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Bilan
critique de 50 ans de tourisme L'enquête sur les dépenses touristiques pour la saison d'été |
- Présentation générale de l'étude
- Partie I : Présentation de l'évolution de l'économie touristique depuis les années 60
- Partie II : Analyse de l'enquête sur les dépenses touristiques pour la saison d'hiver
- Partie III : Analyse de l'enquête sur les dépenses touristiques pour la saison d'été
- Partie IV : Réflexion stratégique
- Conclusion
- Bibliographie
Cette enquête (Institut de Géographie Alpine, 2001) a été organisée selon les mêmes principes que ceux utilisés pour la saison d'hiver. Elle concerne 350 personnes qui ont été questionnées pendant les mois de juillet et d'août 2000. Les résultats détaillés sont présentés dans le rapport intitulé "Activités et dépenses des touristes à Chamonix en été" (consultable en Mairie). Ici, comme pour l'enquête précédente, l'analyse se limite à l'examen des aspects les plus pertinents de l'étude.
a) Clientèle
Les grands traits peuvent se résumer de la manière suivante :
- une présence non négligeable de touristes étrangers (18 % au total) ;
- une population touristique plus âgée, en moyenne, que pour la saison d'hiver -38 % des visiteurs ont 45 ans et plus. Il faut noter tout de même que cette moyenne n'est pas aussi élevée que celle pour l'ensemble des régions de montagne en France (Direction du Tourisme) cette situation peut s'expliquer par l'importance accordée à Chamonix aux activités sportives concernant, en général, des pratiquants relativement jeunes ;
- la sur-représentation parmi les touristes des cadres et des profession intermédiaires ;
- la sous-représentation des employés et des ouvriers ;
- une durée moyenne de séjour de 11 jours, même si une telle moyenne cache une réalité plus complexe (graphique 3) ;
- 20 % de la clientèle sont des visiteurs à la journée.
b) Hébergement
Comme pour la saison d'hiver, les touristes se logent majoritairement dans les hébergements marchands (54 % du total). L'hôtel est relativement peu fréquenté (10 %) ; en revanche, la demande est beaucoup plus forte pour les meublés et les gîtes (27 %), et les campings (17 %).
Par rapport aux hébergements marchands, les résidence secondaires et les résidences de parents ou d'amis jouent un rôle plus modeste (27 %). Cependant, ce pourcentage ne tient pas compte de la durée du séjour, un facteur qui généralement favorise davantage ce type d'hébergement.
c) Activités des touristes
Par rapport à l'hiver, la saison d'été est caractérisée par une plus grande diversité d'activités, surtout à caractère sportif. La randonnée (sans guide) tient une place privilégiée, étant pratiquée par 35 % des visiteurs.
En ce qui concerne les autres activités et les pratiques de consommation, l'étude met en évidence les points suivants :
- les activités sportives ou de pleine nature pratiquées par 15 à 25 % des touristes sont :
- piscine,
- alpinisme,
- randonnée avec guide,
- escalade
- les activités ayant peu d'importance sont :
- tennis,
- patinoire,
- parapente,
- VTT,
- golf,
- équitation
- une fréquentation importante du Téléphérique du Midi et du Chemin de Fer de la Mer de Glace (38 % des touristes dans les deux cas),
- entre 50 et 70 % des touristes fréquentent les restaurants et les cafés, et achètent de la nourriture à Chamonix (ces pourcentages sont très similaires aux tendances observées pendant la saison d'hiver).
d) Les dépenses des touristes
En moyenne, le touriste dépense 48 euros (318 Francs) par jour. Ce montant est moins élevé que celui observé pour la saison d'hiver (ce qui est tout à fait logique étant donné la lourdeur du coût de l'hébergement en hiver et les coûts élevés liés à la pratique des sports d'hiver), mais bien au-dessus de la moyenne observée pour la région Rhône-Alpes (Enquête Cordon).
Il faut noter également que la moyenne journalière tient compte des dépenses, relativement faibles, des visiteurs à la journée. D'autres éléments majeurs qui ressortent de l'enquête se résument de la manière suivante :
- un niveau élevé de dépenses pour les activités sportives de montagne (alpinisme, escalade, randonnée avec guide). Ceci explique en partie l'importance de la moyenne journalière ;
- les cadres ont un niveau de dépenses qui est plutôt élevé ;
- les dépenses des touristes par personne et par jour sont plus importants pour les courts séjours que pour les vacances de plus longue durée.
e) Bilan
Comme pour l'analyse de la saison d'hiver, il est possible de résumer cette étude en termes d'atouts et d'handicaps pour la station. Les forces sont représentées par les facteurs qui favorisent les dépenses, tandis que les faiblesses mettent en évidence des facteurs qui peuvent limiter leur importance.
Forces Faiblesses
- la sur-représentation des cadres et des professions intermédiaires
- l'importance des retraités
- la place des activités sportives de montagne
- le rôle des courts séjours
les dépenses générales liées à l'achat de souvenirs et de nourriture, ou à la fréquentation des cafés et restaurants restent limitées
l'hôtel est relativement peu fréquenté
les jeunes et les jeunes adultes sont sous-représentés, malgré l'offre importante d'activités à caractère sportif
Les tris croisés de différentes séries de données montrent des liens qui peuvent exister entre ces facteurs. Par exemple, pour les activités sportives de montagne qui peuvent coûter cher et engendrer des dépenses importantes, il existe un niveau de pratique élevé parmi les cadres et les professions intellectuelles supérieures. De la même manière, les retraités fréquentent bien les restaurants, font leurs courses à Chamonix, ont une dépense conséquente par jour et par personne et ont une durée de séjour parmi les plus longues.
Par contre, d'un point de vue stratégique cette orientation vers une clientèle dont l'âge moyen est relativement élevé risque de poser des problèmes au cas où il y a une recherche de rajeunissement de la population touristique. Cette question soulève un autre problème en termes de restructuration de l'offre touristique et de recomposition de la clientèle de la station.
La saison d'hiver est caractérisée par une clientèle plus jeune que celle retrouvée pendant la saison d'été, une situation qui ne facilite pas forcément la mise en place de nouveaux équipements et services pour lesquels il y aurait une recherche de rentabilité sur l'ensemble de l'année, plutôt que pour une seule saison.