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Tourisme durable : les ambitions de Rhône-Alpes pour la nouvelle décade

Anne-Marie COMPARINI - Présidente Conseil régional Rhône-Alpes, France

 

Mesdames, Messieurs,

Quelle position redoutable que celle de clôturer de telles rencontres sur un thème aussi complexe et pour un intervenant qui, contrairement à nombre d'entre vous, n'est pas un expert.

Alors, humblement, je m'essayerai à rassembler quelques questionnements ouverts et sans préjugés sur la base de l'existant.

L'existant, l'offre Rhône-Alpes

En un mot, Rhône-Alpes, deuxième région française par sa superficie et sa population, se place parmi les plus grandes régions européennes.

Comparable en superficie à des pays tels que la Belgique, la Suisse ou les Pays-Bas, elle compte autant d'habitants que le Danemark ou la Finlande.

En terme d'accueil de touristes cette fois, Rhône-Alpes se situe au 2ème rang national avec plus de 155 millions de nuitées, juste derrière la région Provence alpes côte d'Azur et induit une consommation touristique de l'ordre de 54 milliards de francs.

Pour assurer un tel développement de ses activités touristiques, notre région s'appuie sur la valorisation de 3 atouts :

  • sa géographie caractérisée par une extraordinaire diversité des espaces naturels, des climats, des paysages et reliefs,
  • la richesse d'un patrimoine historique et culturel particulièrement bien réparti sur l'ensemble du territoire régional,
  • et enfin une excellente accessibilité de ces différents centres d'intérêt.

Rhône-Alpes, qui possède, avec 200 stations, le plus grand domaine skiable du monde et qui a accueilli 3 Olympiades d'hiver, offre également aujourd'hui bien d'autres activités touristiques.

Je citerai pêle-mêle : le tourisme d'été en montagne, celui lié à l'au, à la santé et à la remise en forme, mais aussi le tourisme vert, urbain, culturel, gastronomique, sans oublier le tourisme d'affaires qui représente 20% du tourisme rhônalpin.

Cette réussite, je tiens à le souligner, est le fruit du dynamisme de tous ceux qui oeuvrent en faveur du tourisme dans notre Région. Cette réussite, nous l'accompagnons :

  • en proposant sur le marché une offre touristique structurée par filière de produits regroupant des opérateurs touristiques sensibilisés à cette démarche de filières,
  • en apportant un soutien spécifique aux stations de moyenne altitude et de taille moyenne,
  • en soutenant le développement du tourisme associatif et la modernisation de l'hôtellerie saisonnière et de campagne 
  • en offrant des possibilités de professionnalisation aux opérateurs touristiques,
  • ou encore par la promotion des destinations touristiques en Rhône-Alpes (CRT).

Néanmoins, on ne peut se contenter des bons résultats actuels.

A l'image de Chamonix, notre Région est soumise à une évolution de la demande et à une concurrence internationale sans cesse accrue par l'apparition de nouvelles destinations, de nouveaux comportement, de nouvelles attentes. Elle doit également conjuguer croissance touristique avec protection de l'environnement.

On mesure bien là toute la difficulté de construire une stratégie de développement durable et tout l'intérêt de rencontres comme celles-ci pour progresser dans notre réflexion et mieux cerner la demande.
Car c'est bien dans une économie de la demande que nous sommes.

Et cette demande, quelle est-elle ?, comment évolue t'elle ?

Elle relève d'une logique économique et comme toutes activités, elle suppose :

  • un vrai travail de prospective pour anticiper les attentes des clientèles,
  • un vrai travail de partenariat pour élaborer un diagnostic partagé et définir une stratégie de développement,
  • une mobilisation, une implication et une adaptation des acteurs de la chaîne touristique autour du principe de qualité,
  • le développement d'un réseau ancré sur des territoires à forte identité touristique,
  • une réflexion fine sur les nouveaux produits 
    • leur gamme
    • leur qualité. 

elle suppose aussi une professionnalisation des acteurs,

ceux qui recherchent les nouveaux marchés, et ceux qui offrent les services (Formation management, saisonniers, PME).

Au 21ème siècle,

  • Comment prend-on en compte correctement les demandes nouvelles liées aux besoins de culture, de sport ?
  • La nature à l'état pur ne suffit pas. Le visiteur n'attend-il pas un bouquet de prestations, une gamme de produits ? Comment le composer le plus judicieusement possible ?
  • le produit "montagne" n'est plus seulement lié à la neige ? Comment gérer au mieux la pluri-activité ?
  • L'économie de loisirs ne veut-elle pas dire étalement plus ample au cours de l'année ?, et évolution des temps de séjours ?
  • Comment explique t'on l'attraction grandissante des Parcs Naturels Régionaux ? Est-elle durable ?
  • Comment créer massivement des produits personnalisés ?
  • Comment trouver dans les grandes stations touristiques l'authenticité et la convivialité tant recherchées ?

Autant de questions à se poser pour faire face à la concurrence, autant de questions sur lesquelles vous réfléchissez, et autant de questions à partir desquelles il est nécessaire de réfléchir aussi dans chaque territoire touristique en prenant en compte ses propres spécificités, ses propres potentialités.

***

Un autre point que je voulais aborder avec vous est que l'activité touristique est dépendante d'autres facteurs et en premier lieu de l'environnement, de la qualité du décor oserai-je dire.

Et en Rhône-Alpes, nous sommes particulièrement sensibles à la qualité de notre environnement, à la beauté de nos paysages.

C'est pourquoi, en matière de protection de l'environnement, outre notre soutien actif au développement des énergies renouvelables, nous exigeons dans tout projet de développement que nous soutenons, une prise en compte réelle de cet enjeu, condition de notre soutien.

C'est pourquoi, et je tenais à vous dire ici aujourd'hui, je suis tant attachée à la réalisation ferroviaire Lyon-Turin.

Je partage totalement l'attachement que portent les habitants de cette vallée à la mise en œuvre rapide d'une politique des transports de façon à réduire significativement le trafic routier.

Avec Éric Fournier qui préside le GIP Transalpes, structure d'étude pour la liaison ferroviaire transalpine Lyon-Turin, nous travaillons avec détermination pour faire progresser ce projet de liaison transalpine : projet ambitieux techniquement et financièrement.

Mais, il est vital pour la population et son bien-être, pour l'économie savoyarde, rhônalpine et française.

Depuis des années, des réflexions techniques et financières ont été engagées. Elles ont été sérieuses et les autorités françaises disposent maintenant d'éléments fiables pour passer aux actes et affirmer clairement leur intention de percer un tunnel sous les Alpes, afin de réaliser la liaison mixte Lyon-Turin.

Bien sûr, nous savons que pour atteindre cet objectif, il y aura des étapes transitoires. Mais, il est temps de dire l'objectif final. L'objectif voulu, attendu qui seul peut mobiliser les acteurs et leur rendre espoir.

Toute autre proposition de substitution (route roulante) ou d'études complémentaires qui viseraient à remettre à plus tard la décision risquent fort de prendre les allures d'une voie de garage pour le Lyon-Turin.

C'est pourquoi, ce défi ambitieux peut être relevé, que les Élus veulent croire que les autorités françaises répondront à cet appel.

 

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