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Adresse de bienvenue : Genève, ville internationale et touristique

Carlo LAMPRECHT - Conseiller d'État, République et Canton de Genève

 

Genève, berceau de la Société des Nations et de la Croix-Rouge Internationale, Siège européen des Nations Unies, avec ses 25 organisations non gouvernementales et plus de 150 organisations non gouvernementales, et devenu au fil des temps un lieu incontournable de la diplomatie internationale.

C'est dans ce contexte, que j'ai le plaisir et l'honneur de vous accueillir ici à l'occasion de ces deuxièmes sommets du Tourisme, et de vous souhaiter la bienvenue des autorités de la Ville et du Gouvernement de la République et Canton de Genève.

Bénéficiant en priorité d'un tourisme d'affaires, de congrès, d'expositions, de conférences internationales, Genève, par sa position aux contres du bassin lémanique franco-suisse, et à travers son Aéroport International, bénéficie également de l'attrait touristique, que lui offre tout naturellement, le bassin lémanique et la région Rhône-Alpes, et la France voisine en matière de sports d'hiver notamment.

C'est un honneur et un grand plaisir pour moi de vous accueillir à Genève.

Aujourd'hui que les Sommets du Tourisme se font citadins, je voudrais remettre le Mont-blanc au milieu de la ville. Parce que j'ai appris qu'un important distributeur commercial à vocation culturelle française, qui vient de s'installer à Genève, nous l'a volé. J'ai lu dans un journal que pour mieux cibler sa publicité genevoise, la FNAC a fait filmer le pont du Mont-blanc à contresens, uniquement pour gommer du paysage le massif du Mont Blanc. Paraît-il que le Mont Blanc est trop connoté français. Alors faisons demi-tour pour regarder la réalité en face. Si vous êtes à Genève, cet après-midi, pour ouvrir la deuxième édition des Sommets du Tourisme, c'est que le Mont-blanc y est aussi. Physiquement, à quelques kilomètres et comme symbole d'un patrimoine naturel que nous partagions avec Chamonix.

Vous ne l'ignorez pas, l'image de marque de Genève, ce n'est pas seulement sa vocation internationale. Mais c'est aussi le lac et son célèbre jet d'eau… Avec en arrière : fond les cimes enneigées du massif Mont-Blanc.

Chez nous, le Mont-blanc fait partie intégrante de la ville. Il est quelque part dans l'inconscient des citadins, ce coin visible d'éternité, cette permanence immaculée, dans un quotidien qui change au rythme des nouvelles technologies. Il est ce rêve d'espaces in contaminés, dans la promiscuité du monde urbain. Il est le point de repère de ceux qui l'habitent et de ceux qui, de loin, le touchent quotidiennement des yeux.

Cette fascination, on le sait ne date pas d'aujourd'hui. Est-il besoin de rappeler les célèbres expéditions, au 18ème siècle, d' Horace Benedict De Saussure. Ce géologue physicien et naturaliste genevois dont le nom est intimement lié à l'exploration et à la conquête du massif du Mont-blanc et qui a grandement contribué par ses écrits à rendre Chamonix célèbre, dans le monde entier.

Bien sûr, les aléas de l'histoire et de la politique ont mis sur la carte de notre région une frontière. Mais cette frontière résiste mal à certaines réalités paysagères, sociologiques et économiques.

Depuis des années, Genève, constitue en raison de sa position géographique et de son attractivité économique, une des principales portes d'entrée du tourisme chamoniard. Chaque année, de Noël à Pâques, l'aéroport de Genève double son trafic charter pour accueillir quelque 800.000 nouveaux passagers dont 70 % se dirigent vers les stations de Savoie et de Haute-Savoie.

Une heure à peine après leur atterrissage, les vacanciers peuvent se retrouver sur les pistes de ski, s'adonner à des randonnées en haute montagne ou encore faire de l'alpinisme. Le Tourisme par définition fait fi des frontières.

Rien de plus normal, donc, que d'accoler les noms évocateurs de Genève et de Chamonix-mont Blanc, pour se lancer dans la nouvelle aventure des Sommets du Tourisme. Une aventure qui partant d'une tradition séculaire, se conjugue au futur.

Car à l'aube du 21ème siècle, Chamonix, berceau de l'alpinisme et du ski s'est voulue, pionnière d'une nouvelle réflexion, sur et autour du tourisme. Mettant à profit la collaboration transfrontalière qui existe de longue date entre notre canton et la France voisine, elle a rallié Genève à son ambition, car si nous n'avons pas le même créneau touristique, le tourisme représente le 3ème secteur économique de Genève (2'185'000 nuitées en 1999 + 10 % par rapport à 1998 - ville suisse où il y a le plus de nuitées. De la mer de glace au lac Léman, les Sommets du Tourisme s'affichent donc comme le trait d'union entre deux pays, deux modes de vie, deux cultures environnementales, qui se reconnaissent comme complémentaires.

Ainsi s'est constitué l'embryon du vaste réseau que ces rencontres se proposent de tisser à travers le monde, pour promouvoir le développement d'un tourisme à la fois durable, dynamique, réfléchi et enrichissant, dans tous les sens du terme.

Si le monde de l'économie tient chaque année son sommet à Davos, le secteur du tourisme peut aussi trouver son lieu de réflexion, autour du mythique massif du Mont-blanc, dans une région transfrontalière qui allie une collaboration de proximité à son label international. Entre l'espace naturel et l'espace urbain, entre l'échelle régionale et l'échelle mondiale, les Sommets du Tourisme inventent cet équilibre entre le local et le global, que notre époque peine encore à trouver.

Mais ils entendent aussi faire le lien entre les nombreux domaines qui touchent au tourisme : l'économie, la philosophie, l'écologie, la sociologie, l'archéologie, la science, la technologie, les loisirs, la culture, les communications, l'art, le sport et j'en passe.

Virtuellement sur le net, et chaque année de façon tangible, ceux qui s'intéressent à la problématique sont appelés à converger vers les Sommets du Tourisme. Avec d'autres partenaires de la région, Chamonix et Genève, ont entrepris de leur ouvrir la voie, pour être les premiers d'une longue cordée, formée d'opérateurs économiques, de scientifiques, de sociologues, de philosophes de sportifs et d'écologistes.
C'est à dire de tous les acteurs susceptibles de penser le tourisme sous toutes ses facettes ; pour que ce secteur vital de l'économie continue à se développer sans détruire l'environnement social et écologique qui font la richesse de notre région mais aussi de tous les lieux à découvrir sur notre planète.

Aujourd'hui ici et demain là-haut, je vous souhaite d'avoir des échanges fructueux, si fructueux qu'ils vous donneront envie de revenir encore plus nombreux l'an prochain.

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