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Bilan critique du tourisme à Chamonix (1950-1999)
Une réflexion sur l'évaluation de la durabilité du développementBernard DEBARBIEUX - Directeur du Laboratoire de la Montagne Alpine - TEO, Université Joseph Fourier, Grenoble
avec la collaboration de Françoise GERBAUX, CERAT, Grenoble
Chamonix est une des plus grandes stations touristiques de montagne du monde, la plus grande peut-être. On y évalue le nombre de nuitées à plus de 4 millions par an. Ce résultat est le produit de plusieurs décennies d'une croissance soutenue qui a pris des formes diverses et complémentaires :
- croissance démographique, la population communale recensée ayant globalement doublé entre le milieu des années 1940 et le dernier recensement de population (un peu plus de 10000 habitants en 1999) ;
- croissance du nombre de logements ensuite, d'autant plus spectaculaire qu'elle a donné lieu à des paysages urbains très hétérogènes et qu'elle a surtout été alimentée par celle des résidences secondaires. le nombre des lits touristiques recensés est passé de 7 000 en 1942 à près de 65 000 (dont 64% de résidences secondaires environ) en 1999 ;
- croissance du parc et de la puissance des remontées mécaniques.
Et ces diverses évolutions ont souvent été payées au prix fort: abandon de l'activité agricole, particulièrement difficile il est vrai dans le contexte chamoniard ; diminution spectaculaire des terres agricoles ; urbanisation presque complète du fond de vallée et transformations nombreuses de l'environnement naturel.
Ces quelques indicateurs suffisent à désigner Chamonix comme un des sites alpins dont la croissance touristique a été des plus fortes en quantité et, sans doute, des plus discutables en qualité. Pour cette raison, Chamonix n'apparaît pas a priori comme un lieu exemplaire de la mise en uvre des principes du développement durable.
Pourtant, un ensemble d'évolutions perceptibles depuis une dizaine d'années rend le cas chamoniard digne d'intérêt pour une réflexion de cette nature. A condition de traiter le développement durable comme une idée et comme un processus culturel et politique et non pas seulement comme une modalité concrète de développement soucieuse de la conservation des ressources naturelles.
En effet, la pertinence de la notion de développement durable dans le contexte chamoniard tient à sa capacité de rendre compte de trois types d'évolution :
- l'évolution des représentations sociales que les habitants se donnent des ressources de la vallée et de leur valorisation sur le long terme
- l'évolution des façons de concevoir l'intervention des partenaires privés et des acteurs publics
- l'évolution du débat public sur l'aménagement de la vallée et la conservation des ressources
C'est de ce triple point de vue qu'il est intéressant et légitime d'interroger le cas chamoniard en matière de développement durable.
Une idée qui fait son chemin
Du début de ce siècle jusqu'au milieu des années 1970, Chamonix apparaît comme une station soumise de façon récurrente aux vertiges de la croissance. L'arrivée du chemin de fer en 1901 confère à cette station déjà célèbre mais de taille modeste une excellente accessibilité. Celle-ci suscite les premiers équipements touristiques lourds en montagne (parmi lesquels le chemin de fer du Montenvers) et une première crise de croissance immobilière. L'organisation de la semaine olympique de février 1924 a des effets similaires notamment dans le domaine des équipements sportifs.
Enfin, une période de croissance soutenue s'ouvre dans l'après-guerre, s'accélère avec l'ouverture du tunnel sous le Mont Blanc et se prolonge jusqu'au milieu des années 1970. Hormis quelques ruptures de croissance relativement éphémères (guerres mondiales et crise des années 1930), Chamonix a vécu sur le rythme de la croissance touristique pendant l'essentiel du XXème siècle.
Sur l'ensemble de cette période, on a affaire à un développement de type moderniste et capitalistique et non patrimonial. En effet, le développement est principalement conçu en fonction de la rentabilité du capital investi, qu'elle soit le fait des familles locales qui contrôlent largement la croissance immobilière ou de partenaires extérieurs qui organisent la construction des remontées mécaniques et l'aménagement des domaines skiables d'altitude. Par ailleurs, ce développement est fortement animé par l'idée qu'il est porteur de modernité: modernité technique des remontées mécaniques dont beaucoup apparaissent très audacieuses au moment de leur construction, modernité architecturale de plusieurs ensembles de bâtiments, modernité sociale et économique qui s'exprime dans le désintérêt pour les formes de l'économie traditionnelle (agriculture et pastoralisme essentiellement) et par une forte et précoce adhésion à des modèles de comportement typiquement urbain, dans le domaine des pratiques sportives notamment.
Dans ce contexte, la croissance se fait essentiellement par mise en conformité des ressources locales qu'elles soient naturelles (paysage, ressources naturelles) ou culturelles (paysage encore, héritages, savoir- faire, etc.) aux besoins réels ou présumés de la clientèle touristique : il en est ainsi :
- de la topographie, avec par exemple les corrections topographiques réalisées pour permettre la pratique du ski. l'aménagement des pentes en fonction de la pratique du ski apparaît d'autant plus essentielle que durant des décennies le site de Chamonix apparaît inadapté (trop pentu notamment) à la pratique du ski alpin ;
- de l'hydrographie, avec par exemple les corrections des cours d'eau réalisées pour permettre l'urbanisation des berges ;
- du patrimoine bâti, avec par exemple la transformation radicale des bâtiments existants ou leur substitution au bénéfice de bâtiments modernes.
A l'inverse, toutes les mesures, généralement imposées de l'extérieur, visant à restreindre la liberté d'intervention sur ces ressources furent ressenties comme autant de contraintes illégitimes. C'est pour cette raison que plusieurs mesures de protection du paysage et du milieu naturel, notamment le classement du massif du mont Blanc dans les années 1950, ont été à l'origine de conflits politiques et institutionnels remarquables et significatifs.
Toutefois, entre le milieu des années 1970 et le début des années 1980, peut-être en réaction aux effets des politiques conduites antérieurement, un premier infléchissement des sensibilités locales se manifeste. Il s'exprime de façon quasi-simultanée par :
- un retournement électoral qui conduit au remplacement en 1977 d'une municipalité (M. Herzog) connue pour ses ambitions en matière de croissance tout azimut par une municipalité (Ch. Couttet) élue sur un programme préconisant un net ralentissement des aménagements touristiques;
- l'arrêt pur et simple d'opérations d'urbanisme très ambitieuses et l'adoption d'un plan (Plan d'Occupation des Sols) très restrictif;
- la création, à l'initiative de Chamoniards, d'une vaste réserve naturelle (Les Aiguilles Rouges) sur une des dernières parties de la vallée qui restait libre d'aménagements et de mesures de protection inspirées de l'extérieur.
Plus récemment, cette évolution des sensibilités et de l'action politique s'est confirmée à plusieurs occasions et dans plusieurs domaines. Elle peut s'interpréter de plusieurs manières et de plusieurs points de vue à la fois :
- A l'instar de ce qui se produit dans l'ensemble des sociétés occidentales, la population locale manifeste une importance croissante pour une qualité de la vie qui, selon elle, aurait été altérée par les conditions de la croissance des décennies antérieures. En effet, de multiples manifestations d'hostilité à l'égard de certains aménagements lourds, du mercantilisme affiché par certains entrepreneurs, des nuisances engendrées par certains équipements se sont faites jour. C'est notamment le cas de l'autoroute de desserte du tunnel du Mont Blanc, perçue à l'origine comme une extraordinaire opportunité de désenclavement, perçue désormais comme une source de pollution atmosphérique et sonore en raison du trafic de camions qu'elle supporte.
- Les responsables locaux ont progressivement pris conscience des limites du modèle de croissance touristique adopté antérieurement. Cette prise de conscience résulte il est vrai en premier lieu de la saturation du site et de la rareté des possibilités d'extension tant pour l'urbanisation de fond de vallée que pour l'équipement des versants. Mais elle est également intervenue à la faveur d'une évaluation nouvelle des ressources naturelles. En effet, ces dernières sont progressivement apparues comme étant menacées par la dégradation des paysages et du milieu naturel alors que leur caractère exceptionnel semblait une garantie éternelle de prospérité économique. Par ailleurs, une succession de catastrophes (inondations causées par le débordement de l'Arve en juillet 1996, avalanche meurtrière au hameau de Montroc en février 1999, incendie du Tunnel du Mont Blanc en avril 1999) a souligné que le système touristique et la société locale pouvaient être dangereusement affectés par le dérèglement des processus naturels ou anthropiques, même quand ceux-ci ne trouvaient pas leur cause dans la croissance touristique elle-même.
- Bien que de nombreux entrepreneurs continuent de croire dans une croissance facile avec un retour sur investissement rapide et fructueux, beaucoup notamment parmi les plus importants ont manifesté le choix de miser sur l'amélioration de la qualité des services offerts. Cette évolution est notamment sensible pour quelques unes des principales sociétés de remontées mécaniques qui font des investissements remarquables dans ce domaine alors même que les possibilités d'extension des domaines skiables et d'augmentation des capacités semblent extrêmement restreintes.
L'évolution des sensibilités convergentes chez des acteurs différents peut être prise comme le signe de l'obsolescence d'un modèle de croissance fondé sur une exploitation intensive et à court terme des ressources locales et comme l'amorce d'une réflexion sur la plus longue durée qui rappelle un des fondements de la notion de développement durable. S'agissant d'un réflexion largement initiée par la population locale, on peut également y voir un signe supplémentaire d'infléchissement: on sait bien en effet que l'idée de développement durable a d'autant plus de chance d'être traduite en actions concrètes et durables que la population locale est elle-même porteuse de cette idée.
Se doter des moyens de comprendre et d'agir collectivement
Au delà de la prise de conscience perceptible chez de nombreux acteurs du système touristique local, un ensemble de décisions semble témoigner d'une concrétisation dans l'organisation de la vie publique de ces nouvelles représentations. On peut citer notamment :
- La création d'un observatoire touristique local destiné à mesurer autant que faire se peut l'évolution du patrimoine immobilier susceptible d'héberger des vacanciers et l'évolution de la fréquentation elle-même. Même si les compétences et les moyens qui sont les siens sont modestes, cet observatoire témoigne d'une volonté de produire une information utile à la conduite des affaires communes.
- L'adoption d'un plan de circulation qui s'efforce de détourner les flux et le stationnement automobiles en périphérie et de rendre plus confortable la promenade à pied et la déambulation en station.
- Le montage d'un "projet-station" : il s'agit d'une opération de mobilisation de l'ensemble des partenaires locaux du système touristique dans une réflexion analytique et stratégique sur le tourisme chamoniard. La partie analytique de cette réflexion a permis de procéder à un bilan de la fréquentation, peu après qu'un léger tassement de cette fréquentation (1992 à 1994) ait alerté les professionnels. La partie prospective visait à susciter la définition et l'adoption d'une stratégie d'amélioration des produits et de la communication touristiques d'une part, de la concertation et de la prise de décision locale d'autre part.
- La commande d'une étude de bilan critique de cinq décennies de développement touristique: cette commande peut être conçue à la fois comme le pendant et le complément de l'auto-évaluation à laquelle se sont prêtés les Chamoniards à l'occasion du projet-station. En effet, la commande a été passée auprès d'une équipe de chercheurs grenoblois (membre du Lama- TEO - Université Joseph Fourier et CNRS - et du CERAT - Université Pierre Mendés France, CNRS et Institut d'Études Politiques). Par la mobilisation de partenaires extérieurs, le bilan critique du tourisme à Chamonix pouvait être étayé par des analyses reposant sur une comparaison avec d'autres systèmes touristiques alors que la projet- station devait s'ancrer sur une réflexion critique en interne. En outre, intervenant trois années après le lancement du projet-station, ce bilan critique pouvait procéder à une première évaluation de ce processus endogène.
Les grandes lignes du bilan critique
La méthodologie de travail retenue pour ce bilan critique a été construite en toute indépendance vis à vis du commanditaire.
Ce dernier a certes rendu possible le travail en mettant à disposition des chercheurs l'information nécessaire et en permettant aux enquêteurs de rencontrer, longuement s'il le fallait, élus et techniciens. Mais il n'est jamais intervenu sur les protocoles d'étude et les cadres généraux de réflexion qui ont guidé ce travail.
Dès lors, ce travail d'évaluation critique a été conçu conformément à l'acception de la notion de développement durable qui a été adoptée depuis le début de ce texte. Cela signifie concrètement que la durabilité du développement touristique de Chamonix n'est pas jaugée au seul vu de ses performances écologiques comme le suggère une conception très étroite de la notion. Certes, il est possible de diagnostiquer un ensemble de dysfonctionnements du système touristique qui en altèrent la qualité environnementale. Ces aspects ont été ou seront étudiés. Ils seront évoqués ultérieurement dans ce texte. Mais l'ambition de cette étude était de rechercher plutôt du côté des représentations sociales et des modalités d'organisation locale de la gestion et de la décision touristique les bases et les limites d'une conception durable du développement touristique local.
Pour cette raison, cette étude a fait la part belle aux entretiens avec des habitants composant un échantillon représentatif de la population communale d'une part, avec un ensemble de personnalités dont il apparaît qu'elles jouent un rôle majeur dans la prise de décision d'autre part. Cette partie du travail a permis de faire ressortir quelques points importants qui ne sont pas exempts de contradictions :
- La population locale manifeste clairement ses attentes en matière de qualité de vie. Mais ces attentes diffèrent selon que l'on fait primer la garantie des revenus économiques ou la qualité du cadre de vie. Or dans le contexte chamoniard, ces deux objectifs apparaissent de mois en moins aisément conciliables, la croissance touristique étant devenue facteur de nuisances clairement ressenties et identifiées par la population (coût de la vie, trafic automobile, signes d'anomie sociale). En outre, ces objectifs sont formulés de façon préférentielle par des ressortissants de deux populations promptes à se différencier l'une de l'autre dans les discours : les "vrais" Chamoniards, descendants de "vieilles familles", qui revendiquent un cadre de vie de qualité et les "nouveaux habitants" dont beaucoup se disent prêts à supporter les inconvénients de la fréquentation touristique pour bénéficier de ses avantages économiques. Par conséquent, on peut penser que si l'importance croissante attachée à la qualité de la vie par les habitants de la vallée est potentiellement un gage de prise en compte de la qualité de l'environnement social et naturel des Chamoniards et donc des touristes, elle est aussi porteuse de tensions internes à la société locale compte tenu de la diversité des façons d'en concevoir les facteurs principaux.
- Les limites d'une croissance reposant sur une augmentation des effectifs touristiques et les limites d'une gestion totalement individualiste de l'activité touristique sont désormais bien perçues par les décideurs. Cette évolution des sensibilités se manifeste aussi bien dans le contenu des réunions publiques organisées dans le cadre du "projet- station" qu'au travers de certaines décisions, notamment celles relatives à la modernisation de la taxe de séjour (système de la "carte d'hôte") et celles qui concernent le capital des sociétés de remontées mécaniques. Cette évolution est également perceptible dans la quasi disparition des controverses du type "aménagement versus protection" qui avaient ponctué le débat public durant les dernières décennies.
- Mais l'aptitude des habitants à concevoir et des décideurs à promouvoir une alternative en matière de développement est limitée par plusieurs facteurs défavorables. On peut en citer trois à titre d'illustration, le premier pris parmi les processus dotés d'une inertie certaine (1), le deuxième du côté des effets induits par la structure des représentations sociales (2), le troisième dans le domaine des effets pervers de ce qu'il est possible d'appeler un relatif activisme des pouvoirs publics (3) :
1) malgré une indéniable volonté de ralentir le rythme des constructions, la municipalité chamoniarde est confrontée à la nécessité d'autoriser certaines constructions tantôt pour respecter des engagements contractuels signés en d'autres temps, tantôt pour tenir compte d'un habitus socio-économique qui veut que la vente foncière et la construction immobilière servent de source de revenu aux habitants ou de moyen de garantir aux enfants d'une génération la propriété de leur propre chalet.
2) L'importance attachée par de nombreux habitants à la qualité du cadre de vie a encouragé la dénonciation des nuisances occasionnées par le trafic de transit du tunnel du Mont-Blanc, d'autant qu'il apparaît comme un trafic essentiellement exogène et qu'il est admis qu'il génère très peu de retombées économiques. A tel point qu'en cours d'enquête ce trafic est très fréquemment associé à la dénonciation de la pollution sonore et atmosphérique dans la vallée. Or, s'il est indéniable que ce trafic génère des nuisances objectives, il n'est pas moins vrai que d'autres formes de pollution, suscitées elles par la configuration des lieux et des pratiques sociales répandues et considérées comme légitimes (déplacement en véhicule individuel, chauffage au bois, etc.) existent aussi. Mais ces pratiques et leurs effets, sans doute mal évalués, semblent totalement oblitérés par la dénonciation de la seule pollution exogène, celle du trafic transalpin.
3) Une des principales originalités de Chamonix est d'être à la fois ville, station touristique et lieu de villégiature. Les affaires publiques devraient donc faire l'objet d'une gestion urbaine tournée vers les administrés, et les affaires économiques d'une gestion touristique tournée vers les professionnels et essentiellement préoccupée de la performance des entreprises. Or ces deux modes de gestion, qui relèvent habituellement de deux types de cultures, sont éminemment imbriqués, voire confondus, au risque de produire une certaine confusion dans la répartition des rôles et une certaine insatisfaction de nombreux acteurs qui déclarent volontiers ne pas trouver leur place dans le dispositif. Cette imbrication a notamment conduit la municipalité à nouer des liens très étroits avec les sociétés de remontées mécaniques, à jouer un rôle considérable dans des domaines qui relèvent habituellement d'organismes spécialisés (office de tourisme, sociétés de transport, etc.), et parfois même à assurer un rôle de leadership dans de nombreuses formes de mobilisation des socio-professionnels, etc. Cet état de fait n'est pas en soi préjudiciable s'il n'engendrait des effets pervers. A force de sembler omniprésente, la municipalité apparaît volontiers incontournable et omnipotente à quiconque voudrait participer d'une manière ou d'une autre au débat public. A force de conduire le débat public sur des enjeux collectifs, la municipalité échoue parfois à responsabiliser les partenaires privés dans la mise en uvre de politiques destinées à structurer la gestion touristique sur le long terme.
Dès lors, il appert que certaines des conditions favorables à l'émergence d'une réflexion de type développement durable soient réunies à Chamonix. l'évolution du débat public en témoigne indiscutablement. Toutefois, les limites d'une telle évolution sont également perceptibles dans des domaines aussi divers que les représentations sociales de l'environnement ou l'organisation socio-politique de la gestion et de la décision touristique. S'il en était encore besoin, cette situation témoigne de la complexité des enjeux sociaux, économiques et politiques que soulèvent une question initialement construite autour d'enjeux environnementaux, celle du développement durable des espaces touristiques.