'année, liée à de mauvaises politiques de prix, entraîne une baisse de la qualité (y compris au niveau de La valeur du séjour pour le consommateur) du bien environnemental et pourrait même - dans des cas extrêmes - conduire à sa destruction. A moins qu'une action ne soit entreprise pour internaliser ces incidences externes négatives, les insuffisances du marché pourraient être à l'origine d'une détérioration de l'environnement (Smeral, 1994B).
La perception d'un droit d'entrée - reflétant au moins en partie les véritables coûts sociaux - permettrait de réduire la demande dans une zone menacée et aiderait au maintien de la qualité de l'environnement - ou pourrait même le cas échéant prévenir sa destruction.
Les travaux de Ronald Coase peuvent être interprétés comme une réponse à A.C. Pigou (Coase, 1960). R. Coase, membre de l'Eco le de Chicago, a voulu démontrer que l'existence d'incidences externes ne nécessitait pas nécessairement l'intervention du gouvernement, les acteurs du marché étant en mesure de trouver eux-mêmes des solutions adaptées.
Les limites de la croissance quantitative
La réponse à la question centrale des perspectives d'une croissance touristique non productrice de déchets et de pollution est étroitement liée à la durabilité du développement touristique.
Le développement durable doit intégrer la durabilité environnementale, sociale, culturelle et économique et utiliser ces quatre dimensions pour que le développement atteigne un caractère durable (Goodland, 1997). Le concept de durabilité apparaît alors comme un terme générique qui englobe plusieurs réalités et place l'environnement naturel et sa protection en position centrale.
Le développement durable, qui représente avant tout la version actuelle de concepts connus sous le nom de limites de la croissance (Meadows et al., 1972), équilibre des matières (Ayres - Kneese, 1989), et tout ce qui est petit est beau (Schumacher, 1973), est devenu un objectif que les économies mondiales doivent s'efforcer d'atteindre. La durabilité est perçue comme un aspect fondamental de l'idéologie du nouvel ordre mondial et de toutes les tendances qui lui sont associées.
Diverses définitions ont été proposées pour expliquer le développement durable et la confusion qui domine à l'heure actuelle n'est pas surprenante. Ainsi (d'après la Déclaration de Rio de 1992), le développement durable constitue un ensemble de principes pour des actions et accords en faveur de l'environnement, dans lesquels la biodiversité, les changements climatiques, la gestion et la conservation des forêts occupent une place prédominante (Sinclair - Stabler, 1998).
L'essence du développement durable est de gérer les économies du monde afin d'aboutir à une équité intra- et intergénérationnelle. Ceci signifie que les besoins actuels doivent être satisfaits sans compromettre la capacité de répondre aux besoins futurs. Il existe cependant deux interprétations principales divergentes du développement durable :
L'approche faible du développement durable admet que tant que le stock global de capital, c'est-à-dire, l'environnement naturel plus les ressources produites par l'homme, n'est pas épuisé dans sa totalité, le remplacement du second par le premier est acceptable. Ceci implique que l'environnement naturel peut subir des dégradations. L'approche forte s'oppose à ce fait en soulignant qu'aucune substitution ne doit être permise. Enfin, l'approche extrême va plus loin en soutenant que les dégradations actuelles sont déjà inacceptables et que des mesures devraient être prises pour améliorer la qualité de l'environnement.
Le développement durable est un concept très particulier. Il est possible d'imaginer différents types de durabilité, par exemple l'agriculture durable, les villes durables, les systèmes écologiques durables et le tourisme durable. Tous sont des variantes sectorielles de la durabilité, qui est l'habilité de différents systèmes à s'auto- perpétuer dans le très long terme. Ceci n'implique pas nécessairement que le système soit immuable car à très long terme les changements sont inévitables.
Dans le domaine du tourisme, la durabilité devrait être la pierre angulaire du développement, puisque l'environnement naturel y constitue la base principale des ressources premières. Il apparaît cependant clairement que dans les pays développés, les acteurs du tourisme, comme ceux d'autres secteurs commerciaux, préfèrent interpréter le terme de développement durable au sens faible. Ceci implique une détérioration constante des ressources naturelles.
La plupart des acteurs du tourisme comprennent par tourisme durable, "tourisme viable" au sens commercial du terme, c'est-à-dire que les sociétés doivent être rentables et survivre. Cette attitude et cette approche du tourisme durable tendent à être renforcées par les gouvernements centraux et locaux et les organisations touristiques, qui voient souvent le tourisme comme un moyen de diversifier et de développer leurs économies et d'augmenter leurs recettes.
Être perçu comme écologiste est favorable à l'image d'une société et peut amener des opportunités commerciales susceptibles d'accroître la demande. De fait, les entreprises ont repris les préoccupations des consommateurs selon lesquelles le tourisme doit être soucieux de l'environnement et ont transformé ces préoccupations en avantage commercial par la promotion de vacances vertes et écologiques. Dans cette industrie, l'exploitation touristique de zones protégées et d'étendues sauvages immaculées est un des secteurs qui croît le plus rapidement. A cet égard, les émissions des avions à réaction sont devenues un problème important dans le segment de l'écotourisme (Mowforth - Munt, 1998).
Étant donné qu'aucune définition de la durabilité n'est réellement satisfaisante et n'englobe toutes les réalités, l'approche la plus fréquemment retenue consiste à examiner et à évaluer les activités touristiques en fonction de leur degré de satisfaction ou de non- satisfaction à un certain nombre de critères de durabilité.
Il existe fondamentalement quatre dimensions différentes de la durabilité : les perspectives écologiques, sociales, culturelles et économiques.La dimension écologique s'attache principalement à éviter ou minimiser les incidences néfastes des activités touristiques sur l'environnement. Le calcul de la capacité de charge écologique est une méthode importante d'évaluation des incidences sur l'environnement et la durabilité. Dans la plupart des cas, la capacité écologique est clairement plus faible que la capacité physique. La capacité physique est déterminée par l'espace disponible, la forme du paysage et la capacité de charge de la terre (Williams, 1994 ; Saleem, 1994).
Si nous prenons d'un autre côté la capacité de charge écologique d'une zone spécifique, la croissance touristique quantitative (à savoir davantage de visiteurs) pourrait être considérée comme un développement économique durable aussi longtemps que le développement touristique ne dépasse pas les limites écologiques et en particulier les capacités d'assimilation de l'environnement.
La durabilité sociale se réfère à la capacité d'une communauté, locale ou nationale, à absorber les entrées, telles que la présence de personnes supplémentaires, sur des périodes courtes ou longues et de continuer à fonctionner en évitant les conflits sociaux pouvant résulter de ces entrées ou en adaptant ses fonctions et ses relations pour faire en sorte que les conflits soit atténués ou minimisés.
Une des sources de conflit les plus importantes peut apparaître avec l'accroissement des différences entre les bénéficiaires du tourisme et ceux que ce dernier marginalise, ou avec la création de ghettos géographiques, par les touristes eux-mêmes ou par les exclus du tourisme. Si on accepte la prémisse que le tourisme crée une division sociale intrinsèquement fausse et fabriquée entre celui qui sert et celui qui est servi en premier lieu, il est bien sûr inévitable que tout développement touristique crée une telle division. Les outils de la durabilité tels que le calcul de la capacité de charge, les études d'impact sur l'environnement et les indicateurs de durabilité, visent à minimiser les effets de ces divisions jusqu'au point où il est possible de les accepter. Dans ce sens, il a souvent été suggéré que la capacité de charge sociale devait être calculée.
Quant à la durabilité culturelle, la société peut être en mesure de continuer à fonctionner dans l'harmonie sociale en dépit des changements amenés par certaines nouvelles entrées comme le tourisme. Mais les relations au sein de cette société, les modes d'interaction, les modes de vie, les coutumes et traditions sont tous voués à se modifier avec l'arrivée de visiteurs ayant des habitudes, des styles, des coutumes et modes d'échange différents. Même si la société survit, sa culture peut être altérée de manière irréversible.
La culture bien sûr est une fonction dynamique de la vie humaine tout comme la société et l'économie; ainsi, le processus d'adaptation et de changement culturel n'est pas perçu par tous et dans tous les cas comme négatif. Mais la durabilité culturelle se réfère à la capacité des peuples à conserver ou à adapter des éléments de leur culture qui les distinguent des autres peuples.
Les influences culturelles même de la part d'un nombre réduit de touristes sont inévitables et peuvent être insidieuses: mais contrôler les effets les plus nuisibles, inciter les visiteurs à se comporter de manière responsable et prévenir les distorsions dans la culture locale sont autant d'éléments qui peuvent être considérés comme essentiels pour le tourisme durable. Les impacts culturels sont plus facilement visibles sur le long terme et sont ainsi plus difficiles à mesurer, bien que la destruction culturelle de nombreuses communautés locales soit bien connue de tous.
La durabilité économique est une condition non moins importante que toutes les autres dans tout développement touristique. La durabilité en ces termes se réfère à un bénéfice économique provenant de l'activité; ce bénéfice suffit à la fois à couvrir le coût de toute mesure particulière prise pour satisfaire les touristes et à atténuer les effets de la présence des touristes ou bien alors à offrir un revenu proportionnel à la gêne subie par la communauté locale visitée - sans déroger à aucune des autres conditions - ou bien les deux.
Idéalement, les quantités autorisées / réalisées de toutes les dimensions de la durabilité sont équivalentes, et si l'une d'entre elles était plus faible, elle agirait alors comme une contrainte quantitative sur toutes les autres. Dans la plupart des cas, la capacité de charge écologique et en particulier la capacité d'assimilation de l'environnement, limite la croissance quantitative. Une fois que la croissance cette dernière a atteint la limite à partir de laquelle l'environnement commence à être dégradé par une charge excessive, seules des politiques durables qui prennent en compte les limites écologiques sont en mesure de stimuler le développement économique.
Si l'on veut résumer les effets d'activités touristiques, telles que les séjours dans des sites naturels (par exemple, un centre de vacances au bord d'un lac), on peut prendre l'exemple suivant (Smeral, 1994B et 1996) :
La courbe de la demande D représente également la courbe de bénéfice marginal MB (D=MB). Elle nous indique combien les consommateurs apprécient différents aspects du séjour. La courbe MPC mesure le coût privé marginal de la production du service. Le centre de vacances se trouve au bout d'une longue vallée qui ne peut être atteinte qu'en voiture par une route à une seule voie qui traverse des villages, créant ainsi des coûts externes liés aux encombrements et à la pollution de l'environnement (bruit, odeur). En outre, la décision d'une seule personne d'utiliser la route impose aux autres des coûts d'encombrement. Quand tous les coûts externes sont ajoutés aux coûts privés, nous obtenons les coûts sociaux marginaux supportés par le lieu de séjour visité.
Supposons que le marché pour la visite du lieu de séjour au bord du lac soit compétitif et non régulé. On mesurera les coûts privés marginaux en fonction du bénéfice marginal (c'est-à-dire, Q0 visites par jour à un prix moyen P0 : P0 serait un droit d'entrée qui comprendrait le stationnement et l'utilisation des infrastructures). A ce niveau de visites, un nombre important de coûts externes sera engendré. Les coûts marginaux sont SC0.
Supposons que le gouvernement local applique une taxe égale aux coûts sociaux marginaux externes. En imposant cette taxe, le gouvernement élève les coûts privés marginaux - les coûts privés marginaux initiaux plus la taxe - au niveau des coûts sociaux marginaux.
La courbe MSC est maintenant la courbe de coût marginal pertinente pour chaque décision des visiteurs, un visiteur engendrant un coût marginal de visite égal à ses coûts sociaux marginaux. La courbe du marché de l'offre se décale vers le haut pour devenir la courbe MSC. Le prix s'élève à P1 et le nombre de visites par jour tombe à Q1. En d'autres termes, le niveau d'activité de l'optimum social est moins élevé que celui de l'optimum privé. Le coût marginal des ressources utilisées dans la production de services pour Q1 visites est C1, mais le coût externe marginal généré est P1 moins C1. La situation dépeinte à un prix P1 et à Q1 visites est profitable avec cette répartition : les coûts externes ont été internalisés et les insuffisances du marché ont disparu grâce aux réglementations du gouvernement.
La situation décrite ci-dessus peut être interprétée comme durable si l'optimum social Q1 est identique à l'optimum écologique. Pour une capacité d'assimilation de l'environnement plus faible (c'est-à-dire au niveau de C1), le niveau d'activité Q2 reflète l'optimum écologique ainsi que les perspectives pour le développement durable. Dans ce cas, la capacité de charge écologique limite la croissance quantitative du tourisme et ceci même si les limites sociales autorisaient un potentiel plus élevé pour la croissance quantitative. Des niveaux d'activité supérieurs à Q2 conduiraient à la dégradation de l'environnement.
La croissance zéro est-elle réalisable ?On peut répondre à la question "la croissance zéro est-elle réalisable ?" en examinant les options non-quantitatives disponibles pour conserver au moins la part de marché en termes financiers dans un contexte macro- économique dynamique lorsque les limites quantitatives d'une zone touristique donnée ont déjà été atteintes.
Ou en d'autres termes, jusqu'à quel point et dans quelle mesure le tourisme peut-il contribuer à la croissance des recettes de la région lorsque le potentiel d'expansion quantitative d'une région donnée a déjà été exploité en termes de durabilité, c'est-à-dire lorsque le nombre d'arrivées, les durées de séjour et la répartition géographique et saisonnière ont déjà été optimisées, comme l'ont été les mesures concernant le trafic, les aspects techniques et organisationnels.
Ce qu'il reste ensuite, ce sont des mesures pour améliorer la qualité de l'offre, de manière à attirer des touristes ayant un pouvoir d'achat supérieur pour chaque nuit passée sur place. Un important facteur de hausse de la qualité réside dans une meilleure différenciation des produits. Cette stratégie est cependant limitée, car un accroissement des offres d'activités (à un même nombre de touristes), a des répercussions sur l'environnement et pourrait en retour provoquer une baisse de la capacité de charge quantitative de la région. L'idée de maintenir à un niveau constant l'impact environnemental de l'offre d'activités de loisirs et de modifier uniquement la structure de l'offre dans le but d'attirer des touristes ayant un pouvoir d'achat supérieur, a elle aussi ses limites. Une de ces limites est qu'un accroissement annuel des dépenses par nuitée nécessite, au moins à long terme, une plus large différenciation des produits puisque les touristes demanderont un niveau de qualité supérieur. Une autre de ces limites est que dans la pratique actuelle, la structure ne peut être modifiée de manière stable, car le caractère particulier de la zone ou région limite la gamme d'activités réalisables. Les coûts d'adaptation élevés doivent également être pris en compte.
En outre, la différenciation des produits, les améliorations des infra- et superstructures et une qualité de service plus élevée nécessite en règle générale une main-d'uvre plus nombreuse et mieux qualifiée, qui une fois encore a un impact sur l'environnement à long terme, puisque des difficultés apparaîtront et la main-d'uvre qualifiée devra être importée.
D'un autre côté, le potentiel de développement d'une zone donnée telle que décrit ci-dessus pourrait également être influencé par l'étape atteinte une fois parvenu aux limites quantitatives, car des niveaux de développement plus faibles pourraient être propices à un potentiel de croissance des recettes plus élevé (Smeral, 1999).
En outre, lorsque le développement est (temporairement) limité en termes de croissance de la valeur ajoutée par le biais de stratégies orientées vers la qualité, apparaissent des problèmes pour contrôler physiquement ou financièrement le nombre de touristes, ce qui sera probablement source d'inefficacité et d'iniquité.
Les économies d'échelle résultant de la fourniture de transports, logements, équipements et services pourraient être perdues du côté de l'offre, de telle sorte que des groupes aux revenus plus faibles pourraient se voir exclus du marché en raison de leurs prix trop élevés. De plus, les personnes travaillant dans le secteur du tourisme dans les communautés hôtes pourraient souffrir si le niveau d'activités est réduit. D'autres facteurs pourraient également engendrer des coûts considérables, on peut par exemple se demander comment mettre en application les instruments de contrôle nécessaires et même si ces instruments sont réellement rentables.
Conclusion
La réponse à la question centrale des perspectives d'une croissance touristique non polluante est étroitement liée au problème du développement touristique durable. Dans le tourisme, la durabilité devrait être la pierre angulaire de tout développement, puisque l'environnement naturel constitue la base principale de ses ressources premières.
Étant donné qu'aucune des définitions de la durabilité n'est réellement satisfaisante et n'englobe toutes les réalités, l'approche la plus fréquemment adoptée est de considérer et d'évaluer les activités touristiques selon leur degré de satisfaction à un certain nombre de critères de durabilité : les perspectives écologiques, sociales, culturelles et économiques.
Idéalement, les quantités autorisées / réalisées de toutes les dimensions de la durabilité sont équivalentes, et si l'une d'entre elles était plus faible, elle agirait alors comme une contrainte quantitative sur toutes les autres. Dans la plupart des cas, la capacité de charge écologique, et en particulier la capacité d'assimilation de l'environnement, limite la croissance quantitative. Lorsque les limites de croissance quantitative sont atteintes, l'environnement commence à se dégrader. Bien qu'il y ait des opportunités de croissance de la valeur ajoutée par le biais de stratégies orientées vers la qualité, une fois les limites de croissance quantitative atteintes, ces stratégies ont un impact zéro sur l'environnement dans certaines conditions seulement, de sorte que le potentiel de croissance de la valeur ajoutée à des limites quantitatives d'expansion données est limité. Si le potentiel d'expansion qualitative est épuisé sans réduire les limites quantitatives, on assistera à un déclin économique de la région touristique, conduit par les migrations et par des inconvénients liés aux coûts et à la qualité.
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