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Bilan
critique de 50 ans de tourisme L'enquête sur les dépenses touristiques pour la saison d'hiver |
- Présentation générale de l'étude
- Partie I : Présentation de l'évolution de l'économie touristique depuis les années 60
- Partie II : Analyse de l'enquête sur les dépenses touristiques pour la saison d'hiver
- Partie III : Analyse de l'enquête sur les dépenses touristiques pour la saison d'été
- Partie IV : Réflexion stratégique
- Conclusion
- Bibliographie
La réalisation de cette enquête (Institut de Géographie Alpine, 2000), comme celle pour la saison d'été, répond à plusieurs objectifs :
- mieux connaître la clientèle de la station, ses dépenses et ses pratiques de consommation,
- offrir la possibilité de déterminer la part du tourisme dans l'économie locale,
- entamer une réflexion stratégique.
Il existe d'autres enquêtes sur ce sujet, telles que :
- l'étude de la "demande touristique en espace montagne", réalisée en 1999 par la Direction du Tourisme,
- "l'Enquête Cordon" de l'Observatoire Régional du Tourisme (Rhône-Alpes) qui date de 1997 (voir également SEATM, 1999),
- les enquêtes annuelles de l'Observatoire du Tourisme de Chamonix.
Celles-ci peuvent offrir des points de comparaison utiles, bien qu'il ne s'avère pas toujours évident de faire de telles comparaisons, en raison des différences d'échelle, de cadre géographique et de la formulation des questions.
L'enquête "hiver" a été réalisée entre décembre 1999 et mars 2000 auprès de 546 personnes.
Les questionnaires ont été distribués d'une manière aléatoire, sur tous les sites de la station et pendant toute la saison. Les résultats détaillés sont présentés dans le rapport intitulé "Les dépenses touristiques dans la Vallée de Chamonix " (consultable en Mairie). Ici, l'accent sera mis sur les points-clés de l'enquête.a) Clientèle
D'une manière générale, Chamonix bénéficie d'une clientèle diversifiée mais qui se distingue par :
- une part importante de visiteurs d'origine étrangère (25 %),
- sa jeunesse (78 % des touristes ont moins de 45 ans),
- la sur-représentation des cadres et des professions intermédiaires,
- la sur-représentation des retraités et des employés,
- une durée de séjour moyenne relativement longue (7 jours). En outre, 8 % de la clientèle sont des visiteurs à la journée.
L'Enquête Cordon confirme certaines de ces tendances, notamment par rapport à l'importance des étrangers et des cadres dans les stations alpines. La forte présence de ces deux segments a des conséquences positives pour le montant des dépenses touristiques.
b) Hébergement
La gamme des hébergements est variée, bien que dominée par l'offre marchande. L'hôtellerie joue un rôle important (choisie par 28 % de la clientèle) ; les cadres et les étrangers montrent une préférence pour ce type d'hébergement (voir graphique 2). Malgré un nombre élevé de résidences secondaires à Chamonix, elles n'ont qu'une importance moyenne pour accueillir les touristes.
Cependant, il faut traiter ces constats avec une certaine prudence. D'autres enquêtes (par exemple, Observatoire de Chamonix, Demande Touristique en Espace Montagne) suggèrent une éventuelle sur-estimation de la part de l'hôtellerie et, au contraire, une sous-estimation du rôle joué par les résidences secondaires. Cette anomalie peut s'expliquer, au moins partiellement, par le fait que ces enquêtes tiennent compte du nombre de nuitées, ce qui n'est pas le cas pour l'étude de Chamonix.
c) Activités des touristes
Logiquement, pour la saison d'hiver, le ski et les sports d'hiver ont une place déterminante parmi les activités pratiquées par les touristes :
- 67 % des touristes utilisent les remontées mécaniques (ce chiffre s'élève à 80 % pour les étrangers).
En ce qui concerne les pratiques de consommation, les commerces et services de la station bénéficient de taux de fréquentation relativement élevés :
- 72 % des touristes fréquentent les restaurants,
- 69 % des touristes fréquentent les cafés et bars,
- 60 % des touristes achètent de l'alimentation,
- 57 % des touristes achètent des souvenirs.
Enfin, parmi les activités culturelles et les pratiques sportives, quatre d'entre-elles semblent surtout attirer les visiteurs :
- la randonnée pédestre et la promenade,
- le musée alpin,
- le cinéma,
- la patinoire.
d) Dépenses touristiques
Pour tenir compte des pratiques et des durées de séjour différentes des touristes, et pour faciliter la comparaison avec d'autres études, une moyenne journalière a été calculée. Cette dépense s'élève à 56 euros (367 Francs), dont :
- 23 % pour les forfaits de ski,
- 35 % pour l'hébergement,
- 27% pour les souvenirs et les articles divers,
- 10 % pour les restaurants, cafés et nourriture (hors hébergement).
Cette moyenne générale tient compte des achats faits par les visiteurs à journée, ce qui a tendance, vu le montant relativement faible de ces dépenses, à abaisser le total. Par rapport à d'autres enquêtes, la moyenne paraît assez élevée. C'est le résultat sans doute de la spécificité de Chamonix et de sa clientèle (importance des touristes étrangers et des cadres).
e) Bilan
Par rapport à toute réflexion sur le développement des dépenses touristiques de la station, l'enquête révèle certains atouts dont Chamonix bénéficie actuellement et qui devraient être conservés à l'avenir. En même temps, certains handicaps caractérisent l'offre actuelle qu'il faut éliminer. Ces forces et faiblesses peuvent être résumées de la manière suivante.
Forces Faiblesses
- proportion élevée de cadres et de professions intermédiaires parmi la clientèle
- une fréquentation étrangère importante
- un nombre important de visiteurs dans la tranche d'âge 24-44 ans
- une forte utilisation de l'hôtellerie (même si la part de cette forme d'hébergement à tendance à diminuer)
- l'attractivité du ski
- les pratiques sportives autres que les sports d'hiver sont peu développées
- le montant des dépenses pour un grand nombre de prestations reste limité (même si les taux de fréquentation - pour les cafés/restaurants, par exemple - sont élevés)
Il existe clairement des liens forts entre certaines de ces caractéristiques et le montant des dépenses touristiques. Par exemple, les étrangers, les cadres et les personnes âgées de 24 à 44 ans, font tous parties des groupes caractérisés par une propension à dépenser élevée. Leur présence à Chamonix représente un avantage indéniable pour la station.