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L'exploitation du potentiel de
croissance
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La stratégie :
le tourisme, moteur du développement de
l'économie mondiale
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En raison de son effet multiplicateur, le
tourisme a une dimension publique: dans une
économie nationale, il apporte un
surcroît d'emplois et de revenus. Pour
certains pays, qui sont spécialisés
dans le tourisme, il revêt depuis longtemps
une importance stratégique. Du fait
du processus irréversible de la
globalisation et de l'immense extension du
marché qui lui est liée, le
développement du tourisme est de plus en
plus un moteur de l'intégration
économique mondiale.
Sur la base des prévisions de la demande
et des perspectives de croissance, la
communauté internationale, les gouvernements
des Etats et les régions ont à se
demander s'ils entendent encourager le tourisme
comme un secteur économique
stratégique. Dans un pays
développé, cette question ne se pose
pas de la même manière que dans les
nouveaux pays industrialisés. La rapide
croissance touristique que connaissent les "Newly
Industrialised Countries (NIC's)" indique que ces
nouvelles destinations touristiques
bénéficient des meilleures conditions
de développement. Ces pays disposent
généralement de ressources
touristiques et de main-d'uvre en suffisance
et connaissent un bas niveau des coûts et des
prix.
Leur niveau de développement
étant élevé, les pays
touristiques traditionnels possèdent
certains atouts par rapport à leurs nouveaux
concurrents. C'est dans les pays
développés que le multiplicateur
touristique est le plus grand. A la
différence des pays plus pauvres, les pays
développés possèdent en outre
de forts marchés intérieurs encore
en phase de croissance. Toutefois, ils
souffrent aussi de désavantages dus à
leurs conditions-cadre, tels que monnaie forte et
niveau relativement élevé des
prix.
Dans la pratique, les autorités sont en
train de découvrir l'importance
stratégique du tourisme pour le
développement des sites. Il existe
même aujourd'hui une tendance à
surestimer les apports du développement
touristique. Le tourisme est
considéré comme une panacée
pour résoudre les problèmes
économiques qui se posent dans les zones
périphériques et les espaces
naturels, dans les régions industrielles
malmenées par la crise et dans les
centres-ville laissés à l'abandon. Ce
faisant, on ne prête toutefois pas
suffisamment attention au fait que seule une
combinaison optimale d'avantages locaux, de
compétences et de réseaux du
côté de l'offre peut être un
gage de succès. En outre, les
facteurs-clé généraux de la
croissance touristique sont
négligés.
Questions
- Le tourisme est-il un secteur
stratégique du développement de
l'économie mondiale ?
- Les conditions-cadre économiques
sont-elles plus favorables dans les pays pauvres
que dans les pays riches ?
- L'Etat doit-il encourager l'exploitation du
potentiel touristique ?
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Les tendances lourdes :
les forces créatives de la
demande
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Les futurs trends de développement de
la demande touristique sont le
facteur-clé de la croissance. Les forces
créatives de la demande conduisent à
l'exploitation de nouveaux marchés et au
développement de nouveaux produits.
Elles agissent souvent sur les structures
existantes comme des forces de "destruction
créatrice". Elles favorisent le
changement et contribuent à
développer la productivité.
Le processus de globalisation fait partie
de ces grands trends de la demande. Il a
entraîné une extension inattendue du
marché touristique. Certes, la majeure
partie de l'activité touristique se joue
encore à l'intérieur du même
pays ou du même continent, mais le tourisme
intercontinental est en forte augmentation. Et
surtout, une situation de concurrence
entièrement nouvelle est apparue. Le
visiteur potentiel peut aujourd'hui choisir,
à chaque saison, entre vacances
balnéaires et ski. Le tourisme est devenu un
marché acheteur.
Il serait toutefois erroné de faire une
croix sur les pays touristiques traditionnels. De
nouveaux développements, du
côté de la demande, favorisent la
croissance touristique. Dans les pays hautement
développés, la révolution
technologique de l'information conduit à
une nouvelle augmentation de la productivité
qui aboutit à une prospérité
encore plus grande et à une augmentation du
budget disponible pour des services
immatériels et très
personnalisés. Une sorte
d'économie de l'événement
est en train de se mettre en place, et le
tourisme en fait partie. Ce nouveau secteur
quaternaire va amener un renforcement des
formes de tourisme dans le domaine du
bien-être ("wellness"), de l'éducation
ou de la culture et créer une nouvelle
demande, des emplois et des revenus.
Questions
- Dans la mondialisation, y a-t-il des
gagnants et des perdants dans le domaine du
tourisme ?
- Le tourisme est-il une industrie, un secteur
de service ou une nouvelle économie
?
- Le cycle long de la technologie de
l'information va-t-il révolutionner le
tourisme ?
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L'accumulation des
connaissances : les mécanismes de
création d'innovation
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Investir et améliorer constamment les
facteurs de production touristiques est plus
important que maintenir l'acquis. C'est
pourquoi la recherche sur les tendances et
innovations dans le tourisme est importante. Elle
permet d'investir à bon escient pour
mettre en valeur les infrastructures et
superstructures touristiques existantes. Le
décor paysager, les biens culturels et les
équipements touristiques traditionnels,
notamment dans l'hôtellerie et la
restauration, ne suffisent plus aujourd'hui. On
demande des attractions produites par l'homme et
des "events".
Le rajeunissement de l'offre, en tant que
stratégie de croissance, peut aujourd'hui
être abordé de manière
ciblée. Il y a toute une série
d'instruments pour accélérer le
processus d'innovation. Un instrument très
prisé aujourd'hui est le
benchmarking, qui comble des lacunes dans
les domaines de la formation, de la
compréhension du marché, de la
conception de l'offre et du management. En
règle générale, les
connaissances expérimentales disponibles
sont trop peu utilisées pour encourager
l'innovation, améliorer l'efficacité
de l'organisation et gérer les risques. Il y
a un manque de gestion des connaissances à
l'intérieur de l'organisation. Le
marché témoin de la clientèle
traditionnelle est trop peu utilisé, les
connaissances des partenaires potentiels sont trop
peu prises en compte dans la conduite
stratégique.
Il y a généralement de nombreuses
résistances au changement, et elles ne
peuvent souvent être surmontées
à long terme que par une meilleure
formation des managers et employés
touristiques. Cela suppose de nouveaux concepts de
formation qui encouragent les compétences
économiques, communicatives et techniques
nécessaires pour le tourisme.
Questions
- L'éducation et la formation
touristique sont-elles à la hauteur des
exigences du marché ?
- Comment peut-on mieux rassembler le savoir
et le transmettre aux gestionnaires des
entreprises touristiques ?
- Qui pourrait assurer la recherche et le
développement pour les petites et
moyennes entreprises du tourisme ?
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Les facteurs de
production : l'accès aux
ressources
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La modernisation constante de l'offre
touristique suppose des investissements
généralement coûteux. Les
exigences toujours plus grandes des clients, les
frais de développement et de construction
qui en découlent et la multiplication des
prescriptions étatiques en matière de
sécurité et d'hygiène
renchérissent l'adaptation des structures de
l'offre aux besoins du marché.
Les économies touristiques
dotées d'installations et
d'équipements anciens ont toutes les
peines du monde à couvrir les besoins en
investissements. Du fait d'une utilisation et d'une
productivité insuffisantes, elles ne sont
généralement pas en mesure de se
procurer des moyens financiers suffisants
à des conditions favorables sur le
marché des capitaux. Le cercle vicieux,
investissements insuffisants, baisse de
l'utilisation et des recettes,
détérioration du confort et de la
qualité, se poursuit.
Il faut donc se demander comment, dans le
domaine du tourisme - secteur de petites
entreprises - il est possible d'être encore
plus productif. Une augmentation de la
productivité touristique est en règle
générale nécessaire pour que
les offrants puissent s'imposer sur les
marchés âprement disputés des
facteurs économiques (sol, travail,
capital). Les rationalisations présupposent
souvent que certaines prestations de services
soient supprimées. Dans le domaine du
tourisme, il s'agit toujours de trouver une voie
moyenne entre "service" et "économie de
self-service".
Questions
- Comment peut-on éviter le
vieillissement de l'offre touristique ?
- Y a-t-il de nouvelles possibilités de
financer les investissements touristiques ?
- Faut-il une économie de service ou de
" self service " dans le domaine du tourisme
?
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Le marché : le
développement de nouveaux produits et
l'assurance de la qualité
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Les difficultés sur les marchés
des facteurs de production obligent
l'économie dépendante du tourisme
à gagner de nouveaux avantages
concurrentiels dans le domaine du
développement de nouveaux ensembles de
prestations à partir des attractions
existantes. Elles devraient également amener
à l'exploitation de nouveaux
marchés. L'économie
dépendante du tourisme n'a pas encore
tiré profit des chances de la globalisation.
Les pays touristiques traditionnels sont de
véritables parcs de marketing.
Bien que l'on parle beaucoup de nouveaux
produits respectueux du paysage et de
l'environnement, on connaît peu le
potentiel effectif et les effets économiques
des projets dans ce domaine du tourisme. Les
produits désignés comme "tourisme
écologique" exploitent des paysages
naturels encore peu connus dans des destinations
essentiellement exotiques qui réussissent
assez bien sur les marchés.
Par contre, il semble que le "tourisme vert",
à petite échelle, soit davantage
l'affaire d'institutions soutenues par l'Etat et
que son succès commercial à long
terme soit incertain.
Avec le développement de nouveaux
ensembles de prestations (produits), l'offre
touristique peut être rajeunie et
revalorisée dans un esprit d'innovation.
L'ouverture de nouveaux marchés est une
stratégie complémentaire
nécessaire pour fidéliser la
clientèle traditionnelle. Tous les efforts
de marketing présupposent de nouvelles
offensives qualité qui doivent couvrir
l'ensemble de la chaîne de création de
valeur ajoutée du tourisme, de la
préparation du voyage jusqu'au retour
à la vie quotidienne.
Questions
- La création de nouveaux produits
touristiques est-elle une possibilité de
rajeunir l'offre ?
- Comment peut-on améliorer la
qualité au niveau de la station
touristique ?
- Quelle est l'importance économique
des formes de tourisme respectueuses de
l'environnement ?
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L'industrialisation :
les nouvelles structures
compétitives
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Dans des conditions de globalisation, la
grandeur des entreprises touristiques joue
un rôle de plus en plus important. Les
structures de petite entreprise sont, dans
les destinations traditionnelles, un obstacle
à la capacité concurrentielle. Elles
offrent certes au visiteur une large palette
d'offres différentes. Mais elles sont
souvent dépassées face aux nouveaux
concurrents qui se développent dans le style
des "resorts" nord-américains et qui
collaborent avec l'industrie voyagiste
internationale. Ces nouveaux concurrents sont
souvent mieux à même d'offrir des
produits attrayants à des prix
avantageux.
Le succès des ventes sur les
marchés et les nouveaux produits
présupposent, dans le domaine
fragmenté du tourisme, des formes
coopératives de production et de
commercialisation. La coopération fait
diminuer les coûts, grâce aux
économies d'échelle et aux synergies
qu'elle permet. Sous la forme d'alliances
stratégiques, de joint ventures
internationales, de participations au capital, elle
aide les PME à surmonter leurs
désavantages et à devenir
productives et exportatrices comme les grandes
entreprises. La coopération est la
réponse à la nouvelle situation du
marché pour être compétitif
à l'ère de la globalisation.
La technologie de l'information
transformera aussi substantiellement
l'organisation, la production, la commercialisation
et la distribution. Conjuguée aux
systèmes de transport en continuel
développement, elle favorisera la croissance
touristique et conduira à une gestion des
flux touristiques qui sera moins coûteuse et
écologiquement plus durable.
Questions
- Comment peut-on adapter les structures PME
du tourisme récepteur aux exigences du
marché international ?
- Quel est l'apport des nouvelles technologies
d'information pour améliorer la
productivité de l'offre touristique
?
- Le management de la coopération
est-il une nouvelle tâche pour les
organisations du tourisme ?
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Les aspects
institutionnels : les systèmes
incitatifs
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La mise en place de coopérations,
l'investissement destiné à
revaloriser les équipements existants ou la
création de nouvelles attractions,
l'exploitation de nouveaux marchés et la
création de connaissances et de
compétences sont au premier chef des
tâches incombant aux opérateurs
touristiques. Mais il y a des échecs de
marché, tels que l'éparpillement
de l'offre et la petite taille des entreprises, qui
empêchent d'exploiter à fond les
potentiels de croissance touristique et
d'emploi.
L'Etat joue donc, dans des conditions de
concurrence imparfaite notamment, un rôle
subsidiaire important comme catalyseur du
développement touristique. Les pays qui
encouragent le tourisme de manière
ciblée obtiennent les meilleurs
résultats sur le marché.
Régulateur et coordinateur, l'Etat exerce en
tout cas une influence sur le marché
touristique. En tant que dispensateur de services
de tous genres, il est même coproducteur de
biens et de services touristiques: il met à
disposition ses infrastructures, veille au maintien
de paysages intacts, protège l'environnement
et participe au financement des attractions
culturelles.
Une croissance touristique réussie
présuppose donc un partenariat entre
secteur public et secteur privé,
condition sine qua non du développement de
l'appareil de production touristique à long
terme. C'est l'économie qui met en marche le
moteur de croissance. Pourtant elle n'est pas
â même de contrôler celle-ci. Il
y a en pratique soit pas assez, soit trop de
croissance. Dans ces cas-là, la croissance
devient un bien public. L'Etat doit stimuler
la croissance si elle est trop faible ou
inexistante. Il doit la freiner si elle
déborde. Agissant ainsi, il permet une
croissance au service d'un véritable
développement durable. Il y a une
différence entre "croissance" et
"développement". Le
"développement" dépasse la
pure approche économique, car il est aussi
au service d'objectifs
méta-économiques tels que la
qualité de la vie des populations
résidantes ou le respect de
l'environnement.
Questions
- Quel sont les échecs de marché
qui justifient une intervention de l'Etat ?
- Un pays disposant d'une politique
stratégique du tourisme obtient-il de
meilleurs résultats qu'un pays qui
renonce à promouvoir le tourisme ?
- Dans un pays donné, quel est l'impact
des organisations intergouvernementales
s'occupant de questions touristiques sur le
développement du secteur ?
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