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Bilan critique de 50 ans de tourisme
à Chamonix
Pratiques sportives de montagne et développement durable

L'approche environnementale des sports de montagne : une figure imposée



4.1. Le rapport à la nature : tendances et représentations marquantes observables dans les sports de montagne

  • permanence d'une représentation de la nature comme "Ailleurs compensatoire" défini en opposition avec l'univers urbain
  • affichage de pulsions mimétiques et fusionnelles vis-à-vis de la nature
  • affirmation de plus en plus en plus explicite d'une spiritualité naturocentrée à partir du début des années 90 (contraste par rapport au ludisme débridé du mouvement " fun " de la deuxième moitié des années 80)
  • valorisation croissante des notions d'instinct, d'intuition, d'expérience de la nature
  • référence fréquente à une nature menaçante et brutales : après un " retour à la nature " bucolique et hédoniste (fin années 80) : " retour de la nature " menaçante et brutale (fin années 90)
  • irruption croissante de références urbaines : rupture dans les représentations compensatoires de " fuite de la ville " assorties traditionnellement aux sports de montagne et de nature
  • généralisation des médiations technologiques et communicationnelles : interprétation, balisages, signalétiques, normes, labels, GPS, webcam, services d'information en temps réel…
  • tensions et confrontations culturelles et idéologiques croissantes entre usages touristiques et usages productifs (agriculture, industrie,, transports) et entre usages récréatifs de la nature (exemple : pratiques motorisées versus pratiques écologisées)
  • développement de pratiques "citoyennes" : "journées de nettoyage", montée d'une éthique environnementale

 

4.2. Sports de nature et environnement : la fin des belles certitudes

"chacun tue ce qu'il aime" (Oscar Wilde)

Contexte (1980-2000) : massification, concentration/diffusion des activités de tourisme et de sport de montagne et de nature

Questions posées : préservation de la biodiversité et des écosystèmes fragiles + protection du paysage

Phénomènes identifiés et mis en cause :

  • fréquentation répétée (multiplication des passages, des jours de passages)
  • fréquentation outillée (diversité et agressivité cumulée des "engins" utilisés -semelle, sabot, pneus à crampons…
  • fréquentation dispersée, voire divagation dans des lieux de plus en plus reculés, jusque là "inaccessibles" (ski hors-piste, canyoning, raquette à neige...)
  • fréquentation accompagnée d'une infrastructure souvent lourde (routes, véhicules à moteur, parking, chemins, hébergements, alimentation en énergie, rejets dans l'environnement…

Sources : Recherches documentaires

 

4.3. Approche synthétique des impacts environnementaux des sports de nature

Activités de tourisme sportif
Impact environnemental
Remarques

Sports motorisés (4X4, moto verte,etc.)

arrachement de couvert végétal, ornières, bruit, gaz échappement, + hors-pistes

nombreux conflits locaux avec autres usagers (randonneurs, chasseurs, etc.)

Sports de neige (ski, raquettes, surf, etc.)

rabotage couvert végétal, érosion sols, atteintes jeunes arbres, dérangement de la faune pendant l'hiver, + hors-pistes

impact le plus fort dû à des aménagements lourds (accès stations, urbanisation, tracé pistes (sols, manteau forestier), remontées mécaniques, déclenchement artificiel d'avalanches, enneigement artificiel (impact / flore, faune, ressources en eau)

Golf

engrais, ressources en eau, emprise spatiale, perturbation déplacements faune, rejet des infrastructures dans les milieux naturels voisins

modification du milieu naturel, privatisation d'un espace d'accès "libre"

Alpinisme, randonnée alpine, trekking

équipements de sécurité fixes, abandon de déchets

impacts dys à la construction et à la fréquentation de refuges (rejets, etc.)

Randonnées (pédestre, équestre, vtt, course d'orientation, etc.)

déchets, balisage, dégradation couvert végétal, érosion, + hors-pistes

problèmes de massification

Sports aériens non motorisés (planeurs, deltaplane, parapente, etc.)

dérangement faune (chamois, marmottes, oiseaux), impact localisé / aires de départ (déchets, rabotage couvert végétal)

problèmes ponctuels à régler par sensibilisation et information des pratiquants et professionels

Sports d'eau vive (canoë-kayak, rafting, hydrospeed, etc.)

piétinement aires de départ et d'arrivée, déchets, bivouacs, déjections

conflits d'usages avec pêcheurs, EDF et riverains. Impact jugé limité du fait de la forte standardisation des pratiques

Escalade

dérangement faune (rapaces), piétinement végétation, ravinement et tassement sols, arrachage ou taille d'arbustes, brossage des mousses, forage rocher, usure rocher (patine, décoloration), déchets, tracé "sauvage" de sentiers d'accès, bivouac, camping sauvage, déjections, feux

milieux rupestres très fragiles, mise en oeuvre de nombreuses solutions de gestion durable des sites, information des pratiquants (topoguides), forte standardisation des pratiques (peu de divagation hors des itinéraires équipés)

Via ferrata

idem escalade, purges blocs instables, très nombreux forages

équipement mi-lourd (câbles, échelles, barreaux, passerelles), concentration linéaire de l'itinéraire

Canyoning

piétinement radiers et vasques peu profondes, destruction des frayères, écrasement faune (écrevisses, alevins, poissons), augmentation de la turbité des eaux, usure des mousses, dérangement de la faune, déchets, pollution des eaux

milieux très fragiles, refuges pour la reproduction des espèces + nécessité d'information et de sensibilisation des pratiquants et des professionnels : "activité à ne pratiquer que de la fin du printemps au début de l'automne, dans les clues ou parties de clues à substrat dominant constitué de dalles" + "dès que la progression ne l'oblige pas, ne pas marcher dans l'eau"

Sources : recherches documentaires

 

4.4. Sports de montagne et environnement : constats et représentations à Chamonix

1/ Des thèmes " génériques "

  • Pression sur la faune et la flore (ex. raréfaction du tétra-lyre)
  • Érosion anthropique
  • Rejets à proximité des refuges (mais de moins en moins de petits déchets ?)
  • Un problème croissant : la gestion de l'eau (canons à neige, qualité)

2/ Des thèmes spécifiques à la vallée de Chamonix

  • Présence de nombreuses remontées mécaniques : impact paysager, effet de massification et d'intensification de la fréquentation
  • Accès croissant à de nouveaux espaces skiables hors-pistes
  • Camping sauvage en altitude (Col du midi)

3/ Une prise de conscience générale des enjeux de la part des opérateurs locaux, mais…

  • " Pas de vision d'ensemble d'une qualité et d'une éthique environnementale "
  • " Des opérateurs privés (Patagonia…) plus mobilisés que les acteurs publics "
  • " Une culture du paysage plus qu'une culture de l'environnement "
  • " Nécessité d'une communication sur-mesure pour les différents publics "

Source : entretiens

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