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Gérer le changement
: Introduction Crise et changement Le monde, au seuil du troisième millénaire, est caractérisé par des conflits et des risques sans précédents. Il n'est pas devenu plus pacifique. Des actes de terrorisme et des guerres opposant des cultures et des systèmes politiques différents entravent les échanges économiques et les voyages. Le libéralisme économique et l'ouverture des marchés n'ont amélioré ni la productivité ni le bien-être, et ont rendu plus féroce la concurrence entre les places économiques. Des problèmes environnementaux et de nouveaux syndromes ont fait leur apparition. La mondialisation, processus jugé irréversible, laisse des traces : non seulement elle transforme les structures économiques et sociales, mais elle contribue au gaspillage des ressources et, par conséquent, à la pollution de la biosphère. Elle fait prendre conscience, dans le monde entier, de certains problèmes qui se manifestent à la faveur d'événements occasionnels et locaux. La tâche consistant à gérer des événements imprévus devient prédominante pour la société, l'économie et l'État. On en appelle de plus en plus à une gestion des crises au niveau des entreprises, on réclame de la part de l'État des mesures d'urgence et l'on privilégie les solutions à court terme. Le changement, celui des structures comme celui de l'environnement, devient un problème. Planification prévoyante et attitude proactive Toute institution humaine aspire à éviter les crises et à parvenir à un développement aussi constant que possible, sans grandes cassures. Les constitutions doivent produire un ordre juridique stable. On tente de réduire autant que possible les fluctuations de la conjoncture économique. On limite le gaspillage et la pollution pour assurer un environnement sain. Depuis Montesquieu, l'État obéit au principe " gouverner, c'est prévoir ". Il essaie d'infléchir l'évolution dans un sens favorable et de prévenir les crises par une planification prévoyante. En économie, la gestion proactive du changement est devenue une notion incontournable. Dans leur planification stratégique, les entreprises essaient de minimiser les risques et d'optimiser leurs perspectives de profit. Le développement durable, stratégie politique à long terme La stratégie du développement durable, que la communauté internationale a adoptée lors des Sommets de la Terre, à Rio de Janeiro en 1992 et à Johannesbourg en 2002, va dans le sens d'une gestion à long terme des crises. À une époque où, justement, le monde est en crise et où le changement s'accélère, cette stratégie va à contre-courant de la tendance générale de la vie publique, dominée par le court terme.
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