le service de presse

Accueil

les contacts
l'agenda
les informations diverses
communiqués
les partenaires

  • 13 décembre 2002

disponible en format .pdf (301 Ko)

Conclusions du cycle de conférence 1999 - 2002
Nouveaux paradigmes dans le domaine du développement durable : Quels sont les résultats du cycle de Conférence Chamonix-Mont-Blanc Genève ?

Prof. Peter Keller, Berne/Lausanne
Président du Comité scientifique de l’Association des Sommets du tourisme Chamonix-Mont-Blanc Genève

Introduction

Le maire de Chamonix, M. Michel Charlet, n’a pas lancé le cycle de conférences des Sommets du tourisme uniquement pour le plaisir de réfléchir et de débattre du concept politique le plus discuté de la dernière décennie. Le développement durable est un point permanent à l’ordre du jour de la plus grande station de l’Arc alpin. Comme toute autre station, Chamonix doit faire face aux conséquences de phénomènes naturels imprévisibles ou de problèmes endogènes de développement. Mais son rayonnement international fait que tout ce qui touche à l’exploitation et à la protection de l’Espace Mont-Blanc suscite un écho comme amplifié par une caisse de résonance.

Chamonix vit aussi dans l’incertitude que suscitent les crises écologiques, économiques et sociales à l’échelle planétaire. En s’associant à la ville internationale de Genève, les Sommets ont toujours appliqué le slogan « think global, act local ». Pourtant sans l’appui personnel de Monsieur Francesco Frangialli, Secrétaire général de l’Organisation mondiale du tourisme, qui nous a fait l’honneur d’être présent aux quatre Sommets, nous n’aurions pas eu les contacts internationaux nécessaires.

C’est avec gratitude que nous remercions le Secrétaire d’Etat au tourisme, Monsieur Léon Bertrand, et les Présidents de la Région Rhône-Alpes et du Département de la Haute Savoie, Madame Anne-Marie Comparini et Monsieur Ernest Nycollin : sans leur soutien institutionnel et financier, les Sommets n’existeraient tout simplement pas.

Premiers Sommets du tourisme 1999 : éviter ou réduire le gaspillage et la pollution

Les Premiers Sommets ont abordé en 1999 les aspects écologiques du développement durable.

On a constaté que, vue de l’espace, la terre apparaît comme une petite boule bleue qu’on imagine être gérable comme une entreprise. Cet espoir a même incité certains à penser que l’on peut diminuer l’entropie et pérenniser la vie sur terre. Or le système écologique est trop complexe. On ne peut refaire d’une chaise un arbre.

Il ne faut pourtant pas tomber dans le pessimisme. Mieux vaut s’engager pour un éveloppement durable à l’échelle globale et locale. Même s’il est très difficile d’intervenir à temps et d’éviter des crises. Car il faut optimiser le coût des erreurs provoquées par des actions peu réfléchies et le coût d’attente lié aux comportements d’inertie : c’est un défi énorme pour la politique, comme le montre l’exemple de l’effet de serre et ses répercussions sur l’enneigement d’une station de ski.

Tableau 2 - Le défi de la politique d’environnement : Optimaliser l’intervention politique

 Tableau 2

Réduire la pollution de l’atmosphère par l’aviation civile, pour prendre un exemple, est néanmoins nécessaire. Il faut garder à l’esprit que seulement un petit pourcentage de la population mondiale peut s’offrir un vol à des fins touristiques. Si les habitants de grands pays comme la Chine et l’Inde voyageaient comme ceux de nos pays, la nécessité de maîtriser la toxicité des avions en haute altitude deviendrait encore plus pressante.

Tableau 3 - Réduction de la pollution : Une nécessité pour maîtriser la croissance exponentielle du tourisme

Tableau 3

Corrélation entre le trafic aérien, les flux touristiques et la pollution de l’atmosphère à 12’000 mètres d’altitude

Les Premiers Sommets ont mis donc l’accent sur la maîtrise écologique de la croissance touristique, qui doit commencer par la protection préventive des grands espaces naturels encore existants. L’application du principe du « pollueur payeur », déjà très répandu dans l’industrie touristique, permet d’harmoniser le cycle écologique et le cycle économique.
Finalement, il est possible de recycler l’environnement des stations touristiques existantes et de mieux gérer les flux des visiteurs.

Tableau 4 - L’harmonisation des cycles économiques et écologiques : Les quatre principes de protection

Tableau 4

2èmes Sommets du tourisme 2000 : contribuer à une croissance qualitative soutenue

En 2000, les 2émes Sommets du tourisme ont mis en évidence les objectifs contradictoires de la croissance touristique et de la protection de l’environnement. Il en est ressorti que ni une croissance trop poussée ni une croissance trop faible ne vont dans le sens du postulat du développement durable. On a plaidé pour une croissance qualitative définie par l’augmentation du bien-être par habitant ou de la qualité de vie des résidents.

Tableau 5 - La nécessité d’une croissance qualitative : Augmenter la valeur ajoutée et la qualité de la vie

Tableau 5

Or cet objectif est difficile à atteindre dans le contexte hyperconcurrentiel d’un marché touristique mondial fortement libéralisé. Dans un tel contexte, la propension à dépenser des visiteurs est limitée. Il est impossible de garantir à long terme les revenus nécessaires à la survie des entreprises si le nombre de visiteurs stagne. La nécessité de rester compétitif au niveau des prix met en cause la capacité des entreprises d’oeuvrer dans le sens d’une croissance qualitative.

Pourtant, le tourisme est considéré comme un secteur en pleine croissance. On a constaté que cette appréciation est en général basée sur des chiffres agrégés au niveau national et international, qui reflètent l’extension du marché mondial. Mais le mythe de la croissance cache quelque peu la réalité touristique quotidienne. Au vrai, l’âpre concurrence à l’échelle mondiale produit des gagnants et des perdants. On a rappelé que la demande touristique est volatile, exposée qu’elle est à toute une série de facteurs exogènes perturbateurs. On a identifié une consolidation de la croissance dans les régions touristiques traditionnelles.

Tableau 6 - L’essor de l’économie d’expérience : Une nouvelle chance pour le tourisme de destination

Tableau 6

Pourtant, le potentiel touristique reste intact dans les pays développés. Grâce à l’augmentation de la productivité induite par la haute technologie, l’industrie produit toujours plus avec moins de main-d’oeuvre, ce qui permet aux ménages de dépenser toujours plus pour satisfaire leur bien-être immatériel. Le tourisme fait partie de la nouvelle économie événementielle de l’expérience vécue, qui est en passe de s’imposer comme le 4ème secteur de l’économie.

Tableau 7 - La croissance soutenue : Facteurs clé de succès

Tableau 7

Nous avons développé aux 2èmes Sommets un modèle de croissance qui met l’accent sur la création de mécanismes d’innovation, sur de nouvelles formes d’organisation pour accéder aux marchés du capital et de l’emploi, sur de l’industrialisation des structures fragmentées et artisanales et sur le développement de nouveaux produits de haute qualité pour des marchés traditionnels, ainsi que sur la diversification du risque par l’ouverture de nouveaux marchés.

3èmes Sommets 2001 : Augmenter le bien-être dans le monde et la qualité de vie des résidents

Les 3èmes Sommets du tourisme, en 2001, ont constaté que la protection de l’environnement et une croissance soutenue ne sont pas une fin en soi. Ces objectifs n’ont un sens que s’ils sont mis au service d’un tourisme humain et de la qualité de vie des personnes vivant dans les régions touristiques.

Le Code mondial d’éthique du tourisme de l’Organisation mondiale du tourisme, qui a été discuté lors du débat inaugural, propose une nouvelle déontologie en vue d’un développement durable du tourisme. Il invite les acteurs du tourisme à respecter – dans le sens d’une éthique de la responsabilité – certaines règles propres à humaniser les dynamiques touristiques. Le débat a montré que ce nouvel instrument n’est pas moralisateur. Obéissant au principe de la subsidiarité, il incite, mais ne dicte pas.

Tableau 8 - Le tourisme en tant que moteur de développement : La réussite des pays émergeants et en voie de développement

Tableau 8

Ces nouvelles normes sont importantes car les jeux ne sont pas faits dans le domaine du tourisme. Contre toute attente, de nombreux pays en voie de développement ont su tirer profit du tourisme international. Ils ont réussi – souvent avec l’aide de la communauté internationale – à développer et à commercialiser des attractions encore peu connues tout en offrant des produits intéressants du point de vue de la qualité et du prix.

Ce sont les pays émergents qui connaissent la croissance la plus rapide et la plus forte. Les pays pauvres ne sont pas hors jeu s’ils disposent d’un certain niveau de développement pour pouvoir s’adapter aux exigences de confort et qualité du tourisme international : les pays pauvres ont également leur chance de développement.

La dynamique touristique profite aussi aux régions et aux stations touristiques traditionnelles des pays développés. Pourtant, les sites touristiques ne sont souvent plus attrayants pour les jeunes résidents. Selon la situation géographique, ils peuvent souffrir de l’« effet d’aspiration » des grands centres, qui tendent à monopoliser les facteurs de production ressources humaines et capital. Les sites touristiques deviennent les arrières-pays des agglomérations.

Tableau 9 - L’exode touristique : Améliorer l’attractivité des sites touristiques pour les résidents

Tableau 9

Il faut donc rajeunir et diversifier les structures économiques des sites pour faire face à ce que l’on pourrait appeler l’« exode touristique ». Les prestataires sont obligés d’améliorer leur productivité, de rationaliser et de faire des profits pour pouvoir assurer des emplois intéressants aux résidents et être compétitifs sur les marchés.

4èmes Sommets du tourisme 2002 : Vivre dans le village planétaire et produire des rêves touristiques

Les 4èmes Sommets du tourisme ont montré que le phénomène touristique ne peut être dissocié de son contexte culturel. A l’ère de la mondialisation, le tourisme est reconnu comme une des formes culturelles qui permet d’atténuer le choc culturel entre visiteurs et résidents. Le site touristique peut être considéré aujourd’hui comme un véritable laboratoire multiculturel qui absorbe les atouts culturels venant de l’extérieur, renforce l’identité locale et contribue par là même à la diversité culturelle du monde. La devise retenue pour les 4èmes Sommets, due à l’écrivain mexicain Octavio Paz, garde toute son importance : « Toute culture naît du mélange, de la rencontre, des chocs. A l’inverse, c’est de l’isolement que meurent les civilisations ».

Tableau 10 - Dialogue interculturel : Identité locale aux multiples atouts

Tableau 10

Toute culture naît du mélange, de la rencontre, des chocs.
A l‘inverse, c‘est de l‘isolement que meurent les civilisation.
Octavio Paz

Nous avons en outre constaté que les richesses culturelles sont un potentiel certain pour un tourisme humain qui attire les visiteurs par les différences culturelles existantes. Du point de vue économique, il ne suffit pas de posséder des ressources culturelles. Il faut les revaloriser.
Nous avons discuté sur la façon de créer du rêve pour attirer les visiteurs par l’imagination, le dessin, la promotion et la mise en scène de produits qui intègrent le génie local. Le tourisme est une fabrique à rêve, comme le montre la ville de Chamonix illuminée à la veille de la fête de Noël.

Tableau 11 - Les tables rondes à Chamonix-Mont-Blanc

Tableau 11

Les 4èmes Sommets du tourisme ont été le point culminant du cycle de conférences sur le développement durable dans le domaine du tourisme. Nous avons abordé les aspects immatériels, dans lesquels il faut chercher la motivation profonde des voyages. Le visiteur qui apprécie les trésors du passé et saisit les chances du monde multiculturel fait renaître une nouvelle culture touristique.

L’avenir des Sommets du tourisme

Nous avons atteint avec les 4 es Sommets le stade de la maturité dans le cycle de conférences sur le développement durable du tourisme. Peut-on rajeunir le cycle de vie de cet événement annuel ? Nous le pensons ! Car il ne suffit pas d’analyser tous les aspects de la durabilité touristique. Il faut réfléchir sur la façon de mettre en valeur ces principes dans un monde touristique soumis à des profonds changements structurels.

Tableau 12 - Les Sommets du tourisme 2003 : A la fin du cycle de vie ?

Tableau 12

Le Comité scientifique des Sommets du tourisme vous propose de préparer l’édition 2003 sur le thème « Gérer le changement : le partenariat public-privé, facteur clé de succès pour un développement durable ». Il ne faut pas oublier que le tourisme dépend fortement de biens publics tels que le paysage, les infrastructures, la stabilité sociale ou les musées. L’Etat est donc un co-producteur touristique.

Pourtant, à lui seul, il est incapable de valoriser ses biens sans le secteur opérationnel privé.
Nous voulons donc partir à la recherche des formes optimales d’innovation et de coopération dans ce partenariat public-privé, composante indispensable à la société libérale à laquelle nous aspirons.

 

Le cycle de conférences : Sommets du tourisme Chamonix Mont-Blanc Genève

Tableau 13

haut de page