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Le Tourisme Alpin en Europe
Christoph KOELLREUTER - Président Directeur Général de BAK, Suisse
Le tourisme alpin en Europe est doit face faire actuellement à de sérieux défis. Le processus de globalisation dans le secteur du tourisme a effectivement dévalué quelques-uns des facteurs qui ont traditionnellement contribué au succès des régions alpines de villégiature, tel que le caractère unique du paysage. Le déclin des statistiques de séjours avec nuitées à l'hôtel depuis les années 80 a éveillé la prise de conscience du besoin de changements structurels. Bien que des mesures d'amélioration aient été développées et instituées, elles n'ont pas suffit à répondre aux besoins pour survivre dans un environnement de concurrence mondiale toujours plus laborieuse. Cependant, grâce à la récupération économique générale, les conditions du côté de la demande permettent d'entreprendre l'indispensable modernisation draconienne de l'offre touristique et d'aboutir sur des amendements capables de produire l'optimisation des ressources. On s'attend à ce que le futur nous réserve une perte des parts de marché en ce qui concerne la région alpine européenne sur le marché global du tourisme, malgré la demande touristique florissante.
L'IMPORTANCE ET LA POSITION DES RÉGIONS ALPINES DE VILLÉGIATURE EN EUROPE
Un indicateur utile de l'importance d'une branche ou d'un secteur d'activité dans une région est le pourcentage de la valeur ajoutée brute enregistrée par ce secteur dans le Produit Intérieur Brut des régions. Cela dépend de (1) la productivité d'une heure de travail du secteur comparée avec celle de l'économie régionale dans son ensemble, et (2) le pourcentage de l'industrie du volume total de travail régional (en heures travaillées). Pour les compagnies elles-mêmes, la productivité de l'heure de travail est la plus importante parce qu'elle constitue un élément déterminant de la capacité du secteur d'activité à entrer en compétition sur les marchés internationaux. Mais le chiffre de la productivité est aussi très important du point de vue de la région. Une prédominance d'industries avec un rendement de travail supérieur à la moyenne aura tendance à relever le niveau des revenus régionaux. Le chiffre d'affaires enregistré par le secteur d'activité est également important pour la région. Il indique dans quelle mesure le secteur fait appel à la main d'uvre disponible dans la région. Le nombre d'employés ou le nombre d'heures travaillées par employé peuvent servir de base pour déterminer l'importance occupée par le secteur dans les statistiques de l'emploi. Certains effets de distribution diffèreront, dépendant encore de la base choisie.
Le niveau de la valeur ajoutée généré par le secteur dépend de deux choses : la productivité du travail et le chiffre d'affaires. Plus la productivité du travail et le chiffre d'affaire sont élevés, plus la valeur ajoutée du secteur d'activité est grande.
Nous reverrons plus en détails ces indicateurs de l'importance d'un secteur. Nous nous concentrerons sur des régions spécialisées dans le secteur hôtelier et qui entrent par conséquent en concurrence l'une avec l'autre.
Trois des régions sélectionnées pour être examinées possèdent des secteurs hôteliers qui rendent compte d'environ 10% du PIB régional. Ces régions sont l'état autrichien du Tyrol et le Val d'Aoste en Italie avec une part de marché d'environ 11,7 % et le canton des Grisons en Suisse avec un peu moins de 10% du PIB. D'autre part, le secteur hôtelier dans la plupart des régions examinées génère une valeur ajoutée brute qui oscille entre 3,5 et 7% du PIB régional. Le second incateur d'intérêt, la valeur ajoutée par habitant du secteur, est décrit dans la diapositive 4. En d'autres termes, le graphique montre la valeur ajoutée brute par habitant de la région du secteur hôtelier. Ici, les pourcentages varient seulement d'environ 350 USD (à la parité du pouvoir d'achat de 1990 et le taux de change ajusté au secteur de 1990) dans le cas du Colorado et à 1.800 USD dans le cas du Val d' Aoste.
Même si les deux indicateurs sont en étroite corrélation, un examen plus attentif révèle des différences intéréssantes. Pour citer un exemple : bien que l'importance régionale du secteur hôtelier au Tyrol et dans la vallée d'Aoste soit presque identique, la valeur ajoutée brute par habitant est environ 10% plus élevée dans le Val d'Aoste qu'au Tyrol. Et bien que la part du PIB du secteur des Grisons soit seulement 8% inférieur à celui du Val d'Aoste, la valeur ajoutée brute par habitant du premier correspond seulement à 73 % du chiffre du Val d'Aoste. On trouve des relations similaires quand on compare Salzbourg à Voralbelg et lorsqu'on compare le canton du Valais avec le canton de Ticino. Dans les régions suisses, la valeur ajoutée brute est très basse en comparaison avec le pourcentage du PIB régional enregistré dans le secteur hôtelier.
Les différences rencontrées dans les méthodes de classement hiérarchique par contribution du secteur au PIB et par valeur ajoutée brute par habitant peuvent être principalement attribuées à deux causes. L'une des causes possibles est que la productivité du secteur dans la région concernée diffère clairement d'une manière ou d'une autre de l'économie régionale dans son ensemble, rendant la valeur ajoutée par habitant soit exceptionnellement élevée, soit exceptionnellement basse. L'autre explication possible est que le nombre d'heures travaillées dans le secteur hôtelier est très élevé ou très bas comparé aux autres régions.
Ces faits peuvent être interprétés de deux façons : les chiffres comparativement élevés pour la valeur ajoutée brute par habitant du Val d'Aoste et dans les deux états autrichiens de Salzbourg et de Vorarlberg peuvent être la conséquence de la haute productivité du travail ou bien d'un haut niveau d'utilisation de la main d'uvre régionale comparé au reste de l'économie. Les faibles niveaux de valeur ajoutée du secteur dans les régions suisses sont attribuables notamment à la faible productivité, laquelle sera commentée ultérieurement. La relativement haute valeur ajoutée par habitant constatée dans le Val d'Aoste, d'autre part, découle d'une combinaison entre une productivité élevée (comparable à celle de Salzbourg et Vorarlberg, mais environ 15% inférieure à celle de Salzbourg) et une utilisation très importante de la main d'uvre regionale. Le Val d'Aoste vient en second lieu après les Grisons dans le pourcentage de salariés par rapport à la population ; étant donné que la région est aussi au milieu du graphique en ce qui concerne le nombre d'heures travaillées annuellement par employé, le Val d'Aoste accuse un très grand chiffre d'affaires.
Comme on peut le constater, la productivité de l'heure de travail contribue substantiellement à la fois à la compétitivité et à l'accroissement des revenus. La productivité mesure la vraie valeur ajoutée à la parité de pouvoir d'achat ajustée aux prix et au secteur par heure travaillée pour 1990. En d'autres termes, elle mesure le rendement du travail comme facteur de production. Généralement, une forte productivité tend vers une spécialisation élevée d'une branche ou d'un secteur d'activité régional plutôt que vers un chiffre bas d'heures totales. Ce cas de figure semble le plus probable dans les cas où la forte productivité se maintient sur une longue période.
Des régions dans lesquelles le secteur hôtelier est très important, ou qui affichent une forte valeur ajoutée par habitant, celles qui sont représentées en termes de productivité du travail sont les régions autrichiennes du Tyrol, Salzbourg et Vorarlberg et le Val d'Aoste en Italie. Dans le cas des régions suisses, la productivité réelle par heure est relativement faible. Si nous prenons la région Rhône-Alpes comme repère, la valeur ajoutée par habitant générée par le secteur hôtelier dans toutes les autres régions examinées est notamment plus basse. Le Colorado n'est pas très loin derrière, à savoir 27%. Alors que les états autrichiens et le Val d'Aoste se situent entre 45 et 55% derrière, les cantons des Grisons et Ticino oscillent de 70 à près de 80%.
Outre la contribution d'un secteur au rendement économique genéral de sa région, son importance peut être jaugée en termes d'emplois créés. L'une des approches dans ce cas consiste à évaluer l'importance du secteur sur le marché du travail régional, par exemple d'après le pourcentage de personnes employées avec succès dans la région enregistré par ses employés. Bien entendu le caractère attrayant d'une région dépend en partie du niveau de participation de la population en général dans le processus du travail. Plus cette participation est élevée et plus la proportion de chômeurs face aux non-chômeurs est faible, et plus le " quotient de charge " reste bas. Pour inclure cette considération dans l'évaluation de l'importance d'un secteur, on peut établir le nombre de ses employés par rapport à la population totale de la région. Ce taux d'activité spécifique au secteur comme pourcentage de la population nous fournit ainsi un barème de l'importance du secteur en tant qu'employeur et permet également de tirer des conclusions quant au flux de travailleurs migrants spécifique au secteur.
Quand nous comparons ce taux d'activité au pourcentage de la population pour le secteur hôtelier, nous trouvons des différences plutôt marquées entre les régions examinées. Le taux du secteur dans le Val d'Aoste et le canton des Grisons est d'environ 8,5 à 9%. Si l'on prend les Grisons comme point de repère, nous trouvons que les régions Rhône-Alpes et le Colorado, qui étaient les deux leaders en termes d'indicateurs commentés plus haut, indiquent un taux d'activité beaucoup plus bas que le pourcentage de population (à savoir, environ 1% seulement !). Nous trouvons de plus de hauts pourcentages dans les régions alpines de villégiature du Tyrol, du Valais, de Salzbourg, de Ticino et aussi de Voralberg. Mais même ces régions sont loin derrière les Grisons. Par exemple, le Tyrol avec un taux inférieur de moins de 25%, Vorarlberg avec moins de 55%. Le taux d'activité élevé des Grisons en pourcentage de la population est dû principalement aux flux élevés de travailleurs migrants. La situation est probablement similaire dans le Val d'Aoste, alors que les autres régions de tourisme semblent recruter leur personnel de restauration principalement parmi la population locale.
De la même façon, on trouve des différences significatives en comparant le nombre d'heures anuelles établies par l'employé moyen. Ici encore, la région des Grisons est notre repère avec 1900 heures. Les chiffres représentant les heures sont légèrement inférieurs à Ticino (-0,5%), au Valais (-4,8%) et à Salzbourg (-5,2%), mais les régions du Colorado (-30%) et Rhône-Alpes (-33 %) indiquent des chiffres encore plus bas.
En prenant en considération les indicateurs commentés auparavant, on remarque la description suivante du rendement économique comparatif des régions de tourisme en 1999. Les trois régions du Val d'Aoste, du Tyrol et le canton des Grisons sont les leaders d'activité évidents. Cependant, il est intéressant de noter que tous trois font preuve de caractéristiques clairement différentes. Alors que le Val d'Aoste et les Grisons doivent largement leur solide rendement économique à la forte utilisation de la main d'uvre régionale et à un nombre élevé d'heures travaillées par employé, le Tyrol repose essentiellement sur une productivité élevée qui le place en tête. Comme nous le voyons dans les cas du Colorado et de la région Rhône-Alpes, il est important pour une région d'aboutir sur une combinaison de haute productivité et de longues heures de travail. Toutes deux indiquent une productivité extrêmement élevée, mais le faible nombre d'heures travaillées tout au long de l'année les relèguent au bas de notre tableau de rendement. En général, nous constatons que les plus grandes régions économiques n'occupent pas une place de choix dans notre approche d'évaluation. Les leaders ont tendance à être des régions à franche concentration du secteur hôtelier, ce qui n'est guère surprenant étant donné l'emphase que nous mettons sur l'importance du secteur dans l'économie régionale.
COMPÉTITIVITÉ DES RÉGIONS ALPINES DE TOURISME EN EUROPE À L'AUBE DU 21e SIÈCLE
Introduction
Fondée sur sa longue tradition de région de villégiature, le cercle alpin européen a progressivement bénéficié d'une recrudescence de la demande touristique tout au long du 20e siècle, sauf pendant les interruptions imposées par les deux guerres mondiales. Quelques facteurs essentiels qui soulignent ce succès persistant étaient le paysage unique, le transport et les infrastructures d'hébergement bien développés ainsi que la main d'uvre qualifiée et enthousiaste.
Depuis les années 1980, les régions de villégiature des Alpes européennes ont rencontré un chemin de plus en plus ardu, et cette tendance est devenue une sérieuse récession pour le secteur pendant les années 90. Outre les conditions économiques générales, comme la croissance stagnante des affaires en Europe, des facteurs structurels venaient s'ajouter à cela. Le facteur concurrentiel le plus important étant le processus de globalisation de plus en plus intense dans le secteur du tourisme. Cette situation est due notamment aux transports devenus plus faciles et moins chers, au progrès des technologies de communication et au démantèlement des réglementations génantes. Tout cela a attiré les concurrents sur le marché du tourisme et a poussé les consommateurs (qui acquièrent vite l'expérience des voyages) à rechercher des destinations encore plus " exotiques ".
L'un des résultats du processus de globalisation du tourisme est une dévaluation des facteurs qui ont contribué traditionnellement au succès des régions alpines de vacances en Europe. C'est pour cela que le paysage alpin a peu à peu perdu son caractère unique, à mesure que de plus en plus de voyageurs ont acquis l'habileté et le désir de trouver des paysages comparablement impressionants dans d'autres parties du monde. La perte de ce caractère unique et du charme de la région ont été accélérés par un développement immobilier excessif et dans toute la région alpine européenne. Ajouté à cela qu'une vague constante de nouveaux tour opérateurs est apparue à la fois dans les segments des sports d'hiver traditionnels et dans la branche alternative de visites touristiques, intensifiant davantage la concurrence sur ce marché.
Pour couronner le tout dans les régions de tourisme alpin, les conditions sous-jacentes du secteur dans les systèmes économiques hautement développés de l'Europe de l'ouest se sont détériorées. L'un de ces aspects est le grand déclin du caractère attrayant des carrières du tourisme, ce qui rend difficile le recrutement des travailleurs qualifiés et le maintien du niveau nécessaire de garantie de qualité. Un autre facteur négatif est le sérieux surendettement de nombreuses entreprises du secteur touristique, qui conduisent à un investissement insuffisant de capitaux et un manque de projets de renouvellement.
Développement du tourisme dans les alpes : différences régionales
Bien que toutes les régions alpines de villégiatures aient été affectées par la détérioration des conditions sous-jacentes, particulièrement dans les années 90, il y avait de grandes différences d'une région à l'autre. Une révision des statistiques sur des séjours avec nuitées d'hôtel de 1990 à 1999 montre que, parmi les régions examinées, seules Sondrio, la Lombardie en général, et la région française de Provence-Alpes-Côte d'Azur(PACA) obtiennent de modestes augmentations. Parmi celles-ci, fait assez surprenant, seule Sondrio est une région alpine typique. La Lombardie, avec la région métropolitaine de Milan, dépend bien plus des affaires et du tourisme professionnel, alors que la région PACA dépend du tourisme d'été (vacances à la mer et visites culturelles).
Les deux régions autrichiennes de villégiature, le Tyrol et le Vorarlberg, réussissent à se maintenir dans les limites de la pente, mais les autres régions examinées souffrent des baisses annuelles en moyenne de 0,6 % (Valais) et 2,6 % (Suisse de l'est). Parmi les deux pays situés au cur des Alpes suisses et autrichiennes, c'est l'Autriche qui parvient le mieux à affronter la concurrence croissante du secteur touristique.
Les modèles de croissance de la valeur ajoutée réelle confirment les différences régionales dans le rendement touristique de ces dernières années. Il faut noter que le secteur hôtelier de l'état américain du Colorado était en première place du tableau de la valeur ajoutée, durant la décennie entière et la période de 1995 à 1999. Les régions suisses avaient un piètre rendement à cet égard, de même qu'en termes de statistiques de séjours avec nuitées à l'hôtel.
Nous trouvons également des différences de taille lorsque nous comparons les composants nationaux et étrangers de la demande touristique. Toutes les régions françaises et italiennes passées en revue indiquent des nombres croissants de séjours avec nuitées des visiteurs étrangers entre 1990 et 1999 (ou 1998), contre des baisses accusées (quelques-unes assez prononcées) parmi les visiteurs nationaux. Le modèle des régions autrichiennes était justement le contraire, avec une croissance du nombre des visiteurs nationaux décidés à rejeter la demande extérieure. La plupart, mais pas toutes, des régions alpines de Suisse et d'Allemagne avaient aussi tendance à profiter plus énergiquement de la demande nationale.
Une comparaison des saisons d'été et d'hiver montre que le rendement était clairement meilleur en été dans la région alpine dans son ensemble entre les années 1990 et 1999. A la seule exception de la région touristique suisse de Ticino, toutes les régions de repère examinées indiquaient une baisse moins sévère des séjours avec nuitées en hiver qu'en été, ou bien une modeste croissance dans la saison d'hiver. Deux causes principales soulignent probablement le rendement le plus pauvre dans la saison estivale. Ce n'est pas sans raison que la demande touristique d'été est bien plus sensible aux tendances récessives d'affaires que la demande d'hiver, et que la croissance économique a été très lente en Europe de l'ouest pendant les années 90. Encore plus important, le fait que les régions alpines de vacances en Europe sont bien mieux parvenues à résister à la pression croissante de la concurrence mondiale durant la saison d'hiver plutôt que pendant celle d'été. Ceci est largement dû aux avantages compétitifs naturels offerts par le climat alpin et à la topographie adaptée aux sports d'hiver. Pour la même raison, le tourisme d'hiver peut être considéré comme la plus importante concurrence essentielle des stations de vacances alpines d'Europe.
Facteurs sous-jacents des différences régionales dans le rendement touristique
Tenter d'analyser les raisons du rendement touristique en dessous de la moyenne est une tâche complexe, car de nombreux aspects différents sont en jeu. À la fois les facteurs de l'offre et de la demande doivent être pris en considération, et une révision approfondie de la compétitivité des prix des différentes régions est necéssaire.
La plupart des facteurs qui régissent la demande touristique restent clairement hors de contrôle de ceux qui fournissent les services : en tout premier lieu, les hauts et bas économiques variant en France, en Italie, en Allemagne, en Autriche et en Suisse, qui affectent fortement la demande de tourisme national dans les régions alpines de ces pays. Ils n'ont pas non plus le contrôle sur les fluctuations du taux de change, qui affecte principalement le composant étranger de la demande touristique.
Étant donné que les régions alpines de villégiature ont plus de liberté pour agir du côté de l'offre, jetons un coup d'il de plus près à la façon dont la situation affecte le rendement. Il est important d'avoir à l'esprit que, malgré des différences structurelles entre les régions alpines de villégiature individuelle, elles affrontent toutes des défis similaires quant à l'offre en rapport avec le processus de globalisation cité précédenment.
Un aspect primordial est le besoin de se concentrer sur les types de tourisme qui engendrent une valeur ajoutée intensive, parce que la dotation naturelle des régions alpines de vacances les rendent à peine capables de supporter le tourisme de masse. Par conséquent, ils ont besoin de prêter plus d'attention à la garantie de qualité et à la promotion dans leur offres touristiques, et à avoir comme objectif de rendre le secteur touristique plus professionnel. L'application des principes de marketing modernes a également pris énormément d'importance, car le marché dans la plupart des régions de vacances s'est transformé en marché d'acheteurs au lieu de celui de vendeurs. Un défi suplémentaire pour ces régions réside dans le besoin de créer des environnements d'expérience à choix multiples pour satisfaire la demande touristique de plus en plus complexe et précise.
Si nous nous penchons sur les indicateurs pour déterminer la façon dont les régions isolées alpines réagissent à ces défis du côté de l'offre, nous trouvons utile de diviser ce qu'elles offrent aux touristes en facteurs de " hardware " et en facteurs de " logiciel ". Le " hardware " touristique inclut le transport et les infrastructures d'hébergement, le côté " logiciel " comprend des choses telles que qualité des services et capacité d'innovation. En plus de ces deux dimensions, nous devons prêter une attention spéciale à l'aspect de la compétitivité des prix.
Sous le titre de hardware touristique, l'infrastructure disponible en ce qui concerne les hôtels et les autres formes d´hébergement est extrêmement importante. Compte-tenu du niveau des prix relativement hauts en Europe de l'ouest, les touristes actuels en sont venus à adopter une infrastructure d'hébergement de haute qualité pour avoir une garantie. Une comparaison des mobiliers d'hôtel à travers les Alpes européennes montre que beaucoup des régions sont infestées de plus ou moins de sérieux déficits pour réunir ces hautes expectations.
Comme nous l'avons déjà noté, les sports d'hiver représentent une concurrence réelle essentielle des régions de villégiature dans le cercle alpin européen. Un examen des domaines skiables montre que la plupart des régions alpines possèdent un ou plusieurs domaines skiables attrayants en termes d'infrastructure. Ceci s'applique essentiellement aux régions alpines françaises, italiennes, autrichiennes et suisses. On doit dire cependant que bon nombre des plus petites stations, et particulièrement les domaines les moins couverts, affrontent clairement un futur incertain, et qu'une transformation structurelle accélérée semble plus probable dans les années à venir.
Les stations de ski europénnes accusent une faiblesse en ce qui concerne les structures d'organisation. Les petites et moyennes entreprises qui prédominent ne sont pas très bien équipées pour occuper une place dans un environement globalement compétitif, par exemple pour entrer en concurrence avec les stations de ski nord-américaines. Beaucoup manquent des fonds nécessaires, et il existe une carence générale de structures de gestion et de capitaux nécessaires pour développer et améliorer les idées d'optimisation.
Mais la faiblesse structurelle des régions alpines d'Europe ne se limite pas seulement au segment de sports d'hiver. Encore bien plus important est le fait que la croissance historique des structures PME (petites et moyennes entreprises) fait preuve d'un réel handicap dans l'environement globalisé. Ce qui est requis, ce sont des réformes fondamentales qui peuvent être référées collectivement comme des formations de destination. Il est important d'éviter de s'engager dans une telle formation de destination seulement pour des objectifs de marketing. Au contraire, l'objectif devrait être celui d'augmenter la dose de coopération et de travail en équipe parmi les fournisseurs de services touristiques dans les régions de vacances.
Une coopération accentuée et un travail d'équipe parmi les fournisseurs de services touristiques et la formation de destinations enregistrent négativement l'importance croissante de la dimension de logiciel de ce qui est offert aux touristes. Comme les régions alpines européennes surveillent le caractère unique de la diminution de leur hardware touristique, l'aspect logiciel de leur offre revêt alors une nouvelle dimension. En conséquence de quoi, une plus grande attention doit être portée à la formation et à l'éducation suplémentaire de ceux qui sont employés dans le secteur touristique.
La croissante importance du logiciel de tourisme est largement induite par le progrès technologique. Les nouvelles technologies facilitent la communication et les possibilités de réservation, élevant la transparence des produits touristiques et des prix, et par conséquent, haussant l'intensité de la concurrence. Cependant, ils découvrent entièrement de nouvelles possibités pour un marketing efficace, et il est probable qu'ils consolident la tendance envers les offres de produits coordonnés. Un examen des apparences sur Internet des régions alpines d'Europe de villégiature montre que, bien que des ressources substantielles aient été investies pour la modernisation, de sérieuses différences de qualité existent encore parmi les sites web individuels.
Les prix jouent un rôle déterminant dans l'interaction de l'offre et de la demande touristiques. Des comparaisons internationales montrent que l'habileté à entrer en compétition sur les prix provient de deux éléments : les fluctuations du taux de change d'une part, et les tendances des prix du tourisme contre la toile de fond de mouvements de prix généraux dans les pays individuels. Pendant les deux dernières décennies, il est clair que l'aptitude des régions alpines de villégiature en Europe à entrer en compétition sur les prix a baissé, conséquence du transport international plus accessible et de l'émergence d'une nouvelle concurrence de la part de pays dotés généralement de niveaux de coûts inférieurs. Une analyse des prix des billets de ski et d'hôtel à travers l'Europe révèle que cela s'applique aux stations de ski suisses plus encore que partout ailleurs.
CONCLUSIONS
Après avoir traversé une période difficile, les régions alpines européennes de villégiature se retrouvent confrontées à des défis décourageants. Il apparaît que les effets de la tendance de globalisation du tourisme ont commencé à chavirer vraiment durant la crise des années 90. Grâce à la récupération économique mondiale, la forte demande touristique rend maintenant plus facile les changements structurels nécessaires. Les régions alpines européennes de villégiature ont l'opportunité de tirer parti de la croissance supérieure à la moyenne du tourisme mondial, et ceci à moyen terme.
Cependant, des changements draconiens sont requis du côté de l'offre (voir section 2.3) si ces régions sont sur le point d'entrer avec succès en compétition sur le marché du tourisme globalisé. Notre recherche sur l'offre touristique dans les régions alpines sélectionnées montre que cette sorte d'action est menée dans bien des endroits. Mais de sérieuses différences persistent entre les régions en ce qui concerne la direction et le degré d'accomplissement de ces mesures. La compétitivité des prix sera un facteur décisif dans l'arène de la concurrence mondiale intensifiée. Pour les régions touristiques alpines européennes, les objectifs les plus importants seront d'améliorer l'optimisation des ressources de l'offre et de devenir plus flexibles pour mieux s'adapter à la demande changeante.
Tout bien considéré, on peut s'attendre à ce que le tourisme dans les Alpes européennes augmente de manière significative à moyen terme. Mais toutes les régions ne profiteront pas de cette croissance au même niveau et la région alpine européenne toute entière continuera à perdre ses parts de marché dans le contexte du marché du tourisme mondial.