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La redécouverte du tourisme : lavenir est-il en rapport avec les parcs dattractions ?
Les parcs d'attractions représentent-ils de nouvelles destinations de voyages ?
Les parcs à thèmes, comme le montre l'histoire de leur développement, ne sont pas automatiquement des destinations.
Le premier parc qui ouvrit ses portes au milieu des années 50 à Anaheim près de Los Angeles avait été conçu, ainsi que le parc de loisirs voisin Knott's Berry Farm, comme destination journalière. Walt Disney ne réussit qu'avec beaucoup de difficultés à convaincre quelques groupes hôteliers de l'avantage pour ceux-ci de l'immédiate proximité d'un parc Disneyland.
Néanmoins pour la seconde implantation du groupe Disney, les hôtels jouèrent dès le départ un rôle porteur lors de la conception d'Orlando comme destination. La ville, située en plein milieu des marécages de Floride et éloignée de toute agglomération urbaine n'aurait jamais attiré personne dans le cadre d'une excursion dominicale. Ceux qui voulaient s'y rendre devaient prévoir d'y rester au moins un week-end complet, ne serait-ce qu'en raison de la durée des trajets aller et retour. Les hôtels de Walt Disney World furent donc prévus comme des parties du complexe global et soumis ainsi aux mêmes principes de conception, tout comme le parc à thème Magic Kingdom. Très vite on pu constater que les hôtels luxueusement thématisés étaient sans cesse complet et marquaient un grand avantage dans la concurrence dans Walt Disney Village avec les hôtels réalisés par des architectes (Contemporary Hotel) et les chaînes d'hôtels. La deuxième étape d'investissement comporta en conséquence la création d'autres complexes thématisés. Les parcs et les hôtels à thèmes à Orlando constituent donc une destination à caractère unitaire.
Pour l'hôtel de Disneyland Tokyo, on se contenta de copier le modèle américain pour la conception des différentes pièces et de l'hôtel en général. Pour les habitants du Japon, cet hôtel était, et est encore en partie, l'incarnation de l'art de vivre américain même si entre temps les chaînes d'hôtels japonaises se sont adaptées à ce standard. Au début, les Japonais ressentirent l'hôtel Disneyland de Tokyo comme faisant partie du parc d'attraction.
Disney dut cependant reconnaître qu'il ne pourrait pas atteindre la même fréquence d'utilisation de ses hôtels en Europe qu'à Orlando. Malgré un droit de vacances définitivement plus élevé qu'aux USA, le citoyen d'Europe centrale n'est pas toujours prêt lors de la visite d'un parc d'attractions à y passer une nuit. Les conditions climatiques du bassin parisien pendant les mois d'hiver et la mi-saison n'incitent pas à choisir d'aller à Disneyland même si les prix proposés sont nettement moins élevés. De plus et à part quelques exceptions, les hôtels n'apparaissent pas comme un lieu d'événement fusionnant et formant une unité avec Disneyland Paris.
Les parcs Europa-Parc Rust et Alton Towers au centre de l'Angleterre connaissant bien mieux le comportement européen ont harmonisé les périodes d'ouverture de leurs parcs et de leurs hôtels avec le comportement de loisirs de leurs visiteurs et ferment pendant les mois d'hiver. Seuls les Center Parcs avec les Gran Dorado et Sun Parcs ont réussi en Europe centrale et en Angleterre à attirer un nombre satisfaisant de visiteurs même en hiver grâce à leurs complexes de baignade subtropicaux couverts et leurs multiples possibilités de promenade. Ce sont ainsi des destinations touristiques importantes et indépendantes de leur environnement naturel.
La création de complexes indépendants du climat n'abolit pas totalement le comportement influencé par les saisons des populations d'Europe centrale, ils peuvent cependant attirer beaucoup plus de visiteurs que les complexes naturels. Ce phénomène est-il lié à la configuration des hôtels proposés ou à la proximité des complexes d'aventure artificiels ? Ceux-ci sont-il une condition inaliénable pour toute destination touristique ou les raisons de l'acceptation de ces complexes sont-elles ailleurs ?
Les systèmes d'aventures comme demande à la mode
Si on analyse de plus près la demande de complexes et les hôtels dans les parcs à thème, on remarque que le spectre de l'offre de ces complexes et parcs d'attractions correspond aux attentes et aux rêves des clients. De tels aménagements s'entendent beaucoup mieux que des destinations touristiques classiques à se présenter en tant que systèmes complexes d'aventure sous forme hautement concentrée et à enthousiasmer les touristes. Pourquoi les sites naturels et culturels on-ils tant de mal à en faire autant ?
Le consommateur de nos jours est plurisensoriel, pluriapte et pluridisponible. C'est pourquoi il recherche une multitude de stimulants qui, sous forme de paquet, sont regroupés à un même endroit et lui sont accessibles tous à la fois. Il recherche donc une fusion avec une aventure intégrale reliant des éléments perceptibles émotionnels et sensibles souvent combinés aussi avec des activités physiques. Les destinations touristiques d'aujourd'hui, mise à part quelques exceptions, ne peuvent pas proposer ce paquet de stimulants car la configuration de ce qu'elles proposent est trop unidimensionelle.
L'économie de l'aventure, qui de nos jours conduit au système d'aventure, est le développement logique des stratégies de qualité du tourisme. Auparavant ces stratégies visaient à garantir au visiteur un rapport qualité/prix le plus élevé possible. Cette garantie se rapportait essentiellement à l'apport de services appropriés à la demande et à la délivrance de marchandises. De nos jours l'évolution du tourisme conduit infailliblement à la motivation première de tout processus de voyage: le rêve du paradis, l'expérience et la découverte de mondes étrangers de façon la plus aventurière mais aussi la plus sûre possible, ainsi que la recherche du bonheur.
Ces attentes et rêves du voyageur, les parcs d'aventure les ont en premier rendus possibles par la thématisation de leur produit et ont connu une réussite enthousiasmante. Après que la thématisation de l'offre ait touché d'autres domaines (piscines, restaurants, boutiques, musées, jardins zoologiques et hôtels), l'étape suivante de l'évolution du système d'aventure est l'émotionnalisation du produit proposé à travers des scénarios compliqués et comportant des surprises, de l'aventure et des rencontres inattendues. Ceci est rendu possible grâce à l'architecture d'une part (thématisation) ainsi qu'à la technologie des loisirs mais aussi grâce au facteur humain représenté par toutes les personnes travaillant dans ces parcs d'aventure.
Une société ou une destination touristique agit donc avec une orientation vers l'avenir lorsqu'elle utilise consciemment la prestation de service comme scène et les produits comme instruments pour procurer à chaque visiteur une expérience qui restera gravée dans sa mémoire. Une telle mise en scène est extrêmement sensible : si l'unanimité ne fonctionne pas ou que l'agitation ou le saisissement émotionnel du visiteur est interrompu par des lacunes dans la prestation de services ou tout autre facteur dérangeant, il est alors difficile voir même impossible de ramener le visiteur au niveau voulu de sentiment émotionnel de joie. La difficulté est liée au fait que la personne trouve impardonnable d'être réveillée d'un rêve merveilleux et d'en être privée de cette façon.
Le système d'aventure comme élément du nouveau contrat de prestation de service dans le tourisme
La redécouverte du tourisme n'est pas liée aux parcs d'attraction en tant que construction touristique avec un produit proposé spécifique mais à leur philosophie d'entreprise prenant pour base les systèmes d'aventure, c'est à dire que le but est de reprendre conscience des motivations de base du voyage. Jusqu'ici les émotions sur les lieux touristiques étaient souhaitées mais n'étaient jamais le but opérationnel du contrat de prestation de services. Aujourd'hui les émotions sont exigées : le touriste veut de l'aventure, de la nature, de la communication, du divertissement, de la culture, pouvoir consommer et s'amuser tout en même temps et surtout vivre ces émotions, ce qui signifie forcément que ce qu'il doit recevoir comme offre c'est une pré-mise en scène. Il s'agit donc pour les "créateurs de tourisme" de prendre en compte dans l'élaboration de leurs produits tous les stimuli nécessaires pour provoquer ces émotions.
Ceci comprend aussi le fait d'adapter des mises en scène meilleures, plus originales et garantissant plus d'aventure aux destinations touristiques et de mettre en oeuvre la thématisation comme élément déclencheur d'émotions. La personne responsable de cela doit aussi prendre en compte le fait que le visiteur de nos jours espère une intensité plus grande du vécu, des événements plus courts et plus intensifs mais avec un choix proposé beaucoup plus grand. En effet, au travers son expérience des loisirs ses exigences ont augmenté considérablement.
Les parcs d'attractions peuvent et veulent:
- déclencher des réactions émotionnelles (satisfaction des désirs)
- déclencher un processus créatif dans le conscient et le subconscient du visiteur (comportement actif et passif)
- enregistrer des perceptions dans la mémoire du visiteur (clienting, retour des visiteurs)
- que les visiteurs expérimentent des réactions émotionnelles (leisure literacy)
Pour ces processus psychologiques, il n'est pas nécessaire que le parc à thème ou le complexe soit clos. Un lieu ouvert peut très bien solliciter ces réactions auprès des touristes parce qu'après tout il est impossible de ne rien ressentir.