|
|
Retour
liste Orateurs
Retour
liste Interventions
Conclusion Alain CLERC - Président de l'Observatoire Mont-Blanc Léman (OML), Archamps, France
En tant qu'initiateur et concepteur des Sommets du tourisme (S't'), l'Observatoire Mont-Blanc-Léman du développement durable (OML), ne peut que se féliciter du succès de cette première manifestation ceci d'autant plus que l'éclairage retenu pour ce premier Sommet présentait plusieurs pièges. D'abord, le binôme "développement durable et tourisme" n'est pas mobilisateur mais encore, comme vient de le relever avec pertinence le professeur Peter Keller, le concept du développement durable en raison même de son manque de substance et de ses contours incertains peut se révéler trompeur. La synthèse de cette première manifestation montre toutefois qu'il fut possible de dépasser ces obstacles et d'engager correctement notre réflexion sur un tourisme durable.
Au terme de ces trois journées de débats, sans rien retrancher à la synthèse qui vent d'être présentée, j'aimerais mettre en exergue trois orientations majeures et convergentes qui ressortent de ce premier Sommet et qui détermineront, dès aujourd'hui, la suite de notre travail. Je les envisage, en fait, comme trois exigences :
- la nécessité d'une mise en réseau des acteurs du tourisme,
- le développement d'une approche qualitative du développement durable et donc d'un tourisme durable,
- le besoin d'outils fédérateurs.
1. Première orientation : la nécessité d'une mise en réseau des acteurs
Un tel réseau a plusieurs finalités. Il doit notamment assurer :
- un partage des expériences innovantes en matière de tourisme durable. Ce besoin a été mis notamment en évidence par les experts francophones qui se sont réunis ici même durant ces derniers jours,
- une meilleure circulation de l'information,
- l'accès à des ressources documentaires certifiées et validées,
- l'accès à des modules de formation car la mise en uvre d'un tourisme durable ne peut être envisagée sans une formation accrue des différents acteurs impliqués dans cette sphère d'activités.
2. Deuxième orientation : le développement d'une approche qualitative du développement durable et donc du tourisme durable
Ce point a été souligné par de nombreux orateurs tout au long de cette manifestation, indépendamment de leurs engagements socioprofessionnels et a été confirmé par les réponses aux questionnaires diffusés par IPK. La présentation faite par M. Etienne Pauchant à cette tribune corrobore cette exigence.
3. Troisième orientation : le besoin d'outils fédérateurs
Le réseau d'acteurs et le développement d'une approche qualitative ne seront réalisés qu'avec la mise à disposition d'instruments adéquats et novateurs pour la promotion d'un tourisme durable. Dans ce contexte, nous ne pouvons que nous féliciter de l'initiative qui vient d'être prise par le Maire de Fontainebleau, le Sénateur Paul Dubrule, de créer un Institut du développement durable. Le site web des Sommets du tourisme ( http://www.sommets-tourisme.org ) qui a été présenté, il y a quelques minutes par Christophe Devouassoux doit remplir ce rôle. Les opportunités offertes par ce site ainsi que les facilités qui en résulteront contribueront fortement au développement d'un tourisme durable. La mise en place à Divonne, en liaison avec les Sommets du Tourisme, d'un Centre de formation des cadres territoriaux va dans le même sens. Espérons que des synergies pourront être engagées au niveau des modules de formation en matière de tourisme durable entre Fontainebleau, Divonne et les Sommets du tourisme.
Parmi les instruments fédérateurs, il faut aussi compter la démarche initiée par les Sommets du tourisme visant à procéder à des évaluations critiques de plusieurs villes touristiques. En portant un regard indépendant sur le développement des villes touristiques, cet outil devrait favoriser l'identification des erreurs commises dans le passé et l'élaboration de critères pour un tourisme durable. Chamonix s'est engagée avec un courage certain sur cette voie. Les Sommets du tourisme vont renforcer leur équipe d'experts pour mener à bien cet objectif et souhaitent que d'autres villes acceptent de soumettre leur bilan touristique à ce type d'analyse. La collaboration engagée par les Sommets du tourisme avec la Fédération mondiale des Cités Unies (FMCU) et avec Metropolis devrait faciliter ce processus.
*** Enfin, en guise de conclusions à cette heure tardive de nos débats, j'aimerais tout particulièrement me féliciter de l'amorce de débats fructueux que les Sommets ont su engager entre tous les acteurs d'un tourisme durable au-delà de perceptions souvent diamétralement opposées. Ce rôle de médiateur assumé par les Sommets du tourisme entre les partenaires obligés du tourisme durable que sont les représentants des ONG, les décideurs économiques, les universitaires et les acteurs politiques au niveau communal, régional, national et international est un gage de succès pour les Sommets du tourisme et pour le devenir de l'une des principales activités économiques du monde moderne.
Ce résultat au delà de l'engagement de la Mairie de Chamonix, du Conseil Général de Haute-Savoie, de la région Rhône-Alpes et du Secrétariat d'Etat au Tourisme ainsi que de tous les entreprises et organismes qui se sont associées à ce premier Sommet (notamment le groupe Accor, l'Aéroport de Genève, Swissair, la STMB, le Crédit Agricole, la Compagnie des Alpes, l'OML, et l'Office du Tourisme de Genève) doit être porté au crédit de ce que j'appellerai la "magie de Chamonix" mise en évidence de manière lumineuse, conviviale et éclatante hier soir au Montenvers.
Je crois ainsi pouvoir conclure en disant que ce premier Sommet de Chamonix constitue un jalon déterminant dans la réflexion en vue de la mise en place des nouveaux instruments de coopération qui seront appelés à gérer demain le tourisme durable. Soyez sûrs que nous saurons, pour notre part au Comité d'organisation, tirer les conclusions de toutes nos discussions pour que Chamonix, riche d'un passé touristique de près de trois siècles, contribue avec efficacité et intelligence à la promotion d'un tourisme durable. C'est dans cet esprit que le Comité d'organisation se réjouit de vous revoir l'année prochaine, les 4, 5 et 6 décembre 2000, pour le deuxième Sommet sur le thème "tourisme et croissance".