retour Index deuxième sommet

Accueil

Retour liste Orateurs
Retour liste Interventions

 

Une politique gouvernementale peut-elle assurer le développement durable de l'industrie du tourisme ?

Martin BRACKENBURY - Président Conseil Professionnel OMT

 

 

Martin Brackenbury est Président de la Fédération Internationale des Tour opérateurs, Président du Conseil d'affaires de l'organisation mondiale du tourisme, Président de la Fédération des tour opérateurs (R.U.), Président du groupe d'aventure Trekinvestco (Exodus and Peregrine Adventures), Directeur des Relations internationales de Airtours Plc et Directeur de l'Institut de recherche Christel DeHaan Travel & Tourism à l'Université de Nottingham (R.U.).

 

I - INTRODUCTION

C'est à la fois un privilège et un plaisir d'avoir été sollicité à participer dans un débat et évoquer ce qui aujourd'hui constitue, à mes yeux, le principal obstacle au tourisme.

Les conséquences de la croissance touristique sur les pays de destination sont le tout premier phénomène à observer. Le besoin d'un tourisme responsable, capable d'assurer la réalisation d'une croissance durable et équilibrée, d'identifier et de planifier les limites de cette croissance là où il en existe, est amené à devenir de plus en plus important et urgent avec le temps.

Parmi l'éventail important de thèmes traités au cours de cette conférence, la question qui m'a été posée est la suivante :

"Une politique gouvernementale peut-elle assurer le développement durable de l'industrie du tourisme ?"

En bref, je répondrais par non et je pourrais me contenter de cette réponse. Mais cela n'est pas suffisant pour les organisateurs.

Par conséquent, je vais essayer dans cette présentation de dresser le contexte historique, les questions, les responsabilités et de vous livrer quelques solutions.

Malheureusement les débats sur ces questions sont souvent confus. Confus car les participants ont tendance à prendre une toute petite anecdote d'un quelconque projet d'un domaine éloigné à partir de laquelle ils échafaudent une thèse générale ou, ignorant les faits, ils reprochent la passivité de certaines activités ou de certains secteurs alors que là où les besoins sont importants, plusieurs activités utiles se mettent en place. Ou bien les personnes confondent les problèmes d'émissions de gaz nocifs et d'effets de serre avec d'autres problèmes de bio-diversité. Une bonne campagne qui va dans le sens d'une bonne science. Confusion également car les gouvernements disposent de pouvoirs différents pour agir dans différents pays et les réactions des gens sont différentes. Par conséquent, sans cette confusion, existe-t-il des réponses positives à la question qui m'a été posée ?

  

II - CONTEXTE HISTORIQUE

Commençons par le contexte historique. Jadis la planète Terre était capable de se contrôler. Les déséquilibres de la nature se résolvaient relativement vite, quoique péniblement, et de nouveaux équilibres et symbioses se mettaient en place. L'espèce humaine est la coupable. Sa capacité à infléchir les aspects de la nature selon sa volonté a entraîné des perturbations à grande échelle. La croissance extraordinaire du nombre d'êtres humains a vu se développer de nouveaux déséquilibres malsains. Par le passé, sans le soutien de la science et de l'aide humanitaire, le nombre excédentaire d'êtres humains était corrigé, comme dans la nature, par le manque de nourriture et la mort, impliquant parfois les guerres pour préserver un territoire pour les siens. Dans certaines régions d'Afrique, cela existe encore aujourd'hui.

Pour éviter des conflits permanents et meurtriers, des règles ont été établies concernant la propriété des terres et leur utilisation, les récoltes et le bétail et la pêche. Ces règles ainsi que d'autres mesures étaient destinées au bien de la race humaine. Nous avons à présent élaboré des cadres de lois qui régissent l'aménagement des territoires dans la plupart des pays du monde. Nous disposons d'une pléthore de lois pour la protection du consommateur, des travailleurs, des citoyens, des entreprises, etc.

Qu'est-ce qui a donc changé ? C'est la prise de conscience de certains êtres humains que l'exploitation de la planète conduisait à des conséquences inattendues. D'une certaine façon, on ne s'attendait pas à ce que les vieux concepts de surpeuplement et de surpâturage, connus par des générations d'agriculteurs, entraînent des effets sur le monde entier. Plus particulièrement, les gens n'ont pas voulu reconnaître que l'association de la croissance de la population et de l'application de la science pouvait augmenter de manière exponentielle les risques de préjudices.

Reconnaître le problème ne signifie pas que les solutions seront faciles à trouver.

Le passage de l'être humain de l'état d'exploitant de la terre à l'état de défenseur de la bio-diversité et de la protection de la couche d'ozone se révèle difficile d'un point de vue conceptuel, et est politiquement et pratiquement risqué lorsque l'on sait que 4,5 milliards sur 6 milliards d'êtres humains vivent avec moins de 2 dollars américains par jour et se demandent de quel pays viendra le prochain repas.

La bio-diversité est menacée : premièrement, à cause de l'être humain qui déloge et transforme l'habitat des espèces ; deuxièmement, par l'extermination des espèces dont l'être humain veut se nourrir ou qui menacent les humains ou les récoltes ; troisièmement, à travers la pollution et quatrièmement, à travers la protection irréfléchie d'espèces entraînant des déséquilibres dans la chaîne alimentaire.

Où et comment le tourisme produit-il des effets ?

Le tourisme est une migration de masse de millions de gens pour une brève période vers des endroits où ils ne vivent pas. Certains d'entre eux pensent faire partie d'un petit segment supérieur de touristes mais ils sont tous des touristes identiques.

Ces personnes quittent leurs propres habitations et constituent donc un moindre fardeau pour l'environnement de leur pays, mais elles peuvent parfois doubler la population locale d'un endroit dont les infrastructures n'ont été prévues que pour la moitié de ce nombre. L'arrivée d'un si grand nombre de personnes aux coutumes et traditions différentes demande une adaptation des cultures locales pour tendre vers ces riches visiteurs. Il en résulte parfois un sentiment d'amertume, lorsque le bien-être d'une communauté dépend de ces visiteurs. Ce qui avait commencé comme un accroissement d'hospitalité devient un business : la répétition conduit à des réponses très anodines adressées à des personnes anonymes. Le tourisme moderne de masse commence son voyage à travers le monde en voie de développement.

Si les sociétés n'en formaient qu'une, si elles disposaient de moyens de contrôles et d'équilibres des systèmes politique, juridique et matrimonial, renforcés par un mythe, un rite et une religion (aiguisés pendant des siècles pour que les êtres soient sûrs de leur identité et de leur place dans le monde), l'arrivée d'un groupe social de riches étrangers ne pouvait que bouleverser le status quo. C'est ce qui s'est passé.

L'interaction transforme les gens. D'un côté, nous appelons ce phénomène le développement, et de l'autre, nous le décrivons comme une destitution culturelle. Cela dépend de votre point de vue.

La perspective de plusieurs participants locaux du tourisme est que l'interaction et le savoir peuvent conduire à la création de compétences et de connaissances, qui elles-mêmes peuvent permettre de passer de la pauvreté et de la privation à une vie beaucoup plus gratifiante.

L'autre perspective est celle avancée par les personnes touchées par les touristes qui ne profitent pas d'eux. Certains d'entre eux se plaignent que le tourisme ne profite qu'à un petit nombre et que le reste de la communauté est perdante.

La troisième perspective est avancée par les touristes. Et plus particulièrement par les touristes qui pensent qu'ils sont civilisés et capables de se mettre à la place de quelqu'un d'autre pour juger une situation. Avec cette perception, ces touristes identifient et cherchent toutes les preuves possibles pour renforcer leur idée que les touristes n'apportent que peu de bénéfices.

Ces personnes qui parlent à propos de ce qui semble être un oxymore "la société pluri-culturelle" sont apparemment les mêmes qui réclament la protection de l'intégrité culturelle contre les hordes de touristes envahissantes (qui ont une vulgarité effervescente et un intérêt pour personne d'autre qu'elles-mêmes).

Ce que ces différentes perceptions cherchent à démontrer, c'est que la mentalité figée de groupes d'individus constitue sans aucun doute une réelle difficulté quant à l'élaboration de solutions appropriées.

Être un touriste est souvent un acte égoïste. C'est une indulgence. Nous le portons comme quelque chose de nécessaire : le besoin de se reposer et de se relaxer, l'occasion de s'éloigner de tout, le besoin d'être en forme, de connaître d'autres cultures, le besoin de reconstruire des relations…mais cela demeure une indulgence, un acte égoïste.

Les acteurs de ce jeu du tourisme sont les touristes irréfléchis, les touristes responsables, les touristes humanitaires (et les ONG), le tourisme intermédiaire, les hôtels, les compagnies aériennes et les autres sociétés commerciales, les populations locales impliquées dans le tourisme et ceux qui ne le sont pas mais qui sont touchés par le tourisme, et enfin l'environnement.

 

III - LES QUESTIONS SONT LES SUIVANTES

Le genre de touriste que vous représentez est-il important ?
Peut-on transformer des touristes irréfléchis en touristes responsables à défaut de touristes humanitaires ?
Quel est le rôle des intermédiaires par rapport aux touristes ?
Quel est le rôle des intermédiaires par rapport aux habitants locaux impliqués dans le tourisme dans les pays développés ou en voie de développement ?
Quel est le rôle des intermédiaires ?
Quel est le rôle du gouvernement dans le maintien de la durabilité de l'industrie du tourisme ?

Examinons chaque question l'une après l'autre : 

"Le genre de touriste que vous représentez est-il important ?"

La réponse réside dans les dégâts qui peuvent être occasionnés. Si les gens se tournent vers un lieu de plaisir comme Benidorm sur le continent espagnol ou à Playa de las Americas à Tenerife, on peut dire qu'ils créeront peu de dégâts car ces endroits sont essentiellement destinés à recevoir des gens qui veulent "se laisser aller" et oublier leurs responsabilités habituelles. Dans ce type de situation et pour ce segment de marché, les municipalités sont totalement responsables des détritus, de la propreté des plages, de l'eau, des déchets, du bruit, etc.

Plus l'habitat est sensible, moins l'habitant local est conscient des conséquences du tourisme et plus le touriste doit être attentif et responsable.

De plus, lorsque les gouvernements dont les pouvoirs d'intervention sont réduits en raison du manque de ressources ou, comme c'est souvent le cas, parce qu'ils ont d'autres priorités plus urgentes et plus importantes à traiter que les conséquences du tourisme, il existe un besoin plus fort d'attention et de responsabilité de la part du touriste.

La seconde question est la suivante :

"Peut-on transformer des touristes étourdis en touristes responsables à défaut de touristes humanitaires ?"

La réponse doit dépendre de la personne que vous essayez d'influencer. Si le but du touriste est de "se laisser aller" et d'oublier ses responsabilités, alors quel que sera l'influence qu'il doit supporter, elle sera pratiquement vouée à l'échec. Au Royaume-Uni, 46% des touristes voyageant au forfait font partie de cette catégorie (Enquête ABTA Mori, octobre 2000).

En revanche, s'ils partent pour Benidorm ou Playa de las Americas, est-ce que c'est important ? Pas vraiment.

D'un autre côté, si un grand nombre de touristes partent pour des destinations dans des pays en voie de développement où les infrastructures municipales sont faibles, ils risquent de provoquer des dégâts.

Le degré d'influence pour une plus grande responsabilité des 54% restant de touristes voyageant au forfait du Royaume-Uni est bien meilleur ; pourtant les modifications de comportement de ce groupe restent limitées. Même avec une éducation et une discipline préalables imposées aux activités des tours opérateurs (ex. safaris en Jeep au Kenya), il y en aura toujours certains qui abuseront de l'environnement. Cette enquête révèle un autre aspect intéressant : 85% des vacanciers voyageant au forfait du Royaume-Uni pensent qu'il est important de ne pas causer de dégât à l'environnement.

La prochaine question est la suivante :

"Quel est le rôle des intermédiaires par rapport aux touristes ?"

Les agents de voyage et les tour opérateurs ont un service de conseil. Les tour opérateurs, en particulier, servent de lien entre le pays de destination et le client. En règle générale, des brochures sont mises en ventes et agrémentées de conseils sur "ce qu'il faut faire" et "ce qu'il ne faut pas faire". À leur arrivée, des représentants du pays de destination offrent des informations beaucoup plus précises sur ce que vous pouvez faire et ce qu'il est recommandé de ne pas faire. Certains conseils portent sur le code vestimentaire mais, sauf s'il existe des tours opérateurs très spécialisés dans les excursions vers des zones sensibles, les conseils sur l'environnement sont limités.

Les tour opérateurs ont assurément un rôle et des responsabilités envers leurs clients en matière de conseils utiles et actualisés. Ces conseils doivent être adaptés aux conditions locales du pays de destination. Par exemple, ne pas trop s'occuper des clients pour Benidorm - mais traiter sérieusement ceux qui partent en safaris en Afrique ou en trekking au Népal. Le meilleur moment pour influencer le comportement d'un touriste est immédiatement à son arrivée - La plupart des brochures sont étudiées des mois avant ainsi que la réservation, par conséquent elles ne forment pas le meilleur moyen d'influencer le comportement.

La prochaine question est la suivante :

"Quel est le rôle des intermédiaires dans les pays développés ou en voie de développement ?"

Dans les pays industrialisés de l'OCDE, les tour opérateurs doivent jouer le rôle d'un acteur constructif du secteur privé dans un partenariat public/privé ayant pour objectif le développement durable du tourisme. Ce rôle implique de répondre de manière constructive au cadre juridique, de contribuer aux consultations sur les amendements de ce cadre juridique et en règle générale, de permettre au pays d'atteindre ses objectifs touristiques. Les tour opérateurs doivent donc bien tenir compte des questions telles que la protection des ressources, la protection de l'énergie, la gestion de la congestion et des déchets.

La différence clé dans le monde en voie de développement est que les gouvernements peuvent avoir la volonté mais subir le manque de ressources qui garantissent la bonne gestion des conséquences sociales et environnementales du tourisme. Par conséquent, les tours opérateurs ainsi que leurs fournisseurs en sous-traitance qui travaillent avec les gouvernements doivent exercer leur activité au sein d'un code de conduite informel pour favoriser de meilleures pratiques. Cette solution est inévitablement peu active. Dans ce type de situation, les gouvernements ne peuvent pas imposer de champs d'action de niveau, par conséquent si une meilleure pratique environnementale est plus chère, la tendance sera aux économies pour pouvoir offrir des prix plus attrayants aux clients.

La prochaine question est la suivante :

"Quel est le rôle des intermédiaires ?"

Les tours opérateurs doivent disposer de mesures claires relatives à :

L'économie d'énergie, le bruit, émission et efficacité opérationnelle (en particulier s'ils possèdent leurs propres compagnies aériennes) ! L'utilisation de matériaux non toxiques ! L'achat et la consommation du papier ! Les informations aux clients ! L'influence et le contrôle de performance des sous-traitants (ex : hôtels, économie d'énergie, conseil au client, gestion des déchets) ! L'interaction avec les gouvernements et les autorités locales, les ONG ! Le soutien des politiques et stratégies de gestion des pays de destination visant le développement durable ! L'intégration du développement durable dans le développement de la gestion et les programmes de formation des représentants. ! L'ajout de données de performance pour le soutien des comptes-rendus d'entreprise.

Revenons à la question d'origine en tenant compte de toutes ces mises en garde et contraintes.

"Les politiques gouvernementales peuvent-elles assurer le développement durable de l'industrie du tourisme ?"

J'espère que la réponse est claire. D'un point de vue général, une politique gouvernementale seule ne peut assurer le développement durable de l'industrie du tourisme.

Le rôle des autres acteurs du jeu touristique est très important pour assurer ce développement durable. Ce qui soulève la question suivante :

"Si une politique gouvernementale seule ne peut assurer le développement durable de l'industrie du tourisme, quel est alors le rôle du gouvernement ?"

Dans un premier temps, il est nécessaire d'examiner dans quels domaines l'intervention du gouvernement est déjà visible. 

  • Emissions des avions (bruit et gaz d'échappement)

Ces émissions sont déjà sous la gestion des gouvernements et des organisations intergouvernementales. À l'aide de pression et de réglementation, les gouvernements ont encouragé d'importants progrès technologiques qui seront sans aucun doute suivi par beaucoup d'autres.

  • Emissions des véhicules terrestres

Ces émissions sont déjà sous la gestion des gouvernements. L'application de solutions nettement plus rigoureuses réduit considérablement ces émissions. Cette pression conduit également vers l'émergence d'alternatives viables d'émissions zéro.

  • Utilisation de l'énergie

Les individus des pays développés semblent consommer à peu près autant d'énergie quel que soit l'endroit où ils se trouvent. (Chauffage et voyage au Nord, air conditionné et voyage dans les pays chauds du sud).

La question sur l'énergie supplémentaire utilisée par les touristes doit se limiter au voyage aller-retour.

Certains pays disposent de conditions pour l'utilisation de mesures d'économie d'énergie. Les hôtels appliquent différentes méthodes pour réduire la consommation d'énergie et produire de l'énergie (et diminuer la production de gaz à effet de serre) à l'aide de panneaux solaires. Dans la mesure où les hôtels recherchent constamment des moyens de réduire leurs coûts, il existe de forts encouragements économiques déjà mis en place.

Les fabricants aéronautiques sont responsables de la consommation de carburant des avions. Il existe là aussi des encouragements importants visant à réduire la consommation de carburant et les divers coûts d'exploitations.

Un avion a une durée de vie assez longue (20 ans ou plus). Leur coût est très élevé donc la mise au rebut d'un avion peut coûter très cher. Les gouvernements sont intervenus pour proscrire, par exemple, les avions bruyants à une date donnée, ce qui a pour effet d'augmenter le taux de mise au rebut des vieux avions inefficaces. La dépense de l'avion signifie que le renforcement progressif de la réglementation est le seul moyen viable pour les gouvernements.

  • Eaux usées/Déchets solides

Les réseaux d'assainissement sont gérés par les gouvernements central ou local. Les déchets solides sont gérés par les gouvernements au moyen de réglementations sur les emballage et sur l'hygiène. En l'absence d'une réglementation requise et d'une infrastructure, les hôtels et les autres fournisseurs doivent appliquer leurs propres solutions durables.

  • Propreté de l'eau

Cette gestion incombe au gouvernement central/local soutenu par des fournisseurs locaux privés dans les pays les plus pauvres.

  • Propreté de l'eau de mer

Cette gestion incombe au gouvernement central/local.

  • Planification et élaboration de la réglementation/Protection des espaces nationaux

Cette gestion incombe au gouvernement central/local. Ses décisions reflètent un équilibre entre les questions économiques, sociales et environnementales qu'il veut trouver.

  • Routes et autoroutes

Cette gestion incombe au gouvernement central/local.

  • Aéroports et Ports

Ces questions sont définies par une réglementation gouvernementale.

  • Contrôle du trafic aérien

Ces questions sont réglementées par les gouvernements et les organisations intergouvernementales.

  • Santé et hygiène

Cette gestion incombe au gouvernement chargé de la réglementation, du renforcement et de la mise en place de services de santé et (de traitement des déchets) mais certains aspects de la mise en place relèvent du secteur privé (ex. : hôtels).

  • Contrôle du flux de touristes

Le nombre maximum de touristes est en général régi par les capacités d'accueil. Cette gestion relève de la réglementation sur la planification du gouvernement.

La gestion des sites du patrimoine, des stations de ski et autres attractions naturelles ou artificielles nécessite une étude plus importante et peut également conduire à une réglementation spécifique du gouvernement central ou local.

Si le flux de touristes doit être limité, la question de la tarification entre en jeu en tant que méthode de gestion du nombre. Cette question peut relever en partie du secteur privé mais aussi du secteur public (ex. : prix d'entrée de la tombe de Nefertari en Egypte).

Les mesures et réglementations des gouvernements affectent déjà plusieurs aspects du tourisme durable. Cela doit être valable pour les pays de destination qui déterminent les cadres juridique et réglementaire appropriés et pour les intermédiaires et les directeurs du secteur privé.

Les tours opérateurs doivent exercer leur activité dans le cadre de réglementations juridiques destinées à protéger les consommateurs. Les tours opérateurs américains sont donc responsables des actes et des oublis des fournisseurs et doivent offrir des informations précises aux consommateurs.

Existe-t-il un cas spécifique qui nécessite la création d'obligations juridiques du tour opérateur qui l'oblige à fournir à ses consommateurs des conseils et des directives pour être un touriste responsable ? Il existe probablement plusieurs objections à cette proposition qui considèrent que ce conseil pourrait être fourni à l'arrivée et non sur une brochure, où l'information ne sera pas retenue et coute très chère. Bien entendu, la majorité des personnes ne voyagent pas par le biais de tour opérateurs ; c'est donc le pays de destination qui fournira l'information à la majorité des personnes qui voyagent en indépendants. Par exemple, les tour opérateurs pensent que l'information relative aux condamnations pour détention de drogue ou exploitation sexuelle des enfants est probablement mieux transmise à l'arrivée dans les aéroports (près des contrôle d'identité ou des tapis roulants pour bagages).

Comme je l'ai fait observer précédemment, les conséquences sociales et environnementales du tourisme peuvent être beaucoup plus importantes dans les pays dont les ressources pour le renforcement juridique sont limitées. L'obligation de responsabilité relative au développement durable incombe plus lourdement aux tour opérateurs et autres sous-traitants.

Quelle mesure utile pourrait encourager un comportement responsable de l'industrie du tourisme ?

La démarche de la triple ligne de fond pourrait être utile : compte-rendu d'entreprise qui couvre les performances financières mais également sociales et environnementales.

Les gouvernements des pays générateurs peuvent aussi jouer un rôle pour assurer l'élaboration de codes de conduite et de mesures environnementales comme éléments d'une auto-réglementation.

Le Code d'éthique mondial WTO constitue un cadre de base utile pour créer d'autres mesures politiques et juridiques visant à encourager le développement durable de l'industrie du tourisme.

Pour conclure, certaines parties du monde industrialisé ou en voie de développement croulent sous le nombre de touristes et imposent des fardeaux inacceptables aux populations locales et à l'environnement. Cependant, nous ne devons pas oublier que de nombreux autres pays en Asie, au Moyen Orient, en Afrique et en Amérique Latine qui désespèrent de voir les devises des touristes parce qu'ils en ont vu les bénéfices. Comme l'affirme Francesco Frangialli, Secrétaire Général de l'Organisation mondiale du tourisme "Ils ont découvert que là où le tourisme progresse, la pauvreté recule".

Beaucoup de ces pays manquent de ressources financières, en revanche la nature et l'environnement forment leur principale ressource touristique.

Leur besoin de protéger l'environnement est encore plus important pour eux que pour d'autres. Les recettes des touristes peuvent être utilisées pour aider à protéger la bio-diversité et leur environnement.

Dans ces conditions, tous les encouragements économiques sont rassemblés pour favoriser tous les secteurs touristiques à travailler vers le développement durable.

Cela suggère que la politique gouvernementale (et la législation) joue un rôle important et incite légèrement la promotion et l'élaboration de meilleures pratiques et l'adhérence à des normes. Des restreintes bien gérées peuvent avoir du succès.

Ma réponse à la question qui m'a été posée est la suivante :

La politique gouvernementale (et la législation) seule ne peut assurer le développement durable de l'industrie du tourisme mais elle peut se révéler néanmoins d'une formidable utilité. Une étroite coopération entre tous les secteurs touristiques est nécessaire pour offrir un partenariat public/privé efficace. Ce partenariat devrait conduire à un comportement responsable de toutes les parties. Nous avons déjà parcouru un long chemin vers le développement durable dans le tourisme mais il nous reste encore beaucoup à faire.  

 

haut de page