le deuxième sommet 4-6 décembre 2000

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La réflexion sur la notion de croissance et le développement durable du tourisme


La notion économique du tourisme

Le tourisme se définit comme l'union du voyage et du séjour. Cette définition englobe une multitude de motivations touristiques différentes. Le tourisme est donc un phénomène complexe qui est toujours lié à des visiteurs. Les problèmes que cela pose pour l'occupation du territoire et pour l'environnement naissent sous la pression des flux de visiteurs qui voyagent, séjournent ou se divertissent. Pour l'économie, ces "grandeurs" se mettent à compter lorsque les visiteurs dépensent de l'argent pour des biens et des services. Du point de vue économique, le tourisme est une forme de la consommation finale des ménages, les voyages d'affaires apparaissent comme des prestations préalables nécessaires à la production et le développement durable est réalisé lorsque, dans une station ou une région, grâce aux dépenses des visiteurs, on parvient à créer à terme une valeur ajoutée importante tout en minimisant l'utilisation des ressources et la pollution.

Le tourisme n'est donc pas une industrie ou une branche économique comme les autres. Il ne peut être défini que par le biais de la demande. Le visiteur indigène ou étranger, qu'il s'agisse d'un excursionniste ou d'un touriste passant la nuit, dépense son argent pour un bouquet de prestations de son choix. Ces services touristiques sont les produits de toute une série d'entreprises et de branches. Le visiteur les choisit selon ses besoins et compose à chaque fois son propre produit. Une véritable industrie naît seulement si les organisateurs de voyage ou les gestionnaires de la destination organisent le voyage pour le visiteur sous forme de forfait.

Pourtant, il y a des branches qui n'existeraient pas ou qui n'auraient guère d'importance sans le tourisme. C'est notamment le cas des compagnies aériennes, de l'hôtellerie et des restaurants. Mais la demande touristique profite aussi à de nombreuses branches que l'opinion publique ne considère pas comme touristiques. C'est le cas par exemple du commerce de détail, des télécommunications et des banques, mais aussi de l'Etat, qui profite des visiteurs par le biais des taxes et des recettes fiscales.


Les conflits entre la croissance et la protection de l'environnement

Lors du premier Sommet du tourisme un débat approfondi a eu lieu sur la dimension écologique du concept politique de développement durable. Il en est ressorti que le gaspillage des ressources naturelles et la pollution de l'environnement qui s'ensuit limitent à long terme la croissance économique.

Ce constat s'applique avant tout au tourisme, qui commercialise des ressources naturelles et qui est tributaire d'un environnement intact. Le premier Sommet a constaté qu'il existe des conflits entre la protection de l'environnement et la croissance économique. Il a été en outre relevé que la croissance zéro n'est pas durable du point de vue économique. Dans les conditions de l'économie de marché, elle serait liée à des pertes matérielles et à une diminution de la qualité de vie.

Même la voie moyenne de la croissance qualitative, a-t-il été observé, n'est finalement pas viable durablement du point de vue économique. Il est certes possible d'obtenir davantage de recettes et d'enregistrer une croissance réelle avec un nombre de visiteurs inchangé, voire en diminution. Mais la valeur ajoutée et les prix, dans les conditions ce concurrence internationale, ne peuvent pas être haussés à volonté.


Les problèmes de la durabilité de la croissance touristique

Un pays ou un site a donc besoin d'un supplément de croissance pour mieux exploiter les capacités touristiques existantes ou pour en utiliser de nouvelles. A première vue, la croissance touristique paraît être possible sans problème. Le tourisme passe donc pour un secteur à la croissance exponentielle ayant un grand potentiel d'avenir. C'est précisément pourquoi, ces dernières décennies, la gestion écologique a pris le pas sur l'encouragement économique de la croissance.

Certes, le nombre des visiteurs est en constante augmentation. Mais ce fait ne signifie pas que la gestion touristique ne pose aucun problème. Il n'y a pas de pays de cocagne touristique. D'une part, la demande touristique est exposée à des fluctuations conjoncturelles et à toute une série de facteurs de risque exogènes. Le succès économique n'est jamais garanti dans le domaine du tourisme. Il est un des secteurs les plus internationalisés qui subit les effets d'un marché mondial très disputé. Le développement à long terme de l'offre, dans le cas concret d'une entreprise dépendante du tourisme, d'une station touristique ou d'un pays touristique, dépend d'une série de facteurs qui n'évoluent pas toujours favorablement. Assurer la durabilité d'une entreprise ou d'un site touristique est donc malgré le fort potentiel de croissance une tâche difficile.

Le 2e Sommet du tourisme ne sert donc pas à présenter sans réflexion des agrégats de chiffres fantastiques qui, à plus ou moins long terme, feraient du tourisme le secteur économique le plus important au monde. Sur la base des trends du marché, il traite des facteurs de succès à long terme pour une croissance économique durable dans les destinations. C'est la première fois qu'une conférence traite de manière si complète des forces qui, finalement, déterminent la compétitivité internationale des destinations touristiques.

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