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Comment la région Rhône-Alpes aborde-t-elle le problème du transport touristique ?

Sylvie GILLET DE THOREY - Maire de Meythet, Vice-Présidente déléguée au tourisme et à la montagne, Conseil régional de Rhône-Alpes (France)

 

Monsieur Le Maire, Michel CHARLET, cher Michel
Messieurs Les Vice Président du Conseil Général de la Haute Savoie, Denis BOUCHET et du Conseil Régional de Rhône-Alpes Eric FOURNIER,
Madame La Présidente des Sommets du Tourisme, Françoise DEVOUASSOUX,
Monsieur le Président du comité scientifique et technique des Sommets du Tourisme, Professeur Peter KELLER,
Mesdames, Messieurs les élus,
Mesdames, Messieurs,

1) Le contexte

Merci Mme Devouassoux et à l’ensemble des organisateurs pour votre invitation.

C’est toujours avec le plus grand plaisir que je suis parmi vous dans cette ville de Chamonix haut-lieu du Tourisme s’il en est pour l’ouverture de ces huitièmes sommets du tourisme.

C’est pour ma part la 3ème fois que j’ai l’honneur d’ouvrir cette séance et je m’en réjouis une nouvelle fois car votre manifestation met en exergue une notion qui m’est chère celle de tourisme durable.
Cette notion est d’ailleurs de plus en plus partagée par l’ensemble des acteurs en la matière.
Ainsi, Mme Nelly Olin, ministre de l’écologie et du Développement durable  à l’instar de nos positions, l’évoquait lors d’une réunion sur la convention alpine le 10 juillet dernier à Chambéry.
C’est ainsi libellé « tourisme durable » à notre demande que le tourisme doit apparaître dans le futur contrat de projet entre l’Etat et la Région Rhône-Alpes en cours de finalisation.
Un tourisme, respectueux de l’environnement et des Hommes qui place l’« humain » au centre de ses préoccupations.
C’est pour ma part toujours avec ce souci que je conçois tout nouvelle politique, tout nouveau dispositif : il convient de mettre en perspective une approche éthique du développement du tourisme, respectueuse de l’environnement et des Hommes.

Dès sa création en 1999, les sommets du tourisme se sont érigés en un lieu privilégié de réflexion, de discussion et d’échanges d’expériences où des thèmes novateurs peuvent être appréhendés.

L’élue locale et régionale que je suis sait qu’il fallait alors et qu’il faut encore aujourd’hui une vision « politique «  (au sens noble du terme) et le courage d’imposer ces rendez vous réguliers dont les sujets traitent certes de développement économique et touristique mais aussi d’éthique et donc de développement durable.

Ces Sommets du tourisme témoignent d’une prise de conscience de la part de la Ville de Chamonix des contingences qui pèsent plus que jamais sur le développement du tourisme.
Il est d’autant plus réconfortant que ce soit dans la capitale des sports d’hiver et de l’alpinisme  que l’on ose poser les questions qui interpellent le plus y compris celles les plus iconoclastes.
A commencer par celle de la fuite en avant vers toujours plus de croissance : croissance des déplacements, des investissements, des pollutions,….
Les thèmes de ces rencontres annuelles impliquent en effet de s’interroger sur l’avenir touristique de cette vallée qui nous est chère mais aussi d’une manière générale sur celui du tourisme au-delà des profits financiers immédiats. 
Et nous avons que trop constaté les effets pervers qui ont accompagné les périodes d’euphorie économique.

2) Les sommets du tourisme : nouveau cycle de rencontres 2005-2007

L’aide à la manifestation qui nous réunit aujourd’hui a évolué vers une forme partenariale.

Conformément à la convention signée ici même, l’année dernière à la même époque, elle a instauré un partenariat avec l’Association des Sommets du tourisme, le Conseil général de Haute Savoie et la Ville de Chamonix ce qui signifie qu’il y a engagement de tous, chacun dans ses attributions autour d’un projet commun :
c’est le programme dont le thème générique est « l’innovation et le développement du tourisme durable » 

Innovation et développement durable.
Pour quelles raisons ?

  • Par ce que dans le domaine de l’économie touristique, l’innovation porte en elle le ferment d’une remise en question salutaire et permet d’explorer de nouvelles pistes
  • Par ce que le développement durable lui fixe d’emblée, en contre point, son cadre philosophique et éthique

Je souhaite que ces rencontres de 2005 à 2007 permettent aussi de trouver des solutions concrètes à la question suivante : Quelles solutions pour rendre notre territoire régional plus attractif, plus compétitif dans le contexte d’une compétition devenue mondiale ?
Tel est également le sens de notre présence parmi vous.

3) Programme 2006 : les innovations de transport et le développement touristique.
Quelles alternatives aux véhicules privés dans les régions touristiques ?

Cette thématique relève de l’engagement citoyen.
Comme tout engagement citoyen, la Région répond « présente » depuis 2004. 
Ce n’est pas qu’un slogan mais une réalité concrète ; vous allez le constater à travers la politique régionale que je déclinerai.

Autrefois, le déplacement faisait partie intégrante du séjour.
Il était un plaisir pour le touriste, activité de détente et découverte à part entière, pour mémoire la nationale 7 est aussi connue que les lieux auxquels elle conduisait.
Aujourd’hui force est de constater qu’il est souvent synonyme de contraintes voire de difficultés.
Temps perdu, embouteillages, ruptures de charge sont les expressions qui le caractérisent de plus en plus.
Ne peut-on pas l’appréhender de nouveau comme un véritable moment de détente et de découverte dans notre monde de plus en plus consumériste empreint de l’instant présent ?

4) La Région et sa politique en matière de transports

Cette politique est conduite par mon collègue Bernard Soulage, 1er Vice-Président.

Avec 535,15 M€ en 2005, soit plus de 30 % du budget régional, les transports s’affirment encore comme la priorité de la politique régionale.

Outre la nécessité de faire jouer leur rôle majeur aux réseaux de transports dans le développement équilibré et solidaire du territoire régional, c’est la volonté de rendre le service public de transport régional de voyageurs plus attractif, de limiter l’usage de la voiture, développer la part du fret ferroviaire qui ont conduit Rhône-Alpes à mobiliser des moyens aussi importants.

Trois objectifs stratégiques guident l’action de la Région Rhône-Alpes :

  • Développer un service de transport régional de voyageurs performant, attractif pour offrir aux Rhônalpins une alternative crédible à l’automobile.
  • Renforcer l’inter modalité pour permettre une meilleure articulation entre les modes de transports, condition nécessaire à l’affirmation du rôle majeur des transports collectifs.
  • Améliorer les liaisons entre les différents pôles régionaux et leur accès aux grands axes routiers de Rhône-Alpes.
Je profite de cette tribune pour vous présenter plus en détails la politique en matière de mobilités douces pour éclairer le thème de cette année.


Au mois de Janvier 2006, l’assemblée plénière du conseil régional a adopté une délibération sur les mobilités douces.

La Région Rhône-Alpes mène actuellement une politique ambitieuse pour une mobilité plus respectueuse de l’environnement en soutenant les modes ferroviaire et fluvial, et en exerçant avec détermination sa compétence d’autorité organisatrice des transports régionaux de voyageurs.

Mais le développement des modes de transport pouvant offrir une véritable alternative à la voiture particulière ne saurait en rester là.

Il devient indispensable d’imaginer et de développer des solutions innovantes pour répondre à des besoins nouveaux de mobilité, et à des besoins ne pouvant être satisfaits par les offres traditionnelles de transport public : enchaînement de plus en plus complexe des déplacements au cours d’une journée, périurbanisation, petits déplacements courts...

Cette organisation de nouvelles formes de mobilité passe par un soutien continu des pouvoirs publics à la mise en place de solutions alternatives complémentaires au transport collectif et respectueuses de l’environnement : vélo, co-voiturage, auto-partage,…

C’est pourquoi la Région Rhône-Alpes s’engage dans une politique en faveur d’une mobilité douce respectueuse de l’environnement avec pour objectifs de :

  • conforter la promotion du développement durable dans le cadre de sa politique des transports et de sa compétence d’autorité organisatrice des transports régionaux de voyageurs,
  • renforcer son action en faveur du report modal vers les transports collectifs notamment vers son réseau TER par du rabattement à l’aide des modes doux,
  • contribuer à faire émerger de nouvelles pratiques de mobilité,
  • contribuer à la mise en cohérence des actions menées sur le territoire régional, et à la diffusion des expériences,
  • soutenir des innovations technologiques et industrielles sur le matériel et les services de mobilité douce.

Dans ce contexte, l’action de la Région portera sur deux axes principaux :

  • mettre en œuvre une politique en faveur du vélo et soutenir le développement des nouvelles pratiques de mobilité douce sur l’ensemble du territoire régional ;
  • soutenir la mise en œuvre intermodale des PDU dans les villes moyennes.

Le cinquième débat de vendredi matin reprendra d’ailleurs le theme de la mobilite douce.
mobilité douce : chimere ou veritable creneau commercial pour le tourisme ?

1er axe
Mettre en œuvre une politique en faveur du vélo

Action 1
Aménagement d’espaces de stationnement sécurisés et de consignes automatisées aux abords des gares (y compris les dispositifs d’attache vélos)

Action 2
Aménagement de pistes cyclables en rabattement à proximité des gares TER

Action 3
Réalisation de vélostations dans les gares TER

Action 4
Véloroutes - voies vertes

2ème axe
Soutenir le développement des nouvelles pratiques de mobilité douce sur l’ensemble du territoire régional

Action 5 
Plan de déplacements inter-entreprises

Action 6
Contribution à des appels à projets

Action 7
Centrale de covoiturage, d’autopartage, autres systèmes innovants...

Action 8
Etudes et expérimentations relatives à des solutions de transport respectueuses de l’environnement dans des zones à haute densité de fréquentation touristique et haute sensibilité environnementale

Action 9
Réalisation de centres intermodaux TER-Transports collectifs de type « quai à quai » 

Action 10
Mise en œuvre de stationnements sécurisés pour vélos au voisinage des établissements d’enseignement secondaire et supérieur 

Action 11
Réalisation de cheminements piétons sécurisés entre les arrêts de transports en commun et l’entrée de gares TER

5) La politique régionale  en matière de tourisme

Le tourisme durable

Dès le début de sa mandature le Président QUEYRANNE a engagé la Région dans une démarche d’intégration des principes du développement durable dans l’ensemble de ses politiques.

Le schéma régional de développement du tourisme et des loisirs sera de façon significative le reflet de cette exigence.
Nous sommes au début de sa réalisation dans la phase de diagnostic et d’échanges avec les territoires : élus, citoyens et citoyens.
Huit réunions départementales ont ou seront organisées qui rencontrent un réel succès.
De véritables interrogations se font jour quand à la nécessité de promouvoir un tourisme certes créateur de richesses mais aussi garant d’un  environnement préservé.

Notre objectif étant bien de dégager des priorités stratégiques qui fixeront  les futurs cadres d’intervention régionale en matière de tourisme.

La stratégie régionale montagne 

Adoptée jeudi 30 novembre en assemblée plénière, cette stratégie se décline en 13 propositions.
Parmi ces propositions l’une d’entre elle traite du tourisme durable et s’intitule :
Faire de Rhône-Alpes une région de montagne de référence en matière de tourisme durable.

Les montagnes sont des terres d’accueil et de tourisme.

La région Rhône-Alpes veut devenir une région d’excellence en matière de tourisme durable et souhaite passer d’un développement quantitatif du tourisme à un développement résolument tourné vers la qualité.
Rhône-Alpes, région où est né l’alpinisme, se doit d’être exemplaire en matière de qualité des espaces touristiques.
De nombreuses stations n’ont, de toute façon, plus d’autres choix que d’engager une gestion rigoureuse des ressources naturelles disponibles (patrimoine naturel, eau, réserve foncière, espaces agricoles…).
Leur tâche quasi historique est de construire désormais un « tourisme soutenable » qui pourrait devenir une référence au delà même des frontières régionales.
Ceci est d’autant plus important que les régions concurrentes sont en avance sur cette thématique et que la région Rhône-Alpes est exportatrice d’ingénierie en aménagement de la montagne et en équipements touristiques dans le monde entier (cf cluster industries de la montagne).

Par ailleurs, les politiques régionales dans le domaine du tourisme devront prendre en compte la diversité des massifs et respecter leurs particularités.

Les engagements de la Région

La Région développera une politique de tourisme durable dans les territoires de montagne, encourageant notamment la prise en compte :

  • Des attentes nouvelles des clientèles,
  • De la nécessaire diversification d’activités touristiques respectueuses de l’environnement et accessibles socialement, pour une fréquentation plus équilibrée sur l’année, et un tourisme « quatre saisons »,
  • De l’impact des changements climatiques,
  • De la gestion de la fréquentation,
  • Du management environnemental et du développement des énergies renouvelables et de la maîtrise de l’énergie des équipements et aménagements touristiques,
  • De l’accès à la montagne des personnes en situation de handicaps (activités et aménagements), en cohérence avec la délibération en cours sur ce sujet,
  • De la mobilité douce et des solutions innovantespour accéder aux sites touristiques sensibles, ou pour se déplacer au sein de ces sites,
  • De l’emploi et de la qualité de l’emploi, en particulier pour les saisonniers du tourisme (logement, formation…) en cohérence avec le plan régional pour l’emploi et le Plan cadre sur la saisonnalité en date de mars 2006 et des dispositions prises en application de ce plan.

La Région favorisera par ailleurs l’émergence de projets éco touristiques innovants, en particulier dans les territoires où existe un tourisme diffus.
La Région appuiera les offres globales à l’échelle des territoires alliant nature ordinaire et remarquable, patrimoine culturel…

Enfin, dans le but de reconquérir un public jeune qui fréquente de moins en moins la montagne, la Région apportera son soutien à des actions ciblées en faveur de ce public, telles que :

  • Sensibilisation des scolaires aux milieux montagnards,
  • Structuration, consolidation et promotion de l’offre, en adaptant l’offre aux attentes des jeunes,
  • Soutien aux classes de découverte, de classes de neige pour les jeunes rhônalpins,
  • Valorisation des chantiers jeunes en montagne…

Consciente de l’effort d’adaptation rendu nécessaire par ces évolutions, la Région soutiendra les efforts de formation, de mise en réseau et d’une manière générale toute action visant à prendre en compte les principes du développement durable.

Je citerai également pour finir l’exigence pour la Région Rhône-Alpes d’organiser les championnats du monde de ski en 2009 à Val d’Isère avec l’objectif majeur du O (ZERO) voiture individuelle.
Cet objectif, la Région Rhône-Alpes se fait fort de le réaliser.

En conclusion

Nous serons donc tout particulièrement attentifs à vos travaux ; les réflexions qui émergeront de ces rencontres doivent alimenter de façon concrète de futures actions dans le domaine du tourisme et des transports.
Notre Région Rhône-Alpes porte en elle la volonté d’œuvrer dans la recherche d’alternatives au tout véhicule privé.
Le développement durable est définitivement inscrit au cœur de nos politiques.
Un programme aussi exigeant implique un engagement permanent auprès des territoires ainsi qu’une écoute continue des acteurs de terrain.
Cette démarche nous la mettons en œuvre dans l’élaboration de notre schéma régional du tourisme ; c’est pourquoi je ne pourrai assister demain et après-demain au reste de vos travaux étant dans le Rhône et l’Isère dans ce cadre.
Je vous prie de m’en excuser.
Je vous remercie de votre attention et nous souhaite de bons Sommets 2006.

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